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Interview de Paolo Tiralongo (Panaria-Navigare)

Publié le 11/05/2005 00:05

Interview de Paolo Tiralongo : "au Giro, je tente un retour, mais je me considère comme un miraculé du vélo."
Interview de Paolo Tiralongo : "au Giro, je tente un retour, mais je me considère comme un miraculé du vélo."

C'est la seconde place recueillie au classement général final, mais aussi au sommet du Mont Faron, lors du Tour Méditerranéen 2002 derrière son leader de l'époque Michele Bartoli, qui fit découvrir aux observateurs le Sicilien Paolo Tiralongo (Panaria-Navigare). Séduit l'année suivante par la proposition de Bruno Reverberi, directeur sportif de la Panaria, le discret coureur transalpin n'en continua pas moins de recueillir ici ou là nombre de places d'honneur (il ne compte jusqu'aujourd'hui qu'une seule victoire à son palmarès acquise à l'issue du contre-la-montre remporté avec l'équipe Fassa Bortolo lors du Tour Méditerranéen 2002) dans des courses très cotées outre-Alpes : 2ème du Brixia Tour et du Trophée Melinda, 7ème des Trois Vallées Varésines... Très en vue encore en début desaison lors du Trophée Laigueglia et de Milan-Turin, qu'il a achevé à la 3ème place, le Lombard d'adoption (il vit près de Bergame lors de la saison cycliste) apporte sa pierre d'achoppement à une fringante équipe Panaria-Navigare encore à l'honneur au soir du prologue de Reggio Calabre, remporté par le poursuiteur Australien médaillé d'or aux derniers Jeux Olympiques d'Athènes Brett Lancaster.

Paolo, comment s'est passé votre préparation au Tour d'Italie lors du Tour du Trentin et du Grand Prix de Larciano ?
"Pas spécialement comme j'aurais souhaité. J'ai pris un refroidissement il y a une quinzaine de jours, qui m'a même obligé à tenir le lit durant quatre jours avec de la fièvre. J'ai repris doucement au Tour du Trentin sans puiser dans les forces afin de ne pas hypothéquer le Giro. J'espère récupérer durant la première semaine de ce Giro et pouvoir aider mes coéquipiers comme il se doit."

On vous découvre au Tour Méditerranéen 2002 où vous devez vous contenter d'une 2ème place en tant que gregario de Michele Bartoli. N'est-ce pas frustrant avec le recul de ne pas avoir pu disputer la victoire ?
"Bien sûr qu'une telle victoire aurait pu modifier quelque peu l'orientation de ma carrière. Mais il faut être raisonnable. J'étais au service de Michele Bartoli, qui comme vous le savez a gagné beaucoup de belles épreuves, d'où la nécessité de l'assister dans le Tour Méditerranéen cette année-là. Mais ma carrière a été marquée l'année suivante par une grave chute sur le Giro 2003 lors de l'étape sur le Zoncolan (fracture du bassin). J'ai risqué à l'époque de rester paralysé à vie sur une chaise... Je suis resté par la suite sept mois allongé sur un lit, qui m'ont en fait occasionné un arrêt de carrière de près de deux années. Maintenant, je suis revenu un peu comme j'étais auparavant. J'en saurai plus dans quelques jours. Je tente un retour, mais je me considère comme un miraculé du vélo."

Avez-vous fait un bon choix en rejoignant Bruno Reverberi a la Panaria à la fin de votre contrat avec la Fassa Bortolo de Giancarlo Ferretti ?
"Je me félicite d'avoir à mes côtés un grand guide comme Bruno Reverberi. Il a cru en moi et je lui en suis reconnaissant. D'où la volonté de réussir à revenir dans l'état de forme que j'ai connu avant mon grave accident."

La vue sur l'Etna et la proximité immédiate de la Sicile vous procurent-elles des sensations au moment du départ du 88ème Giro ?
"C'est vrai qu'ici à Pellaro nous avons la Sicile en face. Mais le temps n'est pas spécialement au beau pour l'admirer. Cela n'empêche que le pays est là et j'ai des sensations. J'irai quelques jours à Avola après le Giro pour prendre quelques jours de vacances et retrouver la famille. Me ressourcer en quelque sorte, l'air du pays fait du bien."

