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Dernières brèves du Tour de France : repos à Nîmes

Publié le 19/07/2004 00:05

Cofidis en tête des gains, Jan Ullrich trouve plus fort, Eusebio Unzue veut croire en une défaillance d'Armstrong.
La formation Cofidis en tête des gains, Jan Ullrich trouve plus fort, Eusebio Unzue veut croire en une défaillance de Lance Armstrong.

L'info du Tour :

Après deux semaines de course, c'est désormais l'équipe Cofidis qui occupe la tête du classement des gains. Lauréate de deux étapes, avec Stuart O'Grady à Chartres et David Moncoutié à Figeac, la formation nordiste a fait rentrer 48 833 euros dans la tirelire. L'équipe de Francis Van Londersele précède les formations CSC (44 427 euros), Fassa Bortolo (44 091 euros), Quick Step-Davitamon (39 481 euros) et US Postal-Berry Floor (39 334 euros). Il faut descendre en 8ème position pour trouver trace des T-Mobile (34 758 euros), en 11ème position pour retrouver les Euskaltel-Euskadi (20 203 euros) et en 12ème position pour rencontrer les Phonak Hearing Systems (19 274 euros). L'équipe Brioches La Boulangère, qui détient le Maillot Jaune depuis la 5ème étape, ce qui lui assure une rente quotidienne de 350 euros, apparaît en 13ème position avec 18 289 euros récoltés depuis Liège. Toujours en queue de peloton, les RAGT Semences-MG Rover ont doublé leurs gains en une semaine et possèdent désormais... 3 764 euros.

Relégué à 6'39" de Lance Armstrong à la sortie des Pyrénées, l'Allemand Jan Ullrich (T-Mobile) a pris un sérieux coup au moral. "Je suis naturellement déçu, car j'étais venu pour gagner, a-t-il à nouveau déclaré. Mais Lance est cette année de nouveau imbattable." Le mot est lâché. Du coup, on voit difficilement Jan Ullrich retrouver suffisamment de ressources pour tenter de faire vaciller un coureur qu'il juge intouchable. Mais l'Allemand nous reprend. "J'ai fait un pas en avant lors de la 2ème étape de montagne, samedi. Je suis un lutteur et je donnerai tout chaque jour à venir. Le Tour n'est pas encore fini. Lors des difficiles étapes des Alpes et du contre-la-montre de Besançon il peut quotidiennement se passer quelque chose. Je pense que je peux encore m'améliorer." L'équipe T-Mobile a décidé de revoir sa tactique en accordant une nouvelle dimension à Andreas Klöden, qui sera désormais autant protégé que Jan Ullrich. Avec deux leaders de la sorte, l'équipe allemande pourrait tenter le tout pour le tout en faisant partir l'un de ses hommes à mi-parcours d'une étape de montagne. Et pourquoi pas dans le col de l'Echarasson, mardi après-midi ? Mais que Lance Armstrong se rassure. L'équipe T-Mobile, trop faible sur le plan stratégique, n'aura probablement jamais une telle idée.

Force est de reconnaître qu'à ce jour, seul l'Espagnol Francisco Mancebo (Illes Balears-Banesto) a osé attaquer Armstrong. A l'assaut dans Saint-Brieuc, dans La Mongie et dans le col d'Agnès, le champion d'Espagne n'a jamais tenu bien longtemps mais a tenté d'ouvrir une brèche. Il faut préciser que son directeur sportif Eusebio Unzue veut croire en une prochaine défaillance de Lance Armstrong. "En tant que directeur sportif, je suis obligé de dire que le Tour n'est pas fini, a-t-il déclaré à l'agence AP. Je me souviens de 1996, quand nous avons perdu le Tour avec Miguel Indurain. Le jour de sa défaillance, il roulait toujours en champion. Il avait même demandé à ses équipiers de forcer l'allure avant de sombrer. La crise finit toujours par arriver. C'est la grandeur du Tour. Il te donne la gloire, et un jour il te la reprend. Pour Armstrong, pourquoi pas cette année ?" Que tous ses adversaires en prennent de la graine !

Le road-book : repos à Nîmes.

Les 160 rescapés de la Grande Boucle profitent aujourd'hui d'une seconde journée de repos. A Nîmes, les coureurs ne laisseront pourtant pas le vélo au garage. Au programme de cette journée, une grasse matinée, un peu de détente, les retrouvailles avec la famille et une sortie pépère d'une heure et demie à trois heures afin de garder le rythme. Cela permet de délasser les jambes et de garder les automatismes. Selon les équipes, selon les coureurs aussi, les sorties seront plus ou moins longues et intensives.


Les télégrammes :

Espagne. Aïtor Gonzalez a offert à l'Espagne sa première victoire sur ce Tour, loin derrière la France et l'Australie, toutes deux lauréates à trois reprises.

Excès. Les supporters Basques ont fait dans l'excès dans les Pyrénées (vandalisme, brutalités), au point que les autorités les ont comparés aux hooligans des stades de foot.

Froissés. Lance Armstrong et Johan Bruyneel n'adressent plus la parole aux organisateurs du Tour depuis que ceux-ci ont vainement sollicité le retrait de Pavel Padrnos.

Lion. Avec dix étapes passées en Jaune, Thomas Voeckler (Brioches La Boulangère) a pu remettre un lion en peluche à chacun de ses coéquipiers.

Chanceux. Arrivé après les délais, Jimmy Casper a été repêché samedi soir. Les commissaires ont estimé qu'il avait été retardé par la foule dans le Plateau de Beille.


Derrière le 101 : un nouveau leader pour Virenque ?

Le Varois Richard Virenque n'a toujours pas décidé s'il poursuivrait sa carrière ou non en 2005, mais au rythme où vont les choses, il est fort probable que Patrick Lefévère propose un nouveau contrat à son coureur. Maillot à Pois sur le dos, le dossard 101 du Tour de France pourrait néanmoins trouver un nouveau leader à ses côtés l'an prochain. En effet, après avoir recruté les Espagnols José-Antonio Garrido, Pedro Horillo, Juan-Miguel Mercado et José-Antonio Pecharroman, la formation Quick Step-Davitamon envisagerait d'enrôler Joseba Beloki, à la recherche d'une équipe après son passage catastrophique chez Brioches La Boulangère.

101 ans de légende : le duel Coppi-Bartali.

C'était il y a 55 ans, le mardi 19 juillet 1949. Le Tour de France assistait à un merveilleux duel entre les Italiens Fausto Coppi et Gino Bartali. La veille, dans la première des deux étapes alpestres, le duo Bartali-Coppi avait lâché tous ses adversaires dans l'ascension du col d'Allos et avait pris la direction de Briançon en tête. Néanmoins, dans le col de l'Izoard, Fausto Coppi s'était querellé avec son leader et avait demandé à finir seul. Le directeur sportif de l'équipe d'Italie, Alfredo Binda, avait alors ordonné à Coppi d'attendre Bartali, sous peine de ne plus être sélectionné en équipe nationale. Les deux hommes avaient ainsi fini ensemble à Briançon, Coppi cédant victoire d'étape et Maillot Jaune à Bartali. Mais le lendemain, entre Briançon et Aoste, Gino Bartali montrait de nouveaux signes de faiblesse. De nouveaux en tête à tête dans les Alpes, sur des routes désertées, les deux champions finissaient par se départager à la loyale. Après une crevaison et une chute dans le Petit-Saint-Bernard, Bartali laissait filer Coppi, qui s'imposait en Italie et endossait son premier Maillot Jaune. Cinq jours plus tard, Fausto Coppi réalisait son premier doublé Giro-Tour.