FLASHS

Pros

Interview de Bernhard Eisel (Française des Jeux)

Publié le 15/01/2006 00:05

Interview de Bernhard Eisel : "je suis considéré par la Française des Jeux comme l'une de ses principales cartes au sprint."
Interview de Bernhard Eisel : "je suis considéré par la Française des Jeux comme l'une de ses principales cartes au sprint."

Très près de conquérir une victoire d'étape lors du dernier Tour de France aux arrivées de Karlsruhe et de Tours, Bernhard Eisel (Française des Jeux) semble avoir atteint le degré de maturité à même de lui permettre d'accéder à la consécration sur les épreuves d'importance du calendrier international. Répertorié parmi les éléments les plus rapides du peloton, le coureur Autrichien nous a confié ses ambitions alors qu'il était rassemblé en stage avec bon nombre de ses coéquipiers dans le cadre bucolique du green de Valescure (Var), et ce à huit mois d'un Championnat du Monde qui se disputera dans son pays, à Salzbourg.
Bernhard, êtes-vous satisfait de votre saison 2005 ?
"Oui, dans la mesure où elle a été ponctuée par d'excellents résultats dans la première partie sur les routes portugaises du Tour d'Algarve avec trois victoires d'affilée et ensuite lors de Tirreno-Adriatico, où je n'ai pas été loin d'obtenir un succès sur la ligne de Civitavecchia, lors de la première étape. J'ai pris par la suite le maillot de leader du Tour de Suisse après un succès d'étape d'entrée. Un Tour de France réussi si l'on considère que j'étais tout près de faire mouche à Karlsruhe et Tours. De quoi satisfaire, j'espère, mes dirigeants."

Le départ de Baden Cooke vers Unibet vous confère-t-il des responsabilités nouvelles au sein du groupe ?
"On peut dire comme cela. A l'aube de cette nouvelle saison, je suis considéré par l'équipe comme l'une de ses principales cartes dans les arrivées au sprint. Je ferai tout, croyez moi, pour justifier la confiance qui m'est accordée par Marc et Yvon Madiot. Il faut savoir aussi que mes coéquipiers tels Arnaud Gérard, Mickaël Delage et Sébastien Joly possèdent de belles cartes à jouer lors des arrivées groupées. Je suis prêt à relever la responsabilité qui m'est confiée."

Le Tour de France, que vous avec achevé l'an dernier après deux très belles places d'honneur est-il encore inscrit à votre programme ?
"Ce sera à n'en pas douter mon grand rendez-vous. Je vais tout d'abord me tester sur les routes du Qatar, de nouveau le Portugal, qui m'a bien réussi l'an dernier, comme indiqué précédemment, les classiques, le Tour de Suisse et le Tour de France."

Votre participation au Tour d'Allemagne n'a-t-elle pas été un peu la course par étapes de trop après une course de trois semaines en juillet ?
"J'avais des problèmes physiques un peu avant (NDLR : Bernhard Eisel avait décroché dans le final qui se concluait à Plauen pour laisser Bram Tankink s'envoler vers la victoire alors qu'il apparaissait comme le plus rapide de l'échappée matinale). J'ai eu une gastro et j'ai été victime de crampes dans les derniers kilomètres. Je n'ai pas voulu hypothéquer ensuite ma fin de saison, donc je me suis retiré lors de la fameuse étape qui se concluait
dans le Tirol."

Tirreno Adriatico a-t-elle été choisie de nouveau pour vous par Marc Madiot en guise de préparation aux classiques ?
"Oui. Dans la mesure où cette course ne m'a pas trop mal réussi, je continuerai encore cette année à chercher là-bas la condition la meilleure pour aborder les classiques de printemps."

Seriez-vous apte à remporter une course comme le Tour des Flandres, où vous n'aviez pas terminé très loin de Tom Boonen l'an passé ?
"J'ai toujours rêvé d'accrocher un jour une classique. J'ai une attirance particulière pour Milan-San Remo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Une telle ligne au palmarès a une valeur identique ou presque, pour moi, qu'un Championnat du Monde."

Pensez-vous être capable de viser un jour une place au général d'un grand tour ?
"Non. Ma morphologie et mes lacunes vis-à-vis de la montagne me confineront toujours à un rôle de routier-sprinter."