Avez-vous eu des amis siciliens auprès de vous lors du départ de Reggio Calabre ?
"Deux pulmans se sont déplacés pour voir Giampaolo Caruso, né aussi à Avola, et moi-même, c'est pour dire. J'ai eu aussi en ce qui me concerne la visite de mon épouse Angela, originaire de la même commune que moi, et de mes parents. Un grand moment de bonheur et de réconfort. Vous savez, avec Giampaolo, nous aurons dans beaucoup d'étapes des amis siciliens demeurant dans toute l'Italie autour de nous."

Vous avez certainement des relations amicales très fortes avec Giampaolo Caruso ?
"Nous sommes très amis. L'hiver, nous nous entraînons ensemble. La voie que nous avons empruntée pour accéder au peloton professionnel a été la même."

N'est-il pas un peu déprimant de terminer souvent aux places d'honneur. Un certain manque de rapidité dans les sprints, de chance, de confiance ?
"C'est vrai qu'il me manque une certaine pointe de vitesse, qu'on peut imputer par exemple par un déficit dans la puissance. Quand vous saurez que j'ai obtenu dans ma carrière 22 secondes places..."

Quelles sont les épreuves du calendrier international qui vous plaisent le plus ?
"Je citerai tout de suite la Classica San Sebastian et le Grand Prix de Zürich. Cela dit, le Giro est quand même la course la plus porteuse pour nous. J'ai un rêve, c'est cependant de participer un jour au Tour de France."

Vous considérez-vous comme un rouleur, un grimpeur ou bien les deux à la fois ?
"Je suis essentiellement un attaquant et un grimpeur. Mon tempérament m'amène souvent à chercher l'ouverture et à tenter l'échappée. C'est ainsi que j'arriverai à conquérir la victoire."

Aurez-vous des objectifs sur ce Giro ?
"J'aurai comme objectif de remporter une étape. La dernière semaine de course se prêtera peut-être à ce genre d'exploit. J'attaquerai et on verra bien."

Quel est le coureur du peloton international actuel pour lequel vous avez le plus d'admiration ?
"Sur la méthode de course, Damiano Cunego. Je citerai aussi Ivan Basso pour son sérieux. Mais c'est néanmoins Gilberto Simoni qui me procure le plus d'admiration."

Vous verra-t-on un jour sur les routes du Tour de France ?
"C'est un rêve, comme je l'ai dit précédemment. L'année prochaine, ce sera presque un objectif. Pour cela, il faudrait que la Panaria soit sélectionnée. Sur les résultats que nous obtenons nous le méritons largement. Sur un classement ProTour, nous serions dans le Top 10 actuellement malgré le fait que nous n'avons pu participer à des épreuves comme la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. C'est tout dire. La Panaria-Navigare est montée en puissance est nous occupons actuellement la pôle position du classement des équipes immédiatement classées après le ProTour."

Avez-vous le projet de rester dans le milieu du cyclisme à l'issue de votre carrière ?
"J'ai une forte envie de me consacrer aux petites catégories dans le futur. La formation et la détection de jeunes talents de ma région. Il faut aussi savoir qu'il est particulièrement difficile pour un Sicilien d'accéder au haut niveau du fait de l'absence de structures importantes dans l'île sur le plan du cyclisme. Il y a un travail de fond à réaliser et ça me plairait de le faire. Les jeunes s'exilent très jeunes dans des régions comme la Toscane pour tenter la réussite. Giovanni Visconti est dans ce cas. Pour mon cas personnel, par exemple, j'ai quitté la famille à 16 ans pour la Lombardie. Imaginez ce que cela représente pour un jeune. C'est très dur. Il m'a fallu une grande force de caractère pour ne pas capituler et réussir ce que j'avais décidé d'entreprendre, c'est-à-dire réussir une carrière de coureur cycliste professionnel."

Restez-vous Sicilien dans l'âme ?
"Bien sûr que oui. La Sicile est toujours ma terre. C'est là que je reviendrai vivre à l'issue de ma carrière. Auprès d'Angela, qui est tout pour moi."

Propos recueillis le 9 mai 2005 par Jean-François Modery.

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