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Dernières brèves du Tour de France : 15ème étape

Publié le 20/07/2004 00:05

L'équipe de France pour les Jeux, Hinault sceptique sur les chances de Jan Ullrich, Ivan Basso pourrait frapper.
L'équipe de France pour les Jeux Olympiques, Bernard Hinault sceptique sur les chances de Jan Ullrich, Ivan Basso pourrait frapper.

L'info du Tour :

Comme prévu, le nouveau sélectionneur de l'équipe de France, Frédéric Moncassin, a levé le voile sur sa toute première composition d'équipe. Le Toulousain, aidé du directeur technique national Patrick Cluzaud, devait retenir cinq noms pour la course en ligne des Jeux Olympiques, parmi lesquels deux représentants pour le contre-la-montre. Frédéric Moncassin a misé sur des valeurs sûres en offrant un billet pour Athènes à Laurent Brochard (Ag2r Prévoyance), Christophe Moreau (Crédit Agricole) et Richard Virenque (Quick Step-Davitamon). Il a également convié les jeunes Sylvain Chavanel et Thomas Voeckler (Brioches La Boulangère) à se joindre à la délégation française. Jérôme Pineau (Brioches La Boulangère) a quant à lui été désigné remplaçant. Laurent Brochard et Christophe Moreau défendront les couleurs françaises sur le contre-la-montre. La sélection sera maintenant proposée à la commission du haut-niveau qui se réunira aujourd'hui à Paris pour valider les choix de Frédéric Moncassin.

Le quintuple vainqueur du Tour de France Bernard Hinault suit avec attention le 91ème Tour de France sans cacher sa déception. Déçu par un peloton plus passif que jamais, et surtout par le comportement anormal de Jan Ullrich (T-Mobile), loin de son niveau dans les deux étapes pyrénéennes, dans lesquels il s'est contenté de subir la course, le "Blaireau" s'est montré sceptique sur les chances de voir à nouveau le coureur Allemand remporter le Tour de France. "Quand on voit tout ce qui s'est passé depuis cinq ou six ans, on peut se poser la question, a-t-il commenté à l'AFP. Le jour où Armstrong arrêtera, Ullrich aura dépassé la trentaine et d'autres coureurs, plus jeunes, seront là. Il y a Basso et surtout Valverde et Cunego. Ceux-là, ils ont du tempérament apparemment et ils ne vont pas faire de cadeaux. Avec eux, cela va chauffer. Par rapport à la défaite de Jan Ullrich, je me pose la question : a-t-il fait tout ce qu'il fallait pour être prêt ? Il marchait très bien au Tour de Suisse et, ici, plus rien. On parle toujours des kilos en trop. Quand on prend du poids, il faut le perdre et, pour cela, rouler un peu plus, se fatiguer davantage. J'ai fait des excès une année et j'ai compris. Ensuite, je ne prenais que deux-trois kilos l'hiver, pas plus, sinon cela aurait été trop dur. Il ne faut pas faire d'excès."

Fidèle à la tradition, l'Italien Ivan Basso (Team CSC) a profité de la journée de repos pour donner une conférence de presse. La petite salle dans laquelle il avait donné rendez-vous aux journalistes était bondée. La première question, bien entendu, à porter sur ses capacités à battre Lance Armstrong avant la fin de la semaine. "En principe, il y a toujours une possibilité, a déclaré l'actuel dauphin de l'Américain. Mais, moi, je suis quelqu'un qui essaie de garder la tête froide en course. Si je peux frapper fort, j'y vais franchement. Donner des pincements, je trouve que c'est idiot. Quand j'attaque, c'est pour mettre KO. Nous avons de très bons rapports, Lance et moi, mais dans la compétition, nous sommes adversaires. Si une occasion se présente, j'essayerai d'en profiter." Ivan Basso, qui craint surtout le contre-la-montre de Besançon, samedi prochain, semble être le dernier coureur en mesure d'inquiéter Lance Armstrong, sur lequel il accuse un retard de 1'17", concédé dans le prologue (27") et dans le contre-la-montre par équipes (50").

Le road-book : 15ème étape Valréas-Villard-de-Lans.

