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Interview de Richard Virenque (Quick Step-Davitamon)

Publié le 19/07/2004 20:52

Interview de Richard Virenque : "la nouvelle dotation de points n'est pas faite pour m'arranger et c'est stressant."
Interview de Richard Virenque : "la nouvelle dotation de points n'est pas faite pour m'arranger et c'est stressant."

Richard, vous aviez dit à Liège que le point sur votre avenir serait fait à la sortie des Pyrénées, où en êtes-vous ?
"Tant que je suis concentré sur la course, je préfère ne pas discuter de mon avenir. On va réaliser les objectifs, après discuter des opportunités que j'ai. Laissons passer les Alpes qui ne vont pas être du plaisir."

Physiquement, où en êtes-vous ?
"Disons que cette journée de repos est la bienvenue. Dans les étapes de montagne, je me donne à 100 % pour le Maillot à Pois. La nouvelle dotation de points n'est pas pour m'arranger mais je le savais d'entrée, donc ça sera le stress jusqu'à la dernière étape de montagne."

Pour cette semaine, vous êtes plutôt sprint en haut des cols ou longs raids ?
"Je suis contraint de marquer des points tout le temps. On arrive dans la dernière semaine où la fatigue est là, où les forces sont comptées."

Un 7ème Maillot à Pois ferait de vous le plus grand grimpeur de l'Histoire du Tour.
"Non pas du tout, seulement le vainqueur de 2004. L'objectif est de le gagner mais pas de viser les records, ça n'a pas déterminé ma carrière depuis le départ. Certaines années, j'étais concentré sur le général, pas le Maillot à Pois."

Comment expliquer la débandade des rivaux d'Armstrong ?
"Je vois ça, à partir de mon expérience, comme le fruit d'une excellente préparation de la part d'Armstrong. Je commence de le connaître. Au Dauphiné, j'ai vu qu'il était en retrait pour être là maintenant. C'est aussi ma méthode. Ses adversaires ont voulu trop se montrer avant, or l'important c'est le Tour et ils sont émoussés. Une chose est sûre, certains sont absents totalement du rendez-vous."

Le fait qu'il soit en passe de dépasser Hinault, Merckx, Anquetil et Indurain, ça vous inspire quoi ?
"Je ne pense pas qu'on puisse comparer les générations. Chaque époque a eu ses valeurs, il n'y a rien de comparable : le matériel, le nombre de participants, le nombre de gars qui marchent sur le Tour, tout ça est très différent."

Tout le monde se focalisait sur la 3ème semaine, et vous avez joué la deuxième.
"Oui, le début du Tour a été difficile avec la météo, les étapes dures dans la Nord. Beaucoup pensaient que le Massif Central serait une transition et les Pyrénées le préambule des Alpes, il n'en a rien été. Une chose, ceux qui ont dérivé dans le Massif Central puis dans les Pyrénées, risquent de souffrir sur les étapes de mercredi et jeudi."

L'Alpe d'Huez, c'est une hantise ?
"C'est une nouveauté. Les contre-la-montre ne sont pas évidents pour moi, mais là, le problème ce sont les 40 points à prendre au classement de la montagne. En plus, quand je vois que demain mardi, une montée de deux-trois km, le col de Chalimont, double les points, je ne comprends pas. Mais c'est le règlement. C'est une source de motivation, certes, mais aussi de stress."

Mickaël Rogers est un peu moins présent en montagne ?
"Oui, il se concentre beaucoup plus sur le général. Sur les étapes à venir, je vais avoir besoin de toute l'équipe, mais c'est vrai que quand on a des gars comme Paolo Bettini, Juan-Miguel Mercado ou Laurent Dufaux, ça rassure, quand il y a le feu, ils peuvent rétablir la situation."

Irez-vous aux Jeux olympiques ?
"Oui. Patrick Cluzaud m'a appelé, et m'a confirmé que je serai du voyage, j'en suis très content."

Quel est votre sentiment sur Thomas Vockler ?
"Je le félicite, son style de coureur me plaît. Si tous les coureurs étaient comme lui, la course prendrait une autre dimension. Le problème c'est que dans le peloton, il y a beaucoup de suiveurs, Thomas n'en est pas un, c'est pour ça que tout ce qui lui arrive est excellent. Il ose et ses résultats vont l'encourager à continuer. Il va sans doute rendre l'âme dans l'Alpe mais il ira jusqu'au bout."

Parmi les étapes à venir, celle de jeudi vous inspire le plus ?
"Demain, mercredi, jeudi, avec ce barème de points, c'est le stress tous les jours, assurément."

Mais c'est jeudi que ça peut faire banco ?
"Ca peut aussi être là que je perde tout."

Qui est votre adversaire principal ?
"Encore une fois, avec ce barème de points, beaucoup de ceux qui jouent le général peuvent prendre le maximum des points et ils sont dangereux. Le meilleur allié ça sera ma condition."

Comptez-vous sur Paolo Bettini ou Laurent Dufaux pour prendre des points à vos adversaires?
"Plutôt m'aider à aller chercher des échappés, ou surtout m'aider."

Propos recueillis le 19 juillet 2004.

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