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Interview de David Derepas (Jartazi-7 Mobile)

Publié le 20/04/2006 00:17

Interview de David Derepas : "Jartazi me donne plus que ce que pourraient m'apporter les équipes continentales d'autres pays."
Interview de David Derepas : "Jartazi-7 Mobile me donne plus que ce que pourraient m'apporter les équipes continentales d'autres pays."

Au terme de sa saison de cyclo-cross, le Français David Derepas (Jartazi-7 Mobile) a repris la compétition sur route au début du mois d'avril. A 28 ans, l'un des rares Français exilés à l'étranger retrouve tout doucement ses sensations de routier. Après trois saisons chez Phonak Hearing Systems (2000 à 2002) et deux années passées à la FDJeux.com (2003 et 2004), il aborde sa septième saison chez les pros, toujours sous le maillot rouge de la Jartazi, une équipe continentale belge.

David, comment se passe votre début de saison ?
"Ca m'est encore difficile de retrouver le rythme sur les courses. Je viens de commencer la saison il y a quinze jours. C'est surtout la distance qui me fait défaut. J'arrive avec 4000
kilomètres au compteur depuis le 1er janvier, là où mes coéquipiers en ont déjà entre 8000 et 10000. C'est assez difficile mais je pense pouvoir retrouver une bonne condition d'ici un petit mois."

Pourquoi avoir débuté si tard la saison ?
"Tout simplement parce qu'il y avait encore du cyclo-cross en janvier et février, la saison se terminant le 15 février. J'ai fait trois semaines de coupure, sans trop rouler, juste de quoi garder un petit quelque chose, puis j'ai recommencé à nouveau les grosses sorties. Donc je suis un peu décalé par rapport à mes coéquipiers mais j'espère retrouver mes jambes assez vite."

Vous avez néanmoins tenu à terminer le Tour du Finistère ?
"J'étais pas trop mal, on verra comment je me porterai sur le Tro Bro Léon. Avec la pluie qu'on a eu au Tour du Finistère, je ne sais pas comment les jambes auront récupéré, mais je pense que ça ira déjà beaucoup mieux dans les prochaines courses. C'est dommage de ne pas avoir plus de kilomètres dans les jambes car le Tro Bro Léon est une épreuve qui m'attire. Je suis capable d'être dans le final tous les ans mais ce qui me manque, c'est la force. Le Tro Bro Léon est une belle épreuve, qui mériterait d'être plus médiatisée, notamment au niveau de la télé. Malheureusement, c'est le bout du monde, et c'est tous les ans le même problème. On se demande comment on fait pour rentrer le soir car c'est très long. Mais on y revient parce que c'est une épreuve à part."

Est-ce facile de faire la transition entre le cyclo-cross et la route ?
"C'est de moins en moins facile car les coureurs sur route reprennent maintenant de plus en plus tôt. Ils n'arrêtent presque plus. Quand nous sommes en plein dans les cyclo-cross au mois de novembre, eux ont déjà repris l'entraînement sur route. Après ils partent en stage sur la côte, font beaucoup de kilomètres au soleil, tandis que nous nous sommes en plein dans le froid et la pluie. On ne peut donc pas se permettre de faire quatre heures sous la flotte. Arrivé fin février, on n'a plus trop envie de courir, parce qu'on vient de finir la saison de cyclo-cross. On est obligés de faire une coupure."

Le cyclo-cross serait-il devenu une discipline à part ?
"Oui, le cyclo-cross devient vraiment une spécialité, comme on a vu le cas dans le VTT ou la piste. Avant, beaucoup de coureurs pouvaient faire toutes les disciplines. Maintenant, un routier est un routier, un cyclo-crossman est un cyclo-crossman. Mais celui qui veut vraiment faire les deux, route et cyclo-cross, ou route et VTT, je pense qu'on peut y arriver. Il faut faire beaucoup de sacrifices, faire beaucoup d'entraînements, faire attention à ce qu'on fait. Il faut essayer de faire la dicipline qu'on préfère, comme le cyclo-cross ou le VTT, et en même temps garder un foncier important pour pouvoir faire ensuite la transition avec la route. C'est surtout la distance qui nous fait défaut. On va être bien 120-130 kilomètres mais après, la fatigue arrive, les jambes sont plus dures, on a du mal à suivre et dans les 20 derniers kilomètres, on n'a plus les moyens de rivaliser avec les meilleurs."