La 15ème étape du Tour de France se déroule entre Valréas et Villard-de-Lans, sur un parcours de 176,5 km. Villard-de-Lans reçut le Tour de France pour la première fois en 1985 (victoire d'Eric Vanderaerden) et pour la dernière fois en 1990 (victoire d'Erik Breukink). Considérée comme une étape-piège, cette première escapade alpestre emprunte des cols peu connus mais tout de même difficiles : le col des Limouches (10,7 km à 6,3 %), le col de l'Echarasson (12 km à 7,4 %), le col de Carri (6,2 km à 2,6 %) le col de Chalimont (10,3 km à 5,8 %) et la montée vers Villard-de-Lans (2,3 km à 5,7 %).
  • L'avis de Nicolas Portal (Ag2r Prévoyance) : "je suis toujours bien le lendemain des étapes de repos. Ca va être la bagarre. Ce sont des cols peu connus, petite arrivée au sommet, une étape pour Laurent Brochard ou une échappée de Stéphane Goubert. La veille de l'Alpe, les gros leaders vont se marquer, comme sur le Dauphiné, où je gagne la veille du contre-la-montre du Mont Ventoux. Au départ, c'était un peu nerveux mais ils ont vite laissé filer. L'intérêt des leaders, c'est d'arriver au mieux de leur forme à l'Alpe. Là, il y a moyen de limiter la casse, ils ne vont pas laisser des gros partir mais des outsiders oui. Etape intéressante."


    Les télégrammes :

    Cliché. Cette année, la Société du Tour de France a limité à seize le nombre de photographes à motos autorisés à approcher les coureurs en course.

    Défaillance. En 1987, Jean-François Bernard avait perdu son Maillot Jaune sur un parcours semblable à celui d'aujourd'hui, victime d'une défaillance. Un signe ?

    Jaune. Sheryl Crow a fait une ballade à vélo avec son compagnon Lance Armstrong. Elle a revêtu pour l'occasion une tunique de couleur... jaune.

    Repos. Thomas Voeckler (Brioches La Boulangère) a roulé hier matin pendant une heure et demie et a tenu à profiter du repos avant ses dernières heures en Jaune.

    Forfait. Le Danois Jakob Piil (Team CSC), grand animateur du début du Tour avec 550 km d'échappée, ne repartira pas ce matin. Il souffre du genou et a déclaré forfait.


    Derrière le 101 : Virenque sera aux Jeux.

    Le Varois Richard Virenque a appris officiellement sa nomination pour les Jeux Olympiques d'Athènes, hier, même si Frédéric Moncassin lui avait déjà réservé une place après son incroyable chevauchée dans le Massif Central. Pour le dossard 101 du Tour de France, les Jeux Olympiques ne seront pas nouveaux. En effet, Richard Virenque avait déjà été retenu en 1996 à Atlanta, au moment de l'ouverture des JO aux coureurs professionnels. Il s'y était d'ailleurs illustré, terminant 5ème et meilleur Français. Le meilleur grimpeur de la Grande Boucle avait également pris part aux Jeux de Sydney en 2000.

    101 ans de légende : le coup de Bonsecours.

    C'était il y a 57 ans, le dimanche 20 juillet 1947. On connaissait le tempérament du Breton Jean Robic, hargneux, têtu, mais terriblement bagarreur. Sur ce premier Tour d'après-guerre, le petit grimpeur avait eu l'occasion à maintes reprises de démontrer son acharnement. A l'attaque dans les Alpes, il s'était imposé à Grenoble, alors que René Vietto et Pierre Brambilla attiraient sur eux toute l'attention des suiveurs. De plus en plus colérique, Jean Robic avait fini par perdre le soutien de ses équipiers de l'équipe de l'Ouest. Seul, il s'était donc lancé dans un grand raid à travers les Pyrénées pour s'imposer à Pau et remonter au classement général. Mais après l'ultime contre-la-montre, au matin de la dernière étape Caen-Paris, Jean Robic accusait toujours un retard de 2'26" sur le Maillot Jaune Pierre Brambilla. Le parcours plat ramenant les coureurs dans la capitale n'avantageait pas les attaquants et pourtant, Jean Robic exploita un petit talus à la sortie de Rouen, la côte de Bonsecours, pour flinguer une énième fois sur ce Tour de France. Seul René Fachleitner parvenait à accompagner l'entêté coureur Breton, tandis que le Maillot Jaune Brambilla perdait constamment du terrain. Robic et Fachleitner collaboraient et, à l'arrivée au Parc des Princes, Jean Robic était sacré vainqueur du Tour de France... sans avoir jamais porté le Maillot Jaune.
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