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Interview de Cyril Dessel (Ag2r La Mondiale)

Publié le 31/01/2008 00:02

Interview de Cyril Dessel : "sur le plan psychologique, mon année 2007 très difficile m'a rendu encore plus fort et c'est positif."
Interview de Cyril Dessel (Ag2r La Mondiale) : "sur le plan psychologique, mon année 2007 très difficile m'a rendu encore plus fort."

Cyril, quel bilan tirez-vous de votre saison 2007 ?
"Cette année 2007 ne me laissera pas de grands souvenirs. Une année très difficile, avec un gros pépin, une toxoplasmose qui m'a gêné tout au long de l'année. Ca a été difficile, d'autant plus que je sortais d'une année 2006 très faste. Ce n'est pas facile à encaisser, quand on a été mis sur le devant de la scène et qu'on est attendu. J'ai été bien entouré, que ce soit au sein de l'équipe ou avec ma famille. J'ai observé une longue période de repos après ce Tour de France. Sportivement, une année très difficile. Mais sur le plan psychologique, ça m'a rendu encore plus fort, c'est le côté positif d'une telle situation. Je me suis accroché dans la difficulté. Lutter quand on est à l'avant de la course, c'est glorifiant, il y a une excitation, on capte les regards. Quand on est à l'arrière, c'est autre chose, la
souffrance n'est pas la même. De ce côté-là, j'ai pas mal galéré et ça m'aura endurci."

Comment êtes-vous en ce début 2008 ?
"Ca va beaucoup mieux. J'ai repris au mois de novembre. J'ai des sensations qui sont plutôt constantes, alors qu'en 2007, d'un jour sur l'autre, le manque de sensations était flagrant. Là, les sensations sont constantes, les ennuis de santé ont disparu. Il me reste à retrouver la confiance et retrouver mon meilleur niveau. Je pense que j'ai passé un bon hiver."

2008, c'est aussi du nouveau matériel, comment abordez-vous cet aspect-là du métier ?
"On passe sur des vélos BH, moi qui suis amateur de beau matériel, je suis plutôt content, même si B'Twin nous a fait de bons vélos. Le vélo BH est joli, il a un bon look, je suis content de passer dessus. Il a de belles finitions, le poids est plus léger que celui de 2007, c'est toujours important. De plus, la grosse évolution sera au niveau du vélo de contre-la-montre. J'ai vu le cadre, on a comblé certaines lacunes et on va être à la pointe de ce côté-là aussi."

A quand les premiers objectifs sportifs ?
"Je ne me fixe pas d'objectifs précis, telle course, etc... Déjà, on va chercher à retrouver de bonnes sensations sur le vélo sur les premières courses de début de saison. Après, les rôles, la tactique, on verra. Je commence au Grand Prix La Marseillaise, puis Tour Med, et peut-être le Tour d'Algarve, vu que le Tour de Sardaigne est annulé. Suivront Lugano et Paris-Nice, qui sera la grosse course de ce début de saison. Là, je saurai où j'en suis. J'essaie d'avoir une bonne condition physique sur une période donnée, et tirer mon épingle du jeu, le jour où les sensations sont là. Après Paris-Nice, Cholet-Pays de Loire, le Critérium International, puis un break pour reprendre au Tour du Trentin, Quatre Jours de Dunkerque, Tour de Catalogne, Dauphiné, chrono d'Eindhoven, Championnat de France et Tour."

Vous n'enchaînerez pas Giro et Tour de France ?
"On avait pensé le faire initialement, mais après avoir bien discuté avec Julien Jurdie, et un peu Vincent Lavenu, j'ai préféré ne faire que le Tour. Je n'ai jamais vraiment enchaîné deux Grands Tours. Les années où je l'ai fait, c'était Tour et Vuelta, avec une Vuelta où j'étais fatigué. Donc, après une saison difficile, je n'ai pas voulu prendre le risque d'enchaîner deux Grands Tours. L'objectif reste le Tour. Après le Tour, on verra."

