Victime d’une infection au genou suite à une opération, Toon Aerts risque de manquer la saison de cyclo-cross 2026-2027.
La saison de cyclo-cross approche à grands pas, mais pour l’instant, Toon Aerts passe son automne chez le kiné. Victime d’une lourde chute sur le Tour du Danemark, il s’est fracturé le poignet et la rotule. Aerts pensait initialement pouvoir surmonter cette rééducation sans trop de difficultés, mais une infection au genou opéré est venue sérieusement perturber son rétablissement. Près de dix semaines plus tard, il n’a toujours pas pu remonter sur son vélo et son premier cyclo-cross semble encore loin. Toon Aerts ne veut toutefois pas encore renoncer à l’espoir de participer aux Championnats du monde de cyclo-cross à Ostende cet hiver.
« La première chose que je me suis dite, c’était : relève-toi, comme ça, au moins, ils verront à la télévision à la maison que tout va bien. » C’est ce qu’a fait Toon Aerts lorsqu’il a dans le final de la 5ème étape du Tour du Danemark. Le Belge est remonté sur son vélo, a franchi la ligne d’arrivée aux côtés de Lionel Taminiaux. « Ce n’est qu’en montant dans le bus que j’ai compris que la douleur n’était pas superficielle, mais qu’elle venait de l’intérieur. » Le diagnostic était lourd : les examens ont révélé une fracture du scaphoïde au poignet ainsi que des lésions à la rotule. Un fragment détaché et plusieurs fissures au niveau de la rotule ont pu être réparés à l’aide de deux vis. « Cela reste évidemment une opération, mais tout cela était encore surmontable. Le vrai problème n’est arrivé que deux semaines plus tard, lorsqu’une infection s’est soudainement déclarée dans mon genou. »
« Un genou gonflé comme une boule de bowling »
Ce qui ressemblait initialement à une infection superficielle de la plaie opératoire s’est rapidement révélé beaucoup plus sérieux. « Dix jours après cette première opération, je devais retourner en consultation pour retirer les fils de mon genou. La veille, je ne me sentais déjà pas vraiment bien. À chaque fois, ça allait mieux pendant quelques jours, avant de se dégrader à nouveau. Je sentais que quelque chose n’allait pas et ce sentiment s’est confirmé lorsque j’ai eu de la fièvre quelque temps plus tard. En l’espace d’une nuit, je suis passé d’un genou qui ne me faisait pratiquement plus mal à un genou gonflé comme une boule de bowling. Je me suis retrouvé à nouveau à l’hôpital en passant par les urgences », affirme Toon Aerts.
Une nouvelle opération a suivi et les progrès réalisés par Toon Aerts dans les premiers jours après sa chute ont été réduits à néant. « Mentalement, ce n’est pas facile. On progresse et puis, tout à coup, on subit un gros revers. Mais un coureur sans un genou qui fonctionne n’est pas vraiment un coureur. Mon genou est resté plus raide que prévu après les différentes opérations. Il reste énormément de travail avant de pouvoir à nouveau faire tourner correctement les pédales. »
Six jours de rééducation par semaine
Près de dix semaines après sa chute au Danemark, le vélo d’Aerts reste donc toujours au garage. « Le dimanche est le seul jour où j’ai droit à du repos (rires). Trois fois par semaine, j’ai deux séances chez le kiné et, récemment, nous avons également commencé les exercices dans la piscine. Je travaille constamment la mobilité, les étirements et la souplesse. Certaines séances durent deux à trois heures, ce qui donne parfois l’impression que les progrès sont terriblement lents. Quand on y consacre autant d’heures chaque jour, on a parfois le sentiment que les choses n’avancent pas assez vite. Heureusement, lorsque je regarde les vidéos que nous faisons régulièrement ici, je vois qu’il y a bel et bien des progrès. J’ai également perdu beaucoup de masse musculaire. J’avais l’impression que mon taux de masse grasse explosait, mais lorsque je suis monté sur la balance, j’avais en réalité perdu quatre kilos. Du muscle, évidemment. Il faut tout reconstruire », poursuit le coureur de la Lotto-Intermarché.
Pour l’instant, Toon Aerts doit donc mettre son automne et son hiver de cyclo-cross entre parenthèses. Le week-end dernier, il était présent à la présentation de Charles Liégeois Roastery CX, l’équipe de cyclo-cross dont il porte les couleurs durant l’hiver. Mais il n’est pas encore question de replonger lui-même dans les labourés. « Après ma première saison complète en WorldTour sur la route, j’avais de toute façon déjà décidé de réduire un peu mon programme de cyclo-cross. La saison dernière, j’avais disputé 27 cyclo-cross, alors que 17 étaient prévus cet hiver. À l’époque où j’étais coureur de cyclo-cross à temps plein, j’en disputais même 40. L’idée était surtout de participer aux Coupes du monde et aux beaux cyclo-cross difficiles, tout en gardant suffisamment de temps pour accumuler les heures d’entraînement en vue de la route. Je voulais trouver un autre équilibre et me reconcentrer plus tôt sur la route. Évidemment, cette chute bouleverse en partie ce plan. »
Les Mondiaux à Ostende dans le viseur
« Je ne retrouverai probablement plus 110 % de mes capacités cet hiver. Ma priorité est désormais de récupérer complètement. Une fois que je serai à nouveau en forme, nous verrons ce qu’il restera encore de l’hiver. Mais en même temps, j’ai besoin d’un objectif. Je ne veux pas encore abandonner l’espoir de participer aux Championnats du monde de cyclo-cross à Ostende. J’ai déjà décroché le bronze mondial sur ce même parcours en 2021, même si, en raison des restrictions liées au Covid, ce championnat s’était déroulé sans public. Des Championnats du monde dans mon propre pays, sur un parcours où j’ai déjà remporté une médaille : j’aimerais vraiment y être à nouveau. Si je devais les manquer, ce serait vraiment dommage. Si ce n’est pas possible, alors ce sera comme ça et nous travaillerons en vue d’un beau printemps sur la route. »
En attendant de voir ce que l’hiver de cyclo-cross pourra encore lui réserver, Aerts peut quoi qu’il en soit se retourner sur une très belle saison sur la route. Pour sa première année au niveau WorldTour, il a dépassé ses propres attentes, avec notamment sa deuxième place lors de la douzième étape du Giro d’Italia. « Sans Alec Segaert, j’aurais tout simplement gagné une étape de mon premier Grand Tour (rires). C’est le point culminant de tout ce que j’ai réalisé sur la route jusqu’à présent. Avant la saison, je pensais que j’allais principalement rouler au service de l’équipe et que j’aurais de temps en temps l’occasion de jouer ma propre carte. Mais j’ai eu ma chance à plusieurs reprises et j’ai réussi à la saisir. Terminer dans le top 10 en Catalogne, puis prendre la deuxième place d’une étape du Giro : je ne m’y attendais pas avant la saison. Et puis il y a eu mon premier Tour des Flandres, mon premier Paris-Roubaix… J’ai énormément apprécié ces courses. C’est aussi quelque chose dont je peux tirer de la force pendant ma rééducation, car tout cela reviendra. »


