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Interview de Rik Verbrugghe (Cofidis)

Publié le 15/05/2006 12:26

Interview de Rik Verbrugghe (Cofidis) : "je classe mon succès d'étape dans le Giro samedi parmi mes plus belles victoires."
Interview de Rik Verbrugghe (Cofidis) : "je classe mon succès d'étape dans le Giro samedi parmi mes plus belles victoires."

Dans le registre qui lui est propre, c'est-à-dire celui du rouleur plein de panache, Rik Verbrugghe (Cofidis) a mis tout le staff, mais aussi ses coéquipiers, dans leurs petits souliers au soir de son magnifique succès en solitaire à Saltara. Avec sa troisième victoire sur le Giro, auquel il semble vouer une certaine affection (il porta quatre jours le maillot de leader lors de l'édition 2001 et détient toujours la meilleure moyenne réalisée lors d'un prologue avec 58,874 km/h à Pescara en 2001), le coureur de la Cofidis a donné raison à ceux du team nordiste, qui furent à l'origine de son recrutement à l'automne dernier.

Rik, comment ont été les jambes au lendemain de votre étape époustouflante de samedi ?
"J'ai eu les jambes un peu lourdes au lendemain d'une longue étape où il m'a tenu à cœur d'aller chercher la victoire. Il faut savoir que j'ai été en compagnie de Staf Scheirlinckx de nombreux kilomètres devant et ça laisse des traces. J'ai toutefois bouclé ma journée d'hier sans problèmes et l'essentiel était de se reconstituer."

Le travail préparatoire de Staf Scheirlinckx a t-il son pesant dans votre belle victoire sur la ligne de Saltara ?
"Cela a été extrêmement important. Cela m'a permis de ne pas prendre la part de travail qui aurait été la mienne dans le groupe d'échappée si j'avais été le seul de l'équipe. On va dire que le travail de Staf est en grande partie à l'origine du succès, qui rejaillit sur tout le groupe je précise."

Le scénario parfaitement réussi répondait-il à une stratégie mise au point le matin par Bernard Quilfen ?
"Oui. L'idée avait germé dans l'esprit de plusieurs de mes coéquipiers le matin, au départ de l'étape. Tout le scénario a bien fonctionné. Il faut aussi de la réussite c'est vrai."

Quel ordre de grandeur accordez-vous à cette victoire de Saltara au regard des seize autres victoires qui meublent votre palmarès professionnel ?
"Très important. Une étape remportée sur un grand tour est toujours quelque chose de géant. La longueur de l'étape, 4000 mètres de dénivelé, entre le départ et l'arrivée, font que je classe ce succès parmi mes plus belles victoires."

Peut-on considérer désormais comme du bonus tout ce qui sera engrangé encore jusqu'à Milan par l'équipe Cofidis ?
"Oui, mais nous ne laisserons pas passer l'occasion, si elle se présente, d'aller chercher un second bouquet. Quand on sait que la Davitamon-Lotto, avec Robbie McEwen, a déjà engrangé trois victoires et la CSC deux, on se rend compte que peu d'équipes peuvent se partager ce qui reste. Le groupe a déjà répondu présent et l'on espère, qui sait, faire coup double."

Aurez vous à cœur de terminer cette édition en visant une place au général, comme lors de l'édition 2002 que vous aviez conclu à la 9ème place ?
"Non. Dans la mesure où mon programme prévoit une participation au Tour de France, il va falloir en garder. Le contexte n'est plus le même qu'en 2002, j'aurai fatalement un autre comportement dans ce Giro."

Les caractéristiques techniques du prologue de Seraing vous ont-elles desservi au vu de votre résultat ce jour à 28 secondes de Paolo Savoldelli ?
"Il faut voir que Savoldelli était intouchable ce jour-là. Laisser un spécialiste comme Bradley McGee à 11 secondes est déjà révélateur en soit. J'ai été un peu juste dans les 300 derniers mètres, c'est là que j'ai concédé un peu de temps. Sans cela je me serais classé dans des temps voisins à Brad."

L'absence de victoire d'étape sur la Vuelta, ratée de quelques centièmes de seconde l'an dernier lors du prologue à Grenade, constitue-t-elle un manque à votre palmarès ?
"Ca laisse un peu amer je le reconnais. J'avais à cœur de remporter une étape sur la Vuelta pour posséder un succès sur les trois grands tours. Je ne suis pas passé loin de la remporter encore ensuite sur l'étape d'Arcalis, où je n'ai été rejoint que dans les derniers kilomètres menant à la station. Et de plus sur un terrain qui n'est pas le mien. De quoi attiser mes regrets doublement j'en conviens."

Pouvez-vous réussir une année aussi pleine que celle réalisée en 2001 ?
"Cela me plairait. J'avais aussi la réussite, il faut dire. Ca trotte dans ma tête."

Une victoire sur Liège-Bastogne-Liège vous fait elle rêver ?
"Bien entendu. Demeurant dans cette ville c'est un rêve. J'aimerais remporter cette épreuve qui reste dans mon esprit. Une Coupe du Monde, même si désormais elle est intégrée comme Pro Tour, c'est énorme dans un palmarès. Et pour moi, elle aurait de par mes origines une valeur décuplée."

L'adjectif de coureur Brabançon est-il préférable pour vous qualifier à celui de coureur Wallon ?
"Je suis natif du Brabant Wallon et j'ai changé de domicile pour m'établir autour de Liège. Les deux qualificatifs s'attachent à moi, quand on sait que je suis originaire de la limite linguistique du pays."

Quelle analyse feriez-vous d'un premier trimestre passé à la Cofidis ?
"Formidable. Je m'y sens très bien. J'espère que cette équipe va recueillir les fruits du travail accompli par tout le staff et les techniciens. J'espère que cette équipe va recueillir la considération qu'elle mérite au regard des moments difficiles qu'elle a traversé."

Propos recueillis par Jean-François Modery le 15 mai 2006.