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Interview de Christophe Faudot, directeur sportif de Bouygues Telecom

Publié le 12/05/2005 00:05

Interview de Christophe Faudot : "les éléments qui ne seront pas au Tour auront à cœur d'effectuer un bon Giro."
Interview de Christophe Faudot : "les éléments qui ne participeront pas au Tour auront à cœur d'effectuer un bon Giro."

ProTour oblige, c'est avec un effectif 100 % français (la formation vendéenne est
la seule d'essence 100% nationale sur le Giro) que Bouygues Telecom aborde le Tour d'Italie. Il était intéressant d'obtenir les confidences de Christophe Faudot, directeur sportif du groupe, alors que les protégés venaient de perdre leur capitaine de route, Didier Rous, victime d'une gastro-entérite.

Christophe, c'est la deuxième fois après 2001 que l'équipe Bouygues Telecom, anciennement Bonjour,
pariticipe au Giro. Etiez-vous de la première aventure ?
"Non, le groupe était conduit à l'époque par Thierry Bricaud et Christian Guilberteau. Il faut savoir que l'équipe déléguée cette année là était constituée d'une majorité de néo-professionnels qui n'avaient comme ambition que de s'aguerrir au contact de coureurs plus affirmés. Nulle pression ne pesait sur l'équipe, qui découvrait l'épreuve italienne. Bonjour avait terminé à Milan avec deux seuls éléments : Laurent Desbiens et Thomas Voeckler."

Considérez-vous le début de saison de Bouygues Telecom comme satisfaisant ?
"La mise en place du ProTour a modifié la donne. Le programme de course a été en ce qui nous concerne bouleversé. Il nous a fallu aborder des épreuves plus importantes auxquelles nous n'étions pas toujours sélectionnés auparavant. L'effectif a été étoffé, tout en restant très jeune. L'équipe a bénéficié des mêmes stages hivernaux que les années précédentes. On peut dire aussi que vis-à-vis de certaines équipes qui ont choisi de courir plus tôt sur la saison, nous avons eu peut-être un petit décalage. Nous sommes malgré tout dans les temps. Le départ de Sylvain Chavanel a d'après moi été largement compensé par l'arrivée de Laurent Brochard. Vu notre effectif très jeune cela se passe très bien. On vient de le voir sur les Quatre Jours de Dunkerque avec la première victoire de Thomas Voeckler. Les trois grands tours sont devant nous, il va falloir être là. On a encore un gros gros programme à venir."

Le nombre plus important d'équipes étrangères pourrait-il apporter une modification du déroulement de ce Giro ?
"Alessandro Petacchi domine quand même largement l'ensemble avec son équipe sur les étapes non montagneuses. Il devrait gagner d'après moi un maximum d'étapes avec ses hommes, tous stéréotypés pour les arrivées groupées. Ce sera donc déjà bien bloqué à ce niveau-là, Cunego et Simoni restant les gros favoris pour le général. Ce sont les mêmes que l'année passée. C'est vrai qu'il y a beaucoup plus d'équipes étrangères. Est-ce que cela va faire la différence ? On devrait avoir une idée après une semaine."

Quels seront les objectifs de l'équipe Bouygues Telecom sur ce Giro ?
"L'abandon de Didier Rous, victime d'une gastro, nous prive d'un élément très précieux. Un coup dûr il faut l'avouer. Il avait comme ambition de remporter une étape. Il avait très bien marché à Liège-Bastogne-Liège. Les conditions climatiques lui convenaient. Et patatras, tout s'est écroulé. Il était sans forces. Il va falloir qu'il récupère. Nous comptons sur lui pour le Tour. Il va falloir se serrer autour des anciens comme Franck Renier, Laurent Lefèvre et Walter Bénéteau. Les éléments qui ne participeront pas au Tour de France auront a cœur d'effectuer un bon Giro. Il y aura aussi nos trois jeunes que l'on va essayer d'emmener à l'arrivée (Olivier Bonnaire, Giovanni Bernaudeau et Ronny Martias). Ils n'ont que 22 ans. Il faut bien commencer un jour. Le Giro était la bonne opportunité pour eux."

