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Giro # 16 : Evans roi d'Italie

Publié le 29/05/2002 17:43

L’étape-reine du Giro sacre de nouveau Perez. L'Australien Evans s'empare pour 16 secondes du Maillot Rose.
L’étape-reine du Giro sacre de nouveau Perez. L'Australien Evans s'empare pour 16 secondes du Maillot Rose.

Les coureurs du 85ème Giro se sont élancés aujourd'hui à l'assaut des Dolomites, sans Stefano Garzelli, sans Gilberto Simoni et sans Francesco Casagrande (Fassa Bortolo), qui s'est vu disqualifier hier pour avoir mis délibérément à terre le champion de Colombie John-Freddy Garcia (Colombia-Selle Italia). L'équipe Fassa Bortolo ne cachait pas sa frustration au départ de Conegliano, elle qui avait perdu l'an passé tous ses leaders : Casagrande sur chute, Frigo sur dopage et Wladimir Belli pour... agressivité, déjà, envers un spectateur cette fois. Le bilan du Giro 2002 n’est pas beaucoup plus brillant : abandon de Bartoli sur chute, de Casagrande pour agressivité et de Belli ce matin.

Du coup, le Giro a pris une drôle d'allure aujourd'hui, dépourvu de grands favoris et sans équipes pouvant véritablement contrôler la course. L'équipe allemande Telekom, qui menait le peloton depuis dix étapes maintenant, Jens Heppner étant devenu leader d'un grand tour malgré lui, était résignée et cessait de se prendre pour une prétendante à la victoire finale. "Il y a très peu de chance que je garde le Maillot Rose ce soir, prédisait Jens Heppner au départ. Je passerai peut-être les deux premiers cols. Il en restera deux autres... Mais si les jambes sont bonnes, j'espère faire un bon classement à Milan. Et dire qu'au début, je pensais garder le Maillot Rose seulement deux ou trois jours !"

Réaliste, Jens Heppner ne souhaitait cependant pas abandonner le Maillot Rose comme cela. Il le céderait en se battant jusqu'au bout. Mais avant d'aborder les plus hautes cimes des Dolomites, les "seconds couteaux" animaient la course. Ils étaient d'abord six à se détacher après 45 km de course : Igor Astarloa (Saeco-Longoni Sport), Mario Scirea (Acqua e Sapone), Alessandro Bertolini (Alessio), Wladimir Duma (Panaria-Fiordo), Milan Kadlec (Lampre-Daikin) et Christophe Detilloux (Lotto-Adecco). Partir si tôt dans cette étape-reine était une folie. Mais comme plus on est de fous, plus on rit, les six de tête attendirent le renfort de seize autres coureurs, revenus au 60ème kilomètre.

Cela faisait monter à vingt-deux le nombre d'échappés, et l'on notait en tête la présence de Daniele Nardello (Mapei-Quick Step), Sergio Barbero (Lampre-Daikin), Daniele De Paoli, Cristian Moreni (Alessio) et Francisco Cerezo (CSC-Tiscali). Derrière, le peloton chassait avec fermeté, ce qui avait pour conséquence de faire exploser les moins bons grimpeurs dès la première ascension du jour, le Forcella Staulanza. Marco Pantani (Mercatone Uno) était l'une des premières victimes de la journée. Il abandonnait peu de temps après, dans le plus strict anonymat. Le peloton perdait des éléments au fil des kilomètres. La course était extrêmement débridée et les coureurs grimpaient par groupe de cinq ou six.

Cadel Evans, 1er Australien en Rose, à la tête d’un classement général plus indécis que jamais

La sélection était beaucoup plus rude dans l'ascension suivante, celle du Passo di Fedaia. En tête, le groupe des vingt-deux volait en éclat et Daniele De Paoli poursuivait seul l'échappée matinale. Le peloton s'amincissait au fil des kilomètres et revenait sur chacun des membres de cette première échappée. Impatient d'en découdre de nouveau avec le Passo Pordoi, le col qui l'avait révélé l'an passé, le Mexicain Julio-Perez Cuapio (Panaria-Fiordo) sortait à la poursuite de De Paoli. L'Australien Cadel Evans (Mapei-Quick Step) tentait un moment de le suivre mais s'inclinait et rentrait dans les rangs d'un peloton mené par Dario Frigo (Tacconi Sport). La grande bagarre commençait. Jens Heppner craquait, suivi peu de temps après de Tyler Hamilton (CSC-Tiscali).

