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Interview d'Anthony Charteau (Bouygues Telecom)

Publié le 11/06/2005 00:05

Interview d'Anthony Charteau : "il n'y a pas lieu de craindre pour ma sélection pour le Tour. J'ai pas de casse !"
Interview d'Anthony Charteau : "il n'y a pas lieu de craindre pour ma sélection pour le Tour. J'ai pas de casse !"

Plus particulièrement rompu aux tâches effacées de coéquipier, pour lesquelles il est fort apprécié, Anthony Charteau (Bouygues Telecom)a su saisir la chance qui lui était offerte lors de la cinquième étape du récent Tour de Catalogne, pour aller chercher la première victoire de son équipe sur une épreuve du calendrier ProTour 2005. Depuis, le Nantais est attaché à conquérir une sélection pour le Tour de France, sur lequel il avait été vu à son avantage lors de la précédente édition pour sa totale abnégation au service de Thomas Voeckler, Maillot Jaune dix jours durant. Nous avons recueilli ses confidences sur le Critérium du Dauphiné-Libéré (où il a manqué de peu le gain de la deuxième étape) alors qu'il s'apprêtait à rejoindre son domicile après un abandon relatif à une chute lors de l'étape conduisant les concurrents de Tournon au Mont Ventoux.

Anthony, vous êtes contraint à l'abandon dans l'étape du Ventoux, que s'est-il passé ?
"Je ne le sais même pas. Cela a borduré. Je me suis retrouvé à terre. Je suis raboté au visage. Apparemment il y aurait un coureur qui se serait rabattu devant moi. J'ai quand même cassé le casque. Des brûlures partout, le vélo pas mal secoué. J'étais KO sur le coup et c'est pour cela que je ne suis pas reparti. Cela s'est passé assez loin du Ventoux, près du kilomètre 120."

Etes-vous déçu par l'arrivée de Chauffailles, où vous avez été devancé par Samuel Dumoulin ?
"Déçu, c'est évident dans la mesure où on n'a pas tous les jours l'occasion de jouer la gagne dans des épreuves du ProTour. Cela aurait fait ma deuxième victoire en quinze jours. Cela aurait été génial. Maintenant, il faut admettre que Sam va très très vite au sprint. Bon, en plus, nous arrivons à quatre Français. Face à Sam, le regret est moindre car la confrontation était contre un spécialiste Je précise que le final n'était pas spécialement pour moi. Les difficultés étaient placées loin de l'arrivée. Je suis en fait plus déçu pour l'équipe que pour moi."

Les 46 kilomètres du contre-la-montre de Roanne n'ont-ils pas été trop durs au lendemain d'une si longue échappée ?
"Je n'étais pas spécialement dans le coup dans les 25 premiers kilomètres. Après la côte, je me suis remis dans la course. J'ai alors roulé à bloc et j'ai terminé dans un temps relativement correct."

Vous venez de remporter il y a peu une première victoire sur une étape du Tour
de Catalogne. Va-t-elle modifier sensiblement votre technique de course ?

"A vrai dire, c'est arrivé au terme d'une échappée qui va au bout. C'est vrai qu'on est parti dans le final, dans une étape qui s'est conclue à une moyenne importante, 46 je crois. Après, cela m'a donné confiance par contre. Cela dit ça ne va pas changer ma tactique de course."

Comment avez-vous manœuvré pour distancer vos compagnons d'échappée ?
"J'étais, il faut dire, le moins connu des protagonistes. On ne me surveillait pas spécialement. Après, j'avais aussi conscience qu'il y aurait sûrement des tentatives pour finir seul car nous étions quand même une dizaine. Il y a eu ainsi beaucoup d'attaques. Je n'ai alors pas craqué nerveusement. Je réussissais à rester facile dans les roues. Un faux-plat est arrivé, j'ai remarqué dans l'attitude et les regards que certains avaient laissés de l'influx et des forces. J'ai alors pensé qu'en prenant un certaine avance, même pas très importante, ce serait gérable. Et c'est ce qui est arrivé."

L'objectif, maintenant, c'est la sélection pour le Tour de France...
"Bien sûr que oui. C'est mon objectif. Je vais faire en sorte lors des jours qui nous séparent de la liste définitive d'y rentrer. Il n'y a pas lieu de craindre pour ma sélection après mon abandon dans le Dauphiné. J'ai bien récupéré, d'ailleurs vous le voyez, j'ai pas de casse ! Je vais me remettre en route aussitôt en rentrant. Je vais voir un médecin dès mon arrivée et participer à la Route du Sud je pense."

La Vuelta reste-t-elle à votre programme ?
"Oui. C'était prévu en début de saison. Ma participation éventuelle au Tour ne remettra pas en cause ce choix."

Avez-vous le sentiment que vos sacrifices au service des autres pourraient vous valoir un jour une contre-partie de leur part ?
"C'est la philosophie même de notre équipe. Nous tirons tous en direction du collectif."

Comment expliquez-vous qu'il vous ait fallu attendre votre cinquième année de
professionnalisme pour ouvrir votre palmarès ?

"Tout simplement parce que cela roule très très vite. Il faut dire que j'ai eu une monucléose la deuxième année. Je reviens à un bon niveau maintenant."

Bouygues Telecom peut-elle rééditer une aussi belle performance que celle de l'an dernier sur le Tour ?
"Je pense que notre équipe a gagné en homogénéité vis-à-vis de l'an dernier. Je pense que nous pourrons jouer placé au général et croire sérieusement à une ou plusieurs victoires d'étape."

Laurent Brochard aurait-il remplacé avantageusement Sylvain Chavanel ?
"Laurent Brochard est quelqu'un de sûr et de fiable. A partir de là, on apprécie de pourvoir compter sur lui. C'est quelqu'un doté d'un grand courage et d'une excellente technique de course. Il est difficile d'établir une comparaison entre les deux coureurs."

Propos recueillis le 10 juin 2005 par Jean-François Modery.

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