Le litige financier avec le Rizzoli Corriere della Sera (RCS), organisateur de l'épreuve, s'est-il bien solutionné en ce qui vous concerne ?
"Les équipes du ProTour sont restées solidaires. Nous n'avons su que tardivement que la participation à cette épreuve était réelle. Il n'a pas manqué grand chose pour que tout capotte. Je pense néanmoins que tout va s'arranger et se passer pour le mieux."

Jean-René Bernaudeau a-t-il prévu de passer une ou plusieurs journées à vos côtés ?
"Il est pour l'instant en Guadeloupe car nous avons passé un accord de partenariat avec une équipe locale parrainée par Bouygues Telecom aux Caraïbes. Mais il va arriver d'ici quelques jours pour nous voir."

Quels sont les coureurs déjà assurés de participer au Tour ?
"Ils sont pour l'heure au nombre de quatre : Didier Rous, Jérôme Pineau, Laurent Brochard et Thomas Voeckler. Ensuite un nombre de coureurs assez important pour cinq places."

Christophe Kern, qu'on a vu assez récemment dans le dur, n'a-t-il pas été un moment sur la sellette quand à sa participation au Tour d'Italie ?
"Non pas vraiment. On a essayé de respecter au mieux notre programme. Nous avons vingt-cinq coureurs. Il appartient de faire tourner l'effectif. Huit autres coureurs vont participer très prochainement au Tour de Catalogne, huit autres au Tour de Picardie. Concernant Christophe Kern, nous espérons qu'il aura à cœur sur cette course de nous prouver qu'il mérite la confiance que nous lui donnons."

Etes-vous satisfait du temps réalisé sur Ronny Martias lors du prologue ?
"Quatorzième à 3 secondes, c'est pas mal ! Je vais vous avouer que je m'attendais à une telle performance de sa part. Ronny apprécie les efforts brefs."

Aviez-vous effectué un entraînement particulier avant ce bref effort ?
"L'équipe avait effectué une sortie tranquille de deux heures et demi."

Avez-vous prévu de tester du nouveau matériel sur ce Giro ?
"Je pense que nous allons tester quelques nouvelles roues et aussi au niveau des pneumatiques."

Avez-vous déjà encadré le groupe cette année sur les routes de la péninsule ?
"J'étais aux côtés de l'équipe en mars sur Tirreno-Adriatico et ensuite Milan-San Remo, du même organisateur, la RCS. La seule chose qui change c'est que l'épreuve durera trois semaines. Nous avons prévu en conséquence un personnel d'encadrement plus important."

Les équipes étrangères n'ont-elles pas un peu délégué des représentations "bis" tant le Tour de France reste la grande épreuve du calendrier ?
"Le ProTour est parti. C'est sa première année. Il faut que cela se rode et se mette en marche. Il y aura des choses qu'il faudra sûrement revoir. Il est un devoir de respecter les organisateurs d'épreuves qui ont fait l'Histoire du cyclisme mais il y a des épreuves françaises que nous voulions honorer telles les Quatre Jours de Dunkerque, qui ne bénéficient pas du label du ProTour. L'organisateur n'a pas reçu le plateau qu'il espérait avoir. Nous avions le désir et l'obligation d'être présent sur beaucoup de fronts. Nous avons des coureurs blessés, d'autres malades, des coureurs en méforme... C'est vrai que parfois on essaie de composer."

L'équipe présente sur le Giro est-elle dans les grandes lignes celle qui avait été plus ou moins imaginée en janvier dernier ?
"Hormis Didier Rous, ce sont en gros les éléments auxquels nous pensions en début de saison. Franck Renier, Walter Bénéteau, Laurent Lefèvre, Christophe Kern et Ronny Martias étaient dans ce cas. C'est l'ossature que nous avions imaginé."

Propos recueillis le 9 mai 2005 par Jean-François Modery.

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