Daniele De Paoli franchissait en tête le sommet du Passo di Fedaia, à 2057 mètres d'altitude et 46 km de l'arrivée, avant de se faire rejoindre par Julio-Alberto Perez Cuapio dans la descente. Le groupe Frigo-Evans, composé d'une dizaine de coureurs, virait au sommet 1'07" derrière le duo de tête, direction le Passo Pordoi. La situation de la course s'éclaircissait au pied du "toit" du Giro. Deux hommes occupaient donc la tête de la course, De Paoli et Perez Cuapio, poursuivis à deux minutes par un groupe de favoris auquel Tyler Hamilton et... Jens Heppner étaient parvenus à recoller dans la descente. Dès les premières pentes du Passo Pordoi, Perez Cuapio se débarrassait de De Paoli et poursuivait seul, assuré d'une seconde victoire d’étape 30 km plus loin.

Derrière, alors que De Paoli était dépassé par le peloton, Pietro Caucchioli (Alessio) s'élançait à la poursuite du Mexicain. Plus haut, Frigo et Evans plaçaient tour à tour des accélérations. Le peloton explosait pour de bon et seul Paolo Savoldelli (Index-Alexia Alluminio) parvenait à accompagner Frigo et Evans. Cadel Evans serrait les dents. Courageux, il s'accrochait en pensant fort au Maillot Rose, définitivement abandonné par Jens Heppner. Dans la descente du Pordoi, à 20 km du but, Paolo Savoldelli réalisait une descente dont lui seul a le secret. Il se défaisait d'Evans et de Frigo, lesquels voyaient Hamilton, Aitor Gonzalez (Kelme-Costa Blanca) et Juan-Manuel Garate (Lampre-Daikin) revenir sur eux.

Les derniers kilomètres n'apportaient quasiment aucune modification à la situation de la course. Julio-Alberto Perez Cuapio parvenait en solitaire à Corvara in Badia, fou de joie et en aucun cas inquiété dans une étape où il était plus que jamais le grand favori. Derrière lui, Paolo Savoldelli rejoignait l'intercalé Pietro Caucchioli à 2 km de l'arrivée et conservait seulement deux petites secondes sur le groupe Dario Frigo. Epuisé, Cadel Evans ne prenait pas part au sprint pour la 3ème place et perdait trois secondes sur son rival Frigo. Mais cela ne l’empêchait pas d’endosser le Maillot Rose, le premier pour un Australien, prenant à quatre jours de l’arrivée la tête d’un classement général plus indécis que jamais.

En effet, six coureurs se tiennent sous la minute et rien n’est joué à la veille de la seconde étape des Dolomites, demain jeudi, qui mènera le peloton de Corvara in Badia à Folgaria sur 222 km.

Classement 16ème étape :

1. Julio-Alberto Perez Cuapio (MEX, Panaria-Fiordo) les 163 km en 4h54'54" (33,2 km/h)
2. Paolo Savoldelli (ITA, Index-Alexia Alluminio) à 53 sec.
3. Dario Frigo (ITA, Tacconi Sport) à 55 sec.
4. Juan-Manuel Garate (ESP, Lampre-Daikin) m.t.
5. Aitor Gonzalez (ESP, Kelme-Costa Blanca) m.t.
6. Tyler Hamilton (USA, CSC-Tiscali) à 58 sec.
7. Cadel Evans (AUS, Mapei-Quick Step) m.t.
8. Pietro Caucchioli (ITA, Alessio) m.t.
9. Eddy Mazzoleni (ITA, Tacconi Sport) à 2'09"
10. Oscar Pereiro (ESP, Phonak) à 2'10"

Classement général :

1. Cadel Evans (AUS, Mapei-Quick Step) en 73h09’23"
2. Dario Frigo (ITA, Tacconi Sport) à 16 sec.
3. Tyler Hamilton (USA, CSC-Tiscali) à 18 sec.
4. Aitor Gonzalez (ESP, Kelme-Costa Blanca) à 24 sec.
5. Pietro Caucchioli (ITA, Alessio) à 32 sec.
6. Paolo Savoldelli (ITA, Index-Alexia Alluminio) à 48 sec.
7. Juan-Manuel Garate (ESP, Lampre-Daikin) à 1’26"
8. Fernando Escartin (ESP, Team Coast) à 2’09"
9. Rik Verbrugghe (BEL, Lotto-Adecco) à 4'21"
10. Eddy Mazzoleni (ITA, Tacconi Sport) à 4'26"

Classement par points :

1. Massimo Strazzer (ITA, Phonak) 132 pts
2. Mario Cipollini (ITA, Acqua e Sapone) 128 pts
2. Fabrizio Guidi (ITA, Team Coast) 106 pts

Classement de la montagne :

1. Julio-Alberto Perez Cuapio (MEX, Panaria-Fiordo) 41 pts
2. José-Joaquim Castelbanco (COL, Colombia-Selle Italia) 27 pts
3. Dario Frigo (ITA, Tacconi Sport) 20 pts
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