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Interview d'Angelo Zomegnan, directeur du Giro

Publié le 16/05/2005 00:05

ITW d'Angelo Zomegnan, directeur du Giro : "on ne remplace pas facilement des personnages comme Goddet."
Interview d'Angelo Zomegnan, directeur du Giro : "on ne remplace pas aussi facilement des personnages comme Goddet ou Torriani."

C'est à l'issue du Tour d'Italie 2004 qu'Angelo Zomegnan, journaliste vedette spécialisé dans le domaine du cyclisme à la Gazzetta dello Sport, fut coopté par ses pairs de la RCS (Rizzoli Corriere della Sera) pour assurer en douceur la succession de l'avocat Carmine Castellano jusqu'alors directeur de la course rose et successeur du charismatique et inoubliable Vincenzo Torriani, disparu en 1996. Auteur dans son pays de nombreux ouvrages relatifs à l'histoire du cyclisme, Angelo Zomegman a accepté de répondre à nos questions pour mieux se faire connaître des lecteurs français.

Monsieur Zomegnan, quel est l'organigramme actuel de la course que vous dirigez ?
"Il faut d'abord savoir qu'on ne remplace pas aussi facilement des personnages tels que l'ont été Jacques Goddet ou Vincenzo Torriani à la tête des grands tours. L'époque n'est plus la même, d'abord, les moyens non plus. Nous sommes arrivés à une époque où il importe que chacun apporte ses compétences en opposition aux années où officiaient ces deux grands personnages où ceux-ci étaient capables de tout régimenter."

Dans la pyramide du Giro, quelle est votre compétence ?
"Je suis le responsable de toutes les manifestations organisées par la RCS, c'est-à-dire le marathon de Milan, le beach volley, le world tour etc... Je prends ma fonction comme un travail de directeur d'une grande entreprise. Je ne suis pas un directeur de course. C'est Mauro Vegni qui assure cette responsabilité, assisté d'une jeune dame très compétente du nom de Rosella Bonfanti, issue du monde des commissaires de courses UCI. Ces deux personnes représentent la continuité et la sagesse."

Peut-on vous opposer dans votre fonction a celle occupée par Jean-Marie Leblanc au sein d'ASO Tour de France ?
"Non pas encore car Jean-Marie Leblanc chapotte le seul secteur du cyclisme chez Amaury Sport Organisation. On va dire que ma fonction se situerait plus à une position entre Jean-Marie Leblanc et Patrice Clerc. Je suis le responsable du Tour d'Italie, entouré de personnes à charge de secteurs."

L'organigramme mis en place a-t-il une vocation d'évolution dans les années qui viennent ?
"Je voudrais, si vous me permettez, revenir à l'ancienne structure du Giro telle qu'elle existait l'an dernier. La même d'ailleurs que sous l'époque de Vincenzo Torriani. Carmine Castellano chapottait tous les secteurs, c'est-à-dire l'organisation, la publicité, le marketing, la course etc... Il a semblé plus sage de tout compartimenter pour être plus performants. La présidence de RCS Sport est assurée ainsi par Flavio Biondi, qui est aussi administrateur délégué de la RCS publicité. Immédiatement après se situe un administrateur délégué du nom de Giacomo Catano. Pour ce qui me concerne, j'assure le secteur événementiel dans lequel est intégré le Giro. Nous avons après un responsable du cyclisme, un responsable des autres sports, un responsable marketing et communication qui s'appelle Mauro Vegni, dont j'ai déjà parlé, et d'autres directeurs placés sous ma responsabilité. Je suis, vous le noterez, sous la coupe de l'administrateur délégué Flavio Biondi. Dans ces projets, nous avons un certain nombre de compétitions que vous connaissez : Milan-San Remo, Tirreno-Adriatico, le Tour de Reggio Calabre, le Tour de Lombardie, Milan-Turin, le Tour du Piémont et le Tour d'Italie bien entendu. Mauro Vegni assure la direction de la course sur le Giro."

A quelle époque cette mise en place a-t-elle été effective ?
"C'est en septembre 2004 qu'il a fallu repenser à toute l'organisation dont je vous ai parlé."

Comment qualifiriez-vous la qualité de vos contacts avec ASO Tour de France ?
"Parfait. Voyez mon portable. Tous les numéros des responsables de cette organisation y figurent. Je dois appeler Patrice Clerc dans cinq minutes, à l'issue de notre entretien, c'est pour dire."

Comment avez-vous pu résoudre le litige né des frais de participation réclamés par les équipes du ProTour sur ce Tour d'Italie ?
"Cela a été réglé sur la base de 50 000 euros par équipe, c'est-à-dire sur la base de ce qui leur avait été attribué la saison dernière. Un tantinet moins que le Tour de France dans la mesure où ne possédons pas la même couverture médiatique que l'épreuve française."

N'êtes-vous pas un peu marri que la cotation en points du ProTour soit inférieure à celle du Tour ?
"Pour l'instant, je ne trouve rien à redire parce que dans l'opposition avec le Tour nous avons pris du retard. Nous avons été, il fut une époque, assez près du Tour dans les années 70, mais depuis de l'eau a coulé sous les ponts. Le Tour a fait un énorme travail avant nous sur l'image, sur le marketing, les droits télévisés... et nous, nous avons fait de l'immobilisme. Le Giro comble petit à petit son retard d'après moi. La Vuelta étant encore derrière nous. Notre travail est donc de réduire ce retard. C'est notre but."

La divulgation tardive du tracé de la course n'a-t-elle pas été relative à des difficultés budgétaires ?
"Vous n'ignorez pas que la présentation de la course est couplée avec un spectacle diffusé par la RAI. Dans un passé pas très lointain, ce que vous appelez un retard a déjà existé pour des raisons de créneaux télévisés. A l'époque, l'épreuve était couverte par Mediaset (chaînes italiennes concurrentes du groupe de Silvio Berlusconi). Nous n'avons pas encore signé le contrat qui nous liera avec la RAI jusqu'en 2008 pour la pérennisation de cette présentation sous la forme actuelle, c'est-à-dire du spectacle qui recueille un nombre important de téléspectateurs."

Quelle est la nature de vos relations avec le ProTour de Hein Verbruggen ?
"En grande bagarre. La lettre de notre adhésion au ProTour a été signée le 1er décembre. Il y a eu ensuite a posteriori toute une série de quiproquos qui laissaient un doute sur notre appartenance au ProTour. Cela m'a énormément irrité. Il va falloir que tout cela se rediscute en fin de saison pour clarifier la charte."

Etiez-vous déjà pressenti pour le poste que vous occupez alors que vous étiez journaliste à la Gazzetta dello Sport ?
"Je pense que oui dans la mesure où j'ai toujours été dans la famille du cyclisme. Je m'occupais d'un club amateur dans mon village en tant que secrétaire et ceci bien avant mon arrivée à la Gazzetta dello Sport en 1979."

Le plateau présenté sur ce Tour d'Italie est-il de qualité ?
"Je suis tout à fait satisfait de la participation des équipes du ProTour. Les groupes étrangers qui ont délégué des formations B ou même C vont faire l'expérience du Giro, c'est déjà une bonne chose. J'espère que la richesse de la participation sera encore meilleure dans les années à venir. Il y a déjà eu beaucoup de changements par rapport à l'an dernier."

Propos recueillis le 7 mai 2005 par Jean-François Modery.

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