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Casar-Evans : l'avenir s'incarne en eux

Publié le 19/03/2002 00:06

Révélés sur le dernier Paris-Nice, Cadel Evans et le Français Sandy Casar incarnent l'avenir du cyclisme.
Révélés sur le dernier Paris-Nice, Cadel Evans et le Français Sandy Casar incarnent l'avenir du cyclisme.

L'un est Français, l'autre est Australien. Le premier se nomme Sandy Casar (La Française des Jeux), le second s'appelle Cadel Evans (Mapei-Quick Step). Et à eux-deux, ils incarnent l'avenir du cyclisme. Depuis plusieurs mois, on les voyait venir. On savait qu'ils deviendraient un jour de grands champions, mais on ne s'imaginait pas les voir à l'oeuvre dès Paris-Nice, la semaine dernière. Véritables révélations d'une course palpitante, il est temps de faire plus ample connaissance avec Casar et Evans.

Sandy Casar : appliqué, sérieux, travailleur et battant

A 23 ans (il les a fêtés le 2 février), Sandy Casar est peut-être le grand champion français capable de gagner un jour le Tour de France et de mettre fin à près de vingt ans de disette. Découvert par Marc Madiot, le manager de l'équipe La Française des Jeux, le coureur de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, est le fils d'un ancien coureur régional. Autant dire que chez les Casar, faire du vélo est une tradition de famille.

Poussé à l'exploit par son père, Sandy Casar s'est très vite forgé un caractère de dur. Un véritable guerrier. "J'ai été élevé à l'ancienne, raconte le jeune homme. Mon père ne m'a jamais dit que ce que je faisais était bien. Cela présente des inconvénients, mais cela m'a aussi forgé le mental". Déjà parvenu à sa troisième saison chez les pros, Casar n'avait jusque-là démontré qu'un potentiel intéressant, sans toutefois se révéler au grand public.

Couvé par Marc Madiot, Sandy Casar n'a jamais déçu son manager, s'échappant tout seul au cours d'une étape du dernier Tour Méditerranéen, sous la pluie et dans le vent. Ce jour-là, Madiot a su que son coureur allait bientôt sortir le grand jeu : il était programmé pour Paris-Nice. Quatrième au Mont Faron, huitième au col d'Eze pour finalement monter sur la seconde marche du podium, à 55 secondes de Vinokourov, Sandy Casar a vu sa vie basculé en l'espace d'une semaine. "J'ai découvert une autre façade du métier de coureur cycliste", déclarait-il dimanche soir sur le plateau de Stade 2, assis aux côtés de son idole Laurent Jalabert.

Décrit comme appliqué, sérieux, travailleur et battant, Sandy Casar rêve maintenant d'ouvrir son palmarès en profitant d'une condition physique exceptionnelle. Et malgré la toute nouvelle attention que portent sur lui les médias, le jeune Français reste humble. Parmi les nombreuses valeurs qu'il défend, celle de garder la tête froide est essentielle. "Il ne faut pas s'enflammer", conclue-t-il.

Cadel Evans, un palmarès qui laisse entrevoir d'énormes possibilités

Cadel Evans est un peu plus expérimenté. Agé de 25 ans (depuis le 14 février), c'est avec le VTT qu'il a fait ses classes. Né à Katherine, en Australie, il a touché son premier vélo à l'âge de 2 ans. Tout de suite amoureux de son BMX orange, il n'a dès lors plus passé une journée sans monter sur son vélo. Casse-cou, il plongea dans le coma pendant six jours à la suite d'une mauvaise chute, à sept ans. Un obstacle qui aurait pu le dissuader de remonter sur un vélo, alors qu'il avait failli lui coûter la vie.

Cadel s'arrêta d'ailleurs quelques années, préférant le football, la natation et le cricket jusqu'à l'âge de quatorze ans, où il décida de faire du VTT en compétition. A partir de ce jour, les résultats n'allaient pas tarder à suivre, avec un titre de vice-champion d'Australie Juniors de cross-country en 1992, puis un premier contrat professionnel en 1996 (neuvième des Jeux Olympiques d'Atlanta).

En 2001, Cadel Evans décida de faire le grand saut. Direction la route, avec l'équipe italienne Saeco. Il avait déjà obtenu des résultats sur route par le passé, terminant neuvième du chrono et vingtième de la course en ligne des Mondiaux de Valkenburg, en 1998, puis triomphant dans une étape du Tour de Tasmanie 1999. Passé professionnel, les résultats ne tardaient pas non plus à suivre : vainqueur du Tour d'Autriche avec une étape et du Brixia Tour.

Tout de suite convoité par Mapei-Quick Step, il enlevait une étape du Tour Down Under, en janvier 2002, avant de terminer dixième de Paris-Nice, dimanche dernier. Un palmarès déjà bien garni pour un coureur découvrant encore le métier de coureur, et qui laisse entrevoir d'énormes possibilités dans les grandes courses à venir. Cette saison, Evans participera au Tour d'Italie pour aider Stefano Garzelli à gagner. Le Tour de France n'est pas à son programme même si un jour, Evans sait qu'il y prendra le départ. Et pourquoi pas pour la gagne ?

Sandy Casar. Cadel Evans. Tour deux sont les révélations de la première partie de la saison 2002. Tous deux ont le Tour de France en point de mire. Tout deux n'oublient pas non plus d'où ils viennent : ils gèrent leur carrière aussi bien qu'ils savent rester modestes.