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Interview de Benoît Salmon (Agritubel)

Publié le 03/11/2008 15:17

Interview de Benoît Salmon : "le vélo a constitué une partie de ma première vie, il faut savoir rebondir sur autre chose."
Interview de Benoît Salmon (Agritubel) : "le vélo a constitué une grande partie de ma première vie, il faut savoir rebondir sur autre chose."

Coureur discret mais populaire, Benoît Salmon (Agritubel) a mis un terme à sa carrière sur son jubilé, organisé samedi du côté de Sarrians, dans le Vaucluse. Ses meilleurs amis étaient réunis pour honorer une carrière de quatorze saisons, marquée par une victoire finale dans le Grand Prix du Midi-Libre en 1999 et des performances du plus haut niveau dans les classiques ardennaises : 9ème de la Flèche Wallonne en 1997, 13ème en 2006 et 14ème en 2007, ou encore 14ème de Liège-Bastogne-Liège l'an passé. Médaillé de bronze aux Championnats de France en 2004, Benoît Salmon aura couru successivement pour les équipes Castorama, Collstrop, Lotto, Casino, Ag2r Prévoyance, Phonak Hearing Systems, Crédit Agricole et Agritubel. Le Breton de 34 ans nous a confié ses sentiments au moment de remiser le vélo au clou une bonne fois pour toutes.
Benoît, par quel état d'esprit êtes-vous passé tout au long de la semaine ?
"J'avais un peu peur, ne serait-ce déjà que par rapport à la météo. Quand j'ai vu les prévisions en début de semaine dernière, ça me faisait un peu peur. Et puis ma foi, on est passé à travers aujourd'hui. Nous avons eu un beau temps."

En arrivant chez les professionnels chez Castorama en 1995, imaginiez-vous faire une carrière aussi longue ?
"Je suis arrivé jeune dans ce milieu-là. Ca a été un nouveau challenge en permanence. Quand on n'a qu'un an ou deux de contrat, il ne faut pas dormir sur ses lauriers. Chaque saison, j'essayais de faire quelque chose de bien, de prendre du plaisir. Les années sont ainsi passées, et elles sont passées très vite."

Quels restent les meilleurs moments de cette carrière ?
"Une carrière, c'est fait de hauts et de bas. Je n'ai pas eu la chance de gagner des courses ces dernières années. Mais j'ai participé à des compétitions de renom et j'y suis arrivé à jouer les premiers rôles. Quelque part, c'est une satisfaction personnelle. C'était très important pour moi de pouvoir m'illustrer ainsi. Ca équivalait à une victoire."

Avez-vous craint un jour de faire l'année de trop ?
"L'année de trop, non, parce que les contrats sont généralement fixés à un ou deux ans dans le milieu du vélo. Il se trouvait que j'arrivais en fin de contrat cette année, la question ne s'est donc pas posée. J'ai changé mon fusil d'épaule au cours des derniers mois. J'avais à cœur de passer beaucoup plus de temps avec la famille. L'entraînement a été moindre et les performances s'en sont ressenties. J'ai essayé de travailler pour les collègues quand ils en avaient besoin mais je n'ai pas du tout pensé à ma carte personnelle cette année. J'étais déjà dans l'optique d'arrêter."

Quand avez-vous pris cette décision ?
"Début mars, j'y songeais fortement. A force d'y penser, j'en suis arrivé à arrêter. A un moment donné, il faut savoir dire stop et se consacrer à autre chose. Le vélo a constitué une grande partie de ma première vie, il faut maintenant rebondir sur autre chose. Place aux jeunes !"

En quatorze ans chez les pros, vous avez vécu plusieurs phases du cyclisme, comment l'analysez-vous ?
"Je suis arrivé chez les pros en 1995. J'ai passé un peu toutes les tempêtes, dont celle de 1998, qui a entraîné d'autres petites tempêtes. Mon souhait, ce serait qu'on arrive à arrêter tout ça et que le vélo redevienne le sport populaire qu'il était, que le public n'ait plus de doute sur les performances des coureurs."

Quels sont les managers qui vous ont le plus marqué ?
"Je pense à mes expériences à l'étranger auprès d'un Jos Brackevedlt, d'un Jean-Luc Vandenbroucke. Ca a été de riches expériences. J'ai ensuite côtoyé Vincent Lavenu pendant quatre ans. Au niveau palmarès, j'y ai vécu mes meilleures années. Vincent a une approche philosophique du vélo qui me convenait. Je retiens aussi ce que j'ai retrouvé chez Agritubel pour mes dernières années : une équipe familiale et conviviale, pas une structure trop usine."

Y a-t-il également des coureurs qui ont reçu votre admiration ?
"J'ai eu l'occasion de côtoyer tous les jours des coureurs élevés au rang de champions par leurs performances. C'est parfois impressionnant mais il n'y en a pas un qui a retenu plus mon attention qu'un autre. A la limite, celui pour lequel j'ai davantage ressenti de respect de par son charisme, c'était Miguel Indurain, que j'ai rencontré à mes débuts en 1995. J'avais 20 ans et un autre regard à l'époque. Laurent Jalabert m'a aussi très impressionné à mes débuts."

Vous avez réalisé une carrière discrète en dépit de vos bons résultats, est-ce par manque de charisme ?
"Sur le vélo, il faut savoir saisir les opportunités. Parfois, il faut même les créer. J'ai peut-être parfois été un peu trop sur la réserve. Mais c'est aussi que je n'avais sans doute pas les moyens de m'exprimer comme je le voulais ou comme on aurait souhaité que je le fasse. Mais dans l'ensemble, je suis content de ce que j'ai fait."

En quoi va consister votre deuxième vie ?
"Je vais passer le brevet d'Etat pour devenir éducateur dans le vélo, dans un premier temps. J'aimerais ensuite continuer dans cette filière pour pouvoir un peu plus enseigner le sport dans des collectivités. Je suis en pleine formation."

Poursuivre une vie de coureur en devenant directeur sportif, est-ce quelque chose qui vous a tenté ?
"Dans l'immédiat non. Peut-être que ça y viendra mais il faut déjà avoir les diplômes nécessaires. Et puis j'ai passé un peu plus de quinze ans de ma vie, entre les amateurs et les professionnels, à voyager à droite à gauche. Là, j'ai besoin de me poser un petit peu. La famille est hyper importante, il y a un temps pour tout."

Verra-t-on un jour une cyclosportive porter votre nom ?
"Pourquoi pas. Pour l'instant, ce n'est pas d'actualité, mais pourquoi ne pas envisager un jour une cyclosportive sur mes routes d'entraînement dans le Vaucluse. Ou un critérium ?"

Propos recueillis à Sarrians le 1er novembre 2008.

Campagnolo Août

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