Vous avez reconnu le parcours du prochain mondial à Salzbourg. Quelle analyse en faites-vous ?
"J'ai déjà reconnu deux fois le circuit. Une première fois, deux jours après ma participation au Tour de Suisse, dans laquelle j'avais trouvé le parcours plutôt roulant, dénué de difficulté importante pour un coureur de mon gabarit, puis une deuxième fois courant novembre, avec bon nombre de mes compatriotes professionnels tels Georg Totschnig, René Haselbacher, Gerhardt Trampusch, Andreas Matzbacher. Cette fois-ci, le parcours m'a semblé très difficile. Les difficultés principales, situées aux abords de l'Obertrumersee, réclament un 39x17 voire 39x19, c'est dire ! Cela dit, chacun aura sa chance. Tous les types de coureurs pourront l'emporter ou presque. Oscar Freire, qu'on a déjà vu à son aise sur les circuits vallonnés, tel celui de Vérone, pourra jouer le final. Un sprinter pur du type Alessandro Petacchi peut-être pas, cependant. D'après moi, ce ne sera pas le parcours qui fera la différence, car la descente sera si longue pour rejoindre la ligne d'arrivée que des regroupements s'effectueront certainement. Il est à noter que la pluie et le froid pourraient être au rendez-vous, car c'est souvent le type de temps qui règne sur la région de Salzbourg à cette époque-là. Confronté à une température avoisinant les 10 degrés, cela pourrait faire mal à certains concurrents."

Le parcours a-t-il des similitudes avec celui de Villach, qui avait consacré Stephen Roche il y a dix-huit ans, devant ses deux compagnons d'échappée, Moreno Argentin et Juan Fernandez ?
"Le parcours de Salzbourg sera déjà plus long que celui de 1987 puisqu'il fera vingt-cinq kilomètres. Les difficultés entrevues me font penser qu'il est plus difficile."

Pas trop déçu de votre dernier Mondial, où vous lâchez prise dans les deux derniers tours ?
"Je n'avais plus de forces pour effectuer le final avec les meilleurs. J'ai complètement lâché dans le dernier tour pour rejoindre la ligne avec un groupe démotivé. La saison avait été longue, mais cette course ne me laissera pas un grand souvenir."

La victoire de Georg Totschnig a Ax-3-Domaines, l'été dernier, va-t-elle donner un coup de fouet au cyclisme autrichien ?
"Je qualifierai d'énorme le retentissement de cette victoire dans mon pays. C'est la meilleure chose qui pouvait arriver pour ce sport en Autriche. Il n'y a qu'à voir la consécration de meilleur sportif de l'année attribuée par la presse de mon pays à Georg, et cela devant les skieurs et skieuses ! Avec l'organisation des Championnats du Monde à Salzbourg c'est le pied."

A ce sujet, quelle place tient-il dans la presse spécialisée de votre pays ?
"La place tenue par le cyclisme est en progression. C'est un bien. Espérons que cela continuera. Cependant, il est dommage que la télévision nationale (ORF) ne montre pas les images du Tour de France en direct."

Comment êtes-vous devenu coureur cycliste ?
"On va dire que c'est une tradition dans la famille. J'ai été éveillé à ce sport en suivant les performances de mon frère aîné (NDLR : plus âgé de dix-neuf ans) à l'époque sous les couleurs de la Volkbank."

Quelle a été l'origine de votre arrivée dans les rangs de la Mapei Espoirs ?
"J'effectuais déjà à 17 ans des courses amateurs en Italie, pas très lointaine de chez moi. J'ai rejoint alors une équipe de ce pays dans la région de Vénétie pour deux saisons. Mon directeur sportif de l'époque Alex Carrera m'a dirigé ensuite vers Mapei Espoirs, où j'ai côtoyé plusieurs jeunes tels Fabian Cancellara, Patrick Sinkewitz et Filippo Pozzato."

Propos recueillis à Valescure par Jean-François Modery le 13 janvier 2006.

AVIGNON TOURISME

BIKE SHOW EVENTS

LABORATOIRE FENIOUX
INSCRIPTION EN LIGNE