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Interview de Philippe Gilbert (Française des Jeux)

Publié le 11/02/2008 09:25

Interview de Philippe Gilbert : "si j'ai la chance d'être champion olympique, je porterai un maillot distinctif, quitte à payer !"
Interview de Philippe Gilbert : "si j'ai la chance d'être champion olympique, je porterai un maillot distinctif, quitte à payer une amende !"

Palma de Majorque justifie pleinement son label "ensoleillement 300 jours par an garanti" en ce début février. Amandiers déjà en fleurs, champs d'orangers avec des naranjas pour éviter les fringales sur les sorties longues, peu de voitures. Bref, de bonnes conditions pour rouler en court alors qu'ailleurs, c'est toujours l'hiver. Philippe Gilbert a devancé ses coéquipiers de la Française des Jeux pour assurer des sorties longues voire repérer des étapes du Challenge de Majorque. Sympathique clin d'œil entre les équipes françaises. Son vélo abîmé dans le transport, il n'a dû qu'à la diligence de Time de pouvoir rouler pendant trois jours. Bon esprit. Sortie, repas, sieste, et interview avec Vélo 101. C'était cinq jours avant qu'il ne signe son premier succès de l'année dans le Trophée de Majorque.

Philippe, vous êtes ici en avance sur l'équipe, quel est l'objectif ?
"Déjà, éviter le froid. J'étais en Australie. Le retour a été assez pénible avec zéro degré, pluie, neige, et j'ai préféré partir pour venir à Majorque directement. De plus, j'ai toujours le décalage horaire, alors pour l'instant, je fais des sorties de quatre heures avant de rallonger. Peut-être que, pendant le Challenge de Majorque, je rallongerai un peu les étapes ou alors en rentrant. Là, je roule à peine sur une base de 30 à l'heure. Je fais quand même environ 2000 mètres de dénivellation par jour. On est sur une île, il y a aussi le vent."

Vous fixez vos premiers objectifs à Milan-San Remo ?
"Voire même Paris-Nice, on ne sait jamais. Le général, je n'y pense pas car j'aurai San Remo en tête, où là, j'espère gagner tout simplement. J'ai les capacités de le faire. Là, je suis déjà bien, comparativement à l'an dernier où j'avais eu mon opération à la jambe. Je suis dans le timing."

Retour sur la première manche du ProTour, le Tour Down Under, comment l'avez-vous vécue ?
"C'est une très belle organisation. Il y a juste eu un problème d'organisation sur les deux premières étapes, avec les voitures garées à droite et à gauche de la route dans les 5/10 derniers kilomètres, ce qui était très dangereux. Malgré tout, les organisateurs sont à l'écoute, et ils ont corrigé le tir pour la troisième étape. Sinon, c'était déjà d'un bon niveau, même si personne ne s'est lancé à partir, attaquer de loin. On n'est pas encore assez en condition pour se lancer dans des trucs comme en saison. En plus, il y avait la chaleur."

Après Milan-San Remo, quelles seront les échéances ?
"Je vais faire toutes les classiques sauf Paris-Roubaix, puis le Tour de France, les JO, la Vuelta et les Championnats du Monde. Sur les deux Grands Tours, l'objectif sera de gagner une étape et de se préparer pour les Jeux Olympiques et les Championnats du Monde. Après les Mondiaux, ça ira très vite. Il y aura Paris-Tours, toujours avec la même envie. Trois Grands Tours dans la saison, je ne pense pas que ce soit possible, si on veut les faire correctement."

Varèse, pour les Championnats du Monde, c'est un circuit qui vous inspire. Ca signifie que vous ferez deux semaines de Vuelta et basta ?
"Non, je vais faire comme l'année dernière, et gérer la petite semaine qui est entre les deux rendez-vous. Ca avait bien marché en 2007."

Sur quelle échelle respective de valeur placez-vous JO et Championnats du Monde ?
"Au point de vue de l'événement, les JO sont au-dessus. Si on regarde dans le milieu du vélo, les Championnats du Monde l'emportent. Déjà, le champion olympique ne porte pas le maillot, il n'a aucune reconnaissance. Une chose est sûre, si j'ai la chance d'être champion olympique, je porterai le maillot, quitte à payer l'amende à chaque départ de course. JO, Tour de France et Coupe du Monde de football sont les trois événements qui font le plus rêver un sportif. C'est une apothéose pour un sportif d'être champion olympique."

