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Interview de Rein Taaramae (Cofidis)

Publié le 19/01/2008 00:10

Interview de Rein Taaramae : "je n'arrive pas encore à réaliser le bonheur qui m'arrive, être pro est un énorme plaisir."
Interview de Rein Taaramae (Cofidis) : "je n'arrive pas encore à réaliser le bonheur qui m'arrive, pro chez Cofidis est un énorme plaisir."

Comme son compatriote estonien Tanel Kangert, néo-professionnel chez Ag2r, Rein Taaramae vient tout juste de rejoindre le peloton des grands, au sein de la formation française Cofidis. Les deux petites années passées au sein de la formation berrichonne RO Saint-Amandoise lui ont permis déjà de se bâtir une solide réputation, étayée par une 3ème place au classement des meilleurs Espoirs sur la saison 2007, après deux victoires sur les épreuves de Coupe de France DN1, sans oublier sa 2ème place sur le chronomètre des Championnats d'Europe Espoirs. Après une saison réalisée dans l'antichambre de l'équipe nordiste, voici venu le temps de confirmer à l'échelon supérieur. Une promotion tout a fait dans les cordes du jeune coureur balte (il aura 21 ans le 24 avril), en qui son directeur sportif Bernard Quilfen (à l'origine de ses premiers contacts avec l'équipe aux couleurs rouges) voit un athlète tout à fait capable de faire parler à l'échelon supérieur le potentiel énorme affiché dans les rangs amateurs.

Rein, votre sourire est-il le reflet de votre satisfaction d'être arrivé chez les pros ?
"Je n'arrive pas encore à réaliser le bonheur qui m'arrive. C'est vraiment un énorme plaisir d'avoir rejoint une aussi bonne formation que Cofidis. Le fait d'avoir déjà capté l'intérêt de leurs dirigeants à mon arrivée en France en 2006 m'encourageait à obtenir de bons résultats. Je suis fort satisfait désormais de leur confiance. Les différents stages accomplis avec eux ont été payants. Je tiens aussi à remercier Bernard Quilfen pour l'intérêt et les conseils témoignés dès mon arrivée ici."

Quel a été l'historique de votre jeune ascension vers l'équipe française ?
"Des débuts très jeunes sur les routes de ma région de Vandra, ville où je réside. La connaissance de Tanel Kangert, issu de ma bourgade de 7000 habitants, et nos entraînements sous les couleurs de notre club formateur de Vandra Viko sous les ordres d'Erich Perner, un excellent entraîneur, sans lequel, nous n'aurions peut-être pas réussi à percer. L'accès à l'école sportive et des confrontations avec les Seniors s'est fait dans la foulée alors que nous étions encore tous deux Juniors 1re année. Les contacts avec les équipes françaises ne sont venus que plus tard. Avant cela, en 2005, j'ai obtenu une série d'assez bon résultats sur les épreuves de Coupe du Monde Juniors : 3ème au général final de la Petite Course de la Paix en Pologne, remportée par Tanel, 2ème au Tour d'Istrie en Croatie, 2ème du Tour de Berne, une classique internationale suisse Juniors, et un très bon comportement sur Liège-Bastogne-Liège aussi. Avec une fédération nationale comme celle de mon pays, ce n'est pas évident de participer toujours à des belles épreuves. J'étais dans le coup et c'est naturellement que j'ai eu des contacts avec la France et la Roue d'Or Saint-Amandoise."

Peut-on dire que la ROSA s'inscrit comme la première porte donnant accès au monde des pros pour les coureurs estoniens ?
"C'est un peu cela. Tanel Kangert vient de rejoindre Ag2r et Kalle Kriit la Belgique pour Mitsubishi-Jartazi. On croise les doigts. Nous restons tous très attachés aux dirigeants de ce club. A cet effet, j'ai conscience de devoir beaucoup à Franck Alaphilippe, le directeur sportif, et au président Bernard Goin."

On se souvient de votre fameux succès détaché sur le Grand Prix de Plouay 2006...
"C'est juste. Ce succès avait été précédé de quelques autres sur des épreuves Elites 2 dans la région Centre."

Depuis quand avez-vous eu la certitude de rejoindre le groupe pro ?
"L'an dernier, c'est-à-dire fin 2006. Il m'avait été demandé de rester encore une année supplémentaire en amateurs pour m'étoffer."

Certains pensent que vous avez l'étoffe pour remporter un jour une belle épreuve du type d'une grande classique du calendrier international...
"C'est flatteur. J'ambitionne c'est vrai de remporter une course du type de celles qui font rêver chaque coureur cycliste. Un Liège-Bastogne-Liège ou un Paris-Tours. Mais pas pour cette année néanmoins."

On vous qualifie de grimpeur aussi ?
"J'ai aussi des aptitudes de grimpeur. J'aime bien les courses par étapes. Une participation au Tour de France, dans quelques années, fait partie de mes plans."

Pour y remporter des étapes comme votre compatriote, Jaan Kirsipuu ?
"Peut-être pas autant. Mais y découvrir les grands cols ce serait déjà bien."

Ou avez-vous eu la révélation que vous possédiez des qualités d'escaladeur ?
"Pas en Estonie assurément, puisque qu'il n'y a pour ainsi dire aucune côte digne de ce nom. Mais déjà un peu dans le sud de la Pologne, sur les différentes épreuves auxquelles j'ai participé et aussi en République Tchèque."

On vous a aperçu un peu dans le dur en Allemagne lors des derniers Mondiaux ?
"C'est juste. J'avais quand même pas mal brûlé les cartouches dans la première partie de la saison. Ensuite, j'ai connu quelques pépins de santé en août, qui m'ont fait abandonner dans le Poitou-Charente lors de la première étape, alors que je participais à l'épreuve en qualité de stagiaire avec les pros. J'ai abordé Stuttgart dans d'assez mauvaises conditions et lors du contre-la-montre, je n'ai pas réussi à décoincer dans le froid et l'humidité de la première série. Je suis parti aux alentours de 9 heures le matin. 16ème au final, j'espérais mieux."

Lars Boom, le vainqueur, ne sortait-il pas aussi de votre série ?
"Oui, mais il avait certainement des meilleurs jambes ce jour-là."

Vous avez des aptitudes sur les chronos, à ce que l'on sait ?
"C'est juste, et déjà chez les Juniors, j'obtenais de bons résultats. Je me souviens d'avoir réalisé une bonne place au Mondial de Vienne, en Autriche, en 2005. C'est une des disciplines que j'affectionne."

Vous terminez pourtant dans le premier peloton qui joue la gagne sur les Espoirs ?
"Oui, mais j'étais vraiment à la limite. Bien content d'être encore là. Il était temps que la saison se termine."

Vous avez bien récupéré désormais ?
"Assurément. Je suis tout à fait au point. Je vais faire le nécessaire pour apprendre vite et en particulier les ficelles du métier."

On constate que vous avez fait quand même des progrès substantiels dans la langue française ?
"J'ai potassé. Le dictionnaire d'abord, les discussions avec les gens. Je sens que ça vient. Donnez-moi encore six mois et vous verrez que je ne serai pas loin d'égaler René Mandri."

Que vous fait l'approche des premières épreuves ?
"Un très grand plaisir. Aucun stress. J'attends cela avec impatience."

Propos recueillis par Jean-François Modery à Saint-Aygulf le 16 janvier 2008.
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