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Interview de Sonia Huguet

Publié le 17/06/2004 19:54

Interview de Sonia Huguet : "je me contenterais d'un podium au France, faire aussi bien qu'en 2003 sera difficile".
Interview de Sonia Huguet : "je me contenterais d'un podium au France, faire aussi bien qu'en 2003 sera difficile".

Sonia, comment juges-tu ton début de saison ?
"Excellent, je n'en attendais pas tant. La seule petite fausse note c'est la Coupe de France. J'étais leader et je suis 2ème mais évidemment la grande victoire c'est la Flèche Wallonne."

Justement, comment as-tu assuré cette victoire inespérée ?
"C'était le jour où tout s'est bien enchaîné. Déjà en 2003, j'avais fait 18ème et je savais que c'était une course qui me convient très bien. En fait, l'élimination s'est faite par l'arrière. Tout le monde avait tendance à se regarder et j'ai tenté ma chance dans la descente qui mène au mur de Huy. Seule Hanka Kupfernagel a suivi. Elle semblait très forte, mais à 400 mètres, elle a planté et je suis partie seule pour la gagne. Cette course a été typique chez les féminines. Personne ne prenait d'initiatives et la première a le faire l'a emporté."

A l'occasion de la Claudio Chiappucci, tu participais à ta première cyclosportive. Quel est ton sentiment ?
"Le fait de gagner en féminines n'est pas significatif, vu qu'on n'était pas nombreuses. J'ai l'habitude de courir en régionales où les courses sont plus normées. Ici ça roule tout le temps, il n'y a pas de calcul. Celui qui est costaud est devant, on ne peut pas ratonner ! A part ça, j'ai été très bien accueillie, chouchoutée même, l'organisation est vraiment sympa et puis 8ème au scratch, c'est plutôt bien vu que le niveau était relevé."

Nous sommes à deux semaines des championnats de France, où tu défendras ton titre, quel est ton programme d'entraînement ?
"En fait, je fais des micro-cycles de trois jours, par exemple de l'intensité sur trois journées et puis changement de programme. Sinon, je fais environ 400 à 500 kilomètres par semaine."

Comment vois-tu les championnats de France ?
"Franchement, je me contenterais d'un podium, faire aussi bien que l'an dernier, ça sera difficile. Ces championnats ont un double enjeu. D'une part le titre bien sûr, mais aussi et surtout la qualification pour les Jeux. Il y a Magali Le Floc'h, l'éternelle Longo et puis des filles comme Edwige Pitel qui a délaissé le duathlon pour se consacrer à la route. Le parcours est dur, il faudra être en forme pour l'emporter. J'espère simplement que l'enjeu des Jeux ne va pas inhiber les concurrentes. Il ne faudra pas trop de tactique, tout simplement que chacune joue le jeu mais rien n'est sûr."

Entre l'épreuve en ligne et le chrono, que préfères-tu ?
"Il y a trois sélectionnées dont deux qui feront le chrono, seule Jeannie Longo peut prétendre à quelque chose sur le chrono. Quant à moi, je le ferai aussi même si l'épreuve en ligne est ma priorité."

Après les Jeux, quel sera ton programme ?
"Il y a aura les Championnats d'Europe de la police en Autriche puis les Championnats du Monde de Vérone, juste après."

Tu es championne de France et vainqueur de la Flèche Wallonne, et pourtant on ne parle que de Jeannie Longo, quel est ton sentiment?
"Le cyclisme féminin est connu uniquement par elle. C'est spectaculaire de noter qu'une fille de 46 ans peut encore truster les titres comme ça, elle en a le niveau et c'est bien. C'est à nous de prendre sa place, dans la logique, elle devrait aller jusqu'aux Jeux d'Athènes. Après, ce que je déplore, c'est qu'elle soit inaccessible, elle a toujours des rapports de concurrence. Avec Magali Le Floc'h, on est amies en dehors des courses, même si en course, on est rivales. En équipe de France ou aux championnats, elle n'est jamais avec nous, c'est dommage, on pourrait partager son expérience, connaître un peu de son histoire."

Propos recueillis le 12 juin 2004.