Vous avez perdu un leader charismatique, comment vous situez-vous désormais dans l'équipe ?
"Christophe Moreau est parti. Il a assuré une bonne partie des résultats sur mai-juin-juillet, où il s'est rarement loupé. Maintenant, il y a Tadej Valjavec qui est arrivé. Je le connais bien pour avoir couru avec lui chez Phonak. Il y a Vladimir Efimkin. Ce sont des coureurs peut-être un cran en-dessous de Christophe, mais ils peuvent tirer leur épingle du jeu sur les courses par étapes, notamment le Tour de Catalogne, le Dauphiné ou le Tour de Romandie. Peut-être qu'on ne gagnera pas le Dauphiné, mais on devrait être sur le devant de la scène. J'ai aussi prouvé que je pouvais briller quand j'étais bien. Ca ne nous met pas vraiment de pression que Christophe soit parti. Disons qu'il était l'assurance tous risques sur mai-juin. C'était bien car le Dauphiné est majeur pour l'équipe. C'est notre base de vie. Christophe est parti, c'est la vie du cyclisme."

2008, c'est aussi l'année des Jeux Olympiques, quelle place a cet événement pour vous ?
"Je ne sais pas si on peut dire que ce serait un rêve mais ça me tient à cœur de disputer les Jeux. Terminer une carrière en ayant disputé les JO, les Championnats du Monde, le Tour, ce serait une belle satisfaction. Après, il faut être en condition sur juin-juillet, les places vont être chères. Le parcours a l'air d'être difficile, ça peut me convenir."

Comment appréhendez-vous cette nouvelle donne en matière de passeport biologique ?
"C'est nouveau. Chaque année, on parle de Tour du renouveau, ça va repartir. Il y a pas mal de mesures qui ont été mises en place, croisons les doigts pour qu'elles soient efficaces. C'est un vaste chantier. Pour nous coureurs, c'est assez contraignant. C'est nécessaire. Une fois de plus, c'est un pas dans notre vie privée. Peu de sports l'accepteraient. Mais il faut en passer par là, pour que notre sport retrouve sa crédibilité, que le grand public regarde le Tour de France. Si chaque année, on a le schéma de 2007, c'est une catastrophe. Multiplier les contrôles inopinés, ça passe par là, l'idée est bonne."

Autre problème lié au cyclisme, cette guerre entre organisateurs et UCI, avec les coureurs au milieu ?
"Nous, coureurs, on peut regretter cette guerre. Il faudrait travailler à l'unisson, plutôt que réagir dans son coin. Le conflit n'est pas bon. L'UCI donne des labels ProTour à des Tour Down Under, OK, mais l'histoire du vélo, c'est Liège-Bastogne-Liège, Paris-Nice, Paris-Roubaix. On pourra organiser là où il y a de l'argent, mais les monuments resteront ceux qu'on connaît. Le ProTour ne pourra jamais donner une aura à ces nouvelles courses."

Vous avez de plus en plus un rôle de capitaine, quels jeunes voyez-vous arriver chez Ag2r La Mondiale ?
"Pour moi, c'est René Mandri. Je l'ai vu arriver à l'EC Saint-Etienne Loire. Il est très prometteur. Il a des qualités. Je le suis depuis longtemps. Les autres, je les connais moins, mais je pense aussi à Philip Deignan."

Y a-t-il des coureurs dont vous regrettez les départs cette année ?
"Oui, il y a Simon Gerrans. Il faisait partie de l'équipe du Tour. Il était passé pro chez Ag2r. C'est un bon coureur mais il a choisi de voir autre chose, c'est le vélo. Je suis passé par Jean Delatour, structure très familiale, puis Phonak, qui était l'opposé, et retour en France avec Ag2r, qui est entre les deux. Chaque équipe a ses caractéristiques, ça fait du bien de changer d'air, même s'il ne faut pas changer chaque année."

Propos recueillis à Vallescure le 21 janvier 2008.

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