Non, la piste d’Aguascalientes ne pourra pas s’enorgueillir ce soir d’un nouveau record. Réputée ultra-rapide, surtout depuis que François Pervis y a pulvérisé les records du 200 mètres lancé (9″347) et du kilomètre (56″303) en décembre 2013, elle n’aura pas bénéficié à Thomas Dekker. Il faut bien admettre que dans sa préparation de sa tentative de record de l’Heure, le Néerlandais n’avait pas nécessairement tous les atouts de son côté. Sans équipe depuis qu’il n’a pas été conservé dans la fusion entre Garmin et Cannondale, le Néerlandais n’a donc pas pu forger sa condition sur la route comme l’avait fait Rohan Dennis au début du mois dernier. Du coup le Batave s’est exilé de l’autre côté du globe pour trouver des atouts que les précédents candidats au record mythique n’avaient pas pu trouver.
Comme l’avait fait Eddy Merckx en 1972, Thomas Dekker a opté pour un vélodrome en altitude (1800 mètres) pour sa tentative. L’oxygène y est certes plus rare, mais le coefficient de pénétration dans l’air est bien moindre. C’est ainsi qu’une balle de golf atteint une vitesse 10 % supérieure à une balle frappée en plaine une fois la barre des 2000 mètres dépassée. Ces atouts seront insuffisants pour le coureur âgé de 30 ans qui parcourt 52,221 kilomètres pendant que la grande aiguille fait le tour du cadran.
À chaud, il est bien délicat d’analyser avec précision la performance sportive de Thomas Dekker, la faute à une réalisation loin d’être à la hauteur de l’événement. Aucune indication ni sur sa vitesse ni sur la distance qu’il parcourt ne sera donnée tout au long des 60 minutes ! À peine faudra-t-il compter sur quelques données hasardeuses qui donnaient largement perdant le Néerlandais et qui sont, a posteriori, sans doute fausses.