Vous aimeriez vous spécialiser dans le cyclo-cross ?
"C'était un peu le but au départ mais on a toujours le même problème en France. Les équipes professionnelles ne veulent pas privilégier les crossmen, comme Cofidis a fait l'expérience avec les pistards. C'est un peu les problèmes que nous avons. Maintenant, on sera toujours obligés de faire de la route, quelque soit la discipline. En même temps, les Belges sont très forts dans cette spécialité, donc je ne sais pas si ça vaut le coup de ne faire que du cyclo-cross. En France, les organisations deviennent de plus en plus rares, on a de moins en moins de courses à faire. Mais ça reste quand même une discipline où on peut gagner sa vie correctement, tout en faisant de la route à côté."

Côté route justement, vous avez choisi Jartazi-7 Mobile. Pour quelles raisons ?
"Je cours chez Jartazi parce que je n'ai pas trouvé de contrat en France. Jartazi étant en plus une équipe belge, c'est plus intéressant pour moi en vue du cyclo-cross. Et ça me permet aussi, avec un directeur sportif comme Jos Braeckeveldt, de faire de belles courses. Jartazi me donne plus que ce que pourraient m'apporter les équipes continentales d'autres pays. On fait toutes les Coupes de France et nous avons à peu près le même programme qu'une bonne équipe pro continentale. Et puis, chez Jartazi, on est libres de notre choix, on vient sur les courses quand on est prêt et qu'on a envie de faire la course. Il n'y a pas de leader, pas de pression. Chacun fait sa course. C'est l'avantage de cette équipe."

Pour combien d'années avez-vous signé avec Jartazi ?
"Ce sont des contrats d'un an car l'équipe ne sait jamais à l'avance ce qu'elle fera l'année d'après. C'est une petite équipe mais il y a 60 % des coureurs Français qui gagnent peu d'argent dans leurs équipes. L'avantage d'appartenir à une équipe comme Jartazi, c'est de pouvoir faire d'autres courses, sans l'équipe, c'est-à-dire en courant de manière individuelle, ce qui nous permet de gagner un peu d'argent à côté. Autrement dit, on se retrouve à la fin de l'année avec le même salaire qu'un coureur d'une autre équipe, obligé de courir toutes les courses, de vivre toutes les galères et de rouler toujours pour les mêmes gars, pour qu'à la fin on lui dise 'merci, on n'a plus besoin de toi'. Dans les autres équipes, soit t'es fort et tu fais des résultats, sois tu ne l'es pas et tu te retrouves sur un siège éjectable."

Quels seront vos objectifs cette année ?
"L'année dernière, j'ai entrepris de faire du demi-fond. J'ai des contrats pour des journées de demi-fond aux mois de mai et de juin, plus les Championnats de France au mois de juillet. Maintenant, j'aimerais bien faire un bon Championnat de France sur route. Pour cela, j'ai besoin de faire pas mal de courses avant pour acquérir un nouveau rythme."

Comment voyez-vous votre avenir dans le vélo ?
"Ca fait sept ans que je cours chez les pros. Je dirais que j'ai profité et que je n'ai pas profité à la fois d'être dans de grosses équipes avant. Je regrette un petit peu aujourd'hui mais rien n'est trop tard. Je suis dans la pleine force de l'âge. J'espère encore faire quatre-cinq ans à ce niveau-là. Le plus important reste de retrouver une équipe chaque année et de repousser l'échéance au maximum. Je garderai toujours le cyclo-cross en hiver, et j'espère que le travail effectué sur la route auparavant me permettra d'avoir de meilleurs résultats en cyclo-cross."

Propos recueillis à Lannilis le 16 avril 2006.

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