Ce circuit de Pékin, l'avez-vous déjà analysé ?
"Je n'ai pas eu l'occasion de m'y rendre et je n'ai pas voulu y aller en hiver. Rien de tel que de le faire en vélo. Je l'ai découvert sur DVD. Ce n'est pas évident d'avoir la vraie sensation. Et puis, je fais confiance aux coachs qui sont payés pour ça et qui font le travail à notre place."

Parmi les classiques, est-ce sur le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège que vous placez le plus d'ambition ?
"Les Flandres et Liège, c'est dans mon pays. Une des deux serait magnifique, mais même l'Amstel serait magnifique. C'est à 50 kilomètres de chez moi. Finalement, n'importe laquelle me conviendrait."

Dans l'effectif 2008, pensez-vous avoir l'équipe qu'il vous faille pour gagner ?
"L'équipe est plus forte. Déjà parce que chacun a pris un an de résistance, d'expérience. Chacun connaît mieux son rôle, ça a été mieux défini cette année. Le Gabon a montré que l'équipe était déjà bien. Le collectif est bien, c'est de bon augure."

Classiques ou étapes, vous restez l'homme d'un jour plutôt que dans le continu ?
"Pour moi, je ne suis pas un coureur de général. Déjà, une course d'une semaine, j'ai du mal. Je n'ai pas le mental, la motivation, pour me battre tous les jours, aller gratter quelques secondes ou une 15ème place qui n'a pas vraiment de valeur pour moi. Un Maillot Vert, ce n'est pas évident. Quand on voit des équipes entières comme la Quick Step qui se battent uniquement pour ça, il faut avoir une équipe construite pour soi pour aller le chercher. Au moins le porter un jour, ce serait déjà bien."

La Française des Jeux a annoncé son partenariat jusqu'en 2010, ça vous fait quoi ?
"Moi, je suis en fin de contrat. C'est toujours bien, mais je ne connais pas mon avenir. J'aimerais être fixé après les classiques, et en tous cas, avant le Tour."

La sélection pour le Giro vient d'être officialisée, sans quatre équipes ProTour. Est-ce la fin du ProTour ?
"C'est compréhensible. Les Italiens veulent inviter les équipes italiennes. Dès lors, il y a des équipes qui doivent sauter et c'est la faute à tous ces gens qui dirigent l'UCI et qui ont voulu aller trop vite. En voilà une des conséquences. C'est la fin du ProTour, il faut l'espérer, car je ne vois pas comment on pourrait récupérer de trois-quatre décalages horaires comme c'est possible avec les Tour Down Under puis de Californie, voire de Chine. Même pour l'encadrement, ce n'est plus une vie. Comme d'habitude, nous, les coureurs, on n'a rien à dire."

Sur le passeport biologique, comment se passe la mise en place ?
"En Australie, tout le monde a été beaucoup contrôlé. Pour moi, ça ne changera pas grand-chose. Celui qui est organisé trouvera toujours la parade. Mais ça va en calmer quelques-uns."

En Belgique, vous êtes dans l'ombre de Tom Boonen, comment le vivez-vous ?
"Le vélo, c'est ma passion. Je m'amuse. Ma passion, c'est mon métier, je ne cours pas après la gloire. Si les gens me reconnaissent, c'est très bien, sinon, tant pis. Je suis là pour ce que ça me procure personnellement, pas pour le reste."

Sur ce Challenge de Majorque, aurez-vous des ambitions, vous et l'équipe ?
"Oui. J'ai pu faire pas mal de routes qu'on va emprunter, de belles routes même si je m'attendais à ce que ce soit un peu plus dur. Après, c'est la vitesse qui va durcir ou non les conditions. Il ne faut pas être en forme trop tôt mais tout ce qui est pris, c'est bon. Je fais partie des coureurs qui ne courent pas beaucoup, alors je vise haut à chaque fois."

Propos recueillis à Palma de Majorque le 7 février 2008.

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