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Clasica San Sebastian : Barredo, la prime au combatif

Publié le 01/08/2009 17:31

L'Espagnol Carlos Barredo remporte la 29ème édition de la Clasica San Sebastian devant Roman Kreuziger et Mickaël Delage.
L'Espagnol Carlos Barredo remporte la 29ème édition de la Clasica San Sebastian devant Roman Kreuziger et Mickaël Delage.

Près d'une semaine après l'arrivée du Tour de France sur les Champs-Elysées, la fête doit se poursuivre dans l'arrière-pays basque aujourd'hui, comme le veut la tradition. Or le ciel s'est grandement assombri ces dernières heures sur le Pays Basque. Hier soir, Mikel Astarloza (Euskaltel-Euskadi) a été notifié d'un contrôle antidopage positif à l'EPO recombinante pratiqué peu avant son départ pour le Tour de France, le 26 juin dernier. Rien n'ayant filtré avant hier, le coureur basque a pu disputer la Grande Boucle sans le moindre scrupule, honorant ses supporters basques d'une victoire d'étape à Bourg-Saint-Maurice, ce que plus aucun coureur de l'équipe Euskaltel n'avait réussi à faire depuis six ans. Ce matin à San Sebastian, c'est ce joli rêve qui est entaché. Son entourage soutient Mikel Astarloza mais le cyclisme basque fait la moue au départ de sa classique.
Alors le ciel s'est mis au diapason. Les nuages resteront bas tout au long de la journée et la pluie s'invite au rendez-vous de l'épreuve, longue de 237 kilomètres et arpentant le Pays Basque par-delà ses côtes les plus abruptes autour de la splendide cité côtière de San Sebastian, plongée dans la brume en ce premier jour d'août. Finalement, le double vainqueur du Tour de France Alberto Contador a bien fait de s'abstenir. Les efforts fournis en juillet et sa recherche d'une nouvelle équipe pour 2010 occupent suffisamment son esprit pour que le champion madrilène puisse s'octroyer quelques jours de répit. Pas question de passer six heures sous la pluie, le vainqueur du Tour est absent ce matin. Pas ses adversaires juillettistes, en quête d'un beau succès dans une classique qui s'adressera cependant davantage aux baroudeurs ayant gardé des ressources morales.

Le Tour de France est passé par là et les meilleurs coureurs du monde n'ont plus forcément l'appétit de victoire quand démarre ce matin la Clasica San Sebastian. Sauf une opportunité de circonstance, on ne les verra guère aux avant-postes dans cette course marquée par les mauvaises conditions climatiques. Ce sont donc les outsiders qui tirent leur épingle du jeu de cette épreuve particulièrement difficile. Une échappée matinale bien fournie ouvre la route de la course pendant plusieurs kilomètres, à la faveur des premières difficultés, mais un regroupement général s'opère dans l'ascension de l'Alto de Jaizkibel, de coutume le juge de paix de la Clasica. Là, à 37 kilomètres du retour vers la mer et la cité de San Sebastian, le peloton se scinde. Un groupe d'une quarantaine d'unités se forme, la décision interviendra quelques kilomètres plus loin.

Carlos Barredo le plus combatif dans les 20 derniers kilomètres.

Après l'Alto de Jaizkibel se présente en effet l'Alto d'Arkale, plus court (2,7 km) mais aussi plus raide (6,3 %). Aussi, l'Asturien Carlos Barredo (Quick Step) choisit d'exploiter cette brève difficulté pour passer à l'offensive. Il attaque le maigre peloton, contré par le Français Pierrick Fédrigo (Bbox Bouygues Telecom). Mais dans la descente détrempée, l'ancien champion de France laisse un trou. Il perd le contact avec Carlos Barredo, que rejoint en revanche l'Espagnol Luis-Leon Sanchez (Caisse d'Epargne). Décidément, les coureurs qui sortent du Tour de France marchent du tonnerre aujourd'hui. A moins de 15 kilomètres de l'arrivée, Barredo et Sanchez sont donc échappés, pris en chasse par un quatuor composé de Kim Kirchen (Team Columbia-HTC), de Roman Kreuziger (Liquigas), de Filippo Pozzato (Team Katusha) et toujours du Français Pierrick Fédrigo.

Et le peloton n'a pas dit son dernier mot, lui qui se compose toujours de quelques dizaines d'unités toujours volontaires pour en découdre au sprint dans les rues de San Sebastian. Il y a danger pour les hommes de tête, qui s'animent dans les derniers kilomètres. En poursuiteur, Roman Kreuziger démarre du groupe poursuivant pour chasser les deux leaders. A 2 kilomètres de l'arrivée, le Tchèque revient sur Carlos Barredo et Luis-Leon Sanchez. Pressé par le retour du peloton, il attaque aussitôt. Mais Barredo en a gardé sous la pédale et il se maintient dans le sillage du coureur tchèque, qui vient de terminer 9ème du Tour de France. Luis-Leon Sanchez est pour sa part décroché et rejoint par un peloton vorace, pointé quelques secondes seulement derrière les deux échappés. Mais il ne reprendra pas les deux de tête, invités à se départager au sprint.
A 28 ans, Carlos Barredo fait partie de ces coureurs complets qui ont rarement eu l'occasion de jouer leur carte personnelle. Cette fois, son tour est venu. Très clairement le plus combatif dans les 20 derniers kilomètres de cette Clasica San Sebastian, il ne se laisse pas surprendre par le talent de Roman Kreuziger, qu'il aligne au sprint pour empocher la plus belle victoire de sa carrière. Un beau lot de consolation pour une équipe Quick Step sortie un peu dépitée du Tour de France après les contre-performances de Tom Boonen et la trop grande discrétion de Sylvain Chavanel. Derrière les deux de tête, le sprint est lancé pour une place sur le podium. Et contre toute attente, c'est le Français Mickaël Delage (Silence-Lotto) qui coupe la ligne le premier, rejoignant sur un podium fort improbable Roman Kreuziger, deuxième, et Carlos Barredo, triomphateur.

Classement :

1. Carlos Barredo (ESP, Quick Step) les 237 km en 5h37'00"
2. Roman Kreuziger (TCH, Liquigas) m.t.
3. Mickaël Delage (FRA, Silence-Lotto) à 7 sec.
4. Peter Velits (SVQ, Team Milram) m.t.
5. Ryder Hesjedal (CAN, Garmin-Slipstream) m.t.
6. Filippo Pozzato (ITA, Team Katusha) m.t.
7. Christophe Riblon (FRA, Ag2r La Mondiale) m.t.
8. Serguei Ivanov (RUS, Team Katusha) m.t.
9. Ruben Perez (ESP, Euskaltel-Euskadi) m.t.
10. Marco Pinotti (ITA, Team Columbia-HTC) m.t.
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