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Interview de Stéphane Heulot, manager de Besson Chaussures-Sojasun

Publié le 12/08/2009 18:58

Interview de Stéphane Heulot : "Je suis fier de ce qu'on a construit. Maintenant, on n'a pas envie de s'arrêter en si bon chemin."
Interview de Stéphane Heulot : "Je suis fier de ce qu'on a construit jusqu'à présent. Maintenant, on n'a pas envie de s'arrêter en si bon chemin."

Stéphane, quel est le premier bilan que vous pouvez tirer de ce Tour de l'Ain ? Comment jugez-vous vos coureurs ?
"Je dirai qu'on a une mise en route un peu difficile. On s'est un peu loupé sur la 1ère étape avec Jimmy Casper. Il ne nous a pas fallu grand-chose pour revenir sur les échappés. Hier, il n'y a pas manqué grand-chose pour qu'il passe le grimpeur. On aurait pu miser les deux étapes sur lui. C'est vrai que ce matin, c'était un peu décevant. On a fait un excellent début de saison, les coureurs ont un petit peu de mal à remettre en route. On a les objectifs avec la Coupe de France qui arrivent là dans 15 jours. Je pense qu'on sera déjà à un autre niveau au Tour du Limousin et puis sur cette Classique de Châteauroux."

Définitivement, les coureurs qui passent par le Tour de France partent malgré tout avec un avantage vis-à-vis de ceux qui n'ont fait que des stages ou que des programmes d'entraînement relativement classiques…
"En règle générale effectivement ça procure un avantage. Tout dépend dans quel état de forme on sort du Tour de France. Ca dépend. Ludovic Turpin (Ag2r La Mondiale) qui a gagné ce matin n'a pas disputé le Tour. Je pense qu'il a dû être très appliqué durant son mois de juillet avec un programme adapté comme il le fallait. Je pense qu'on va arriver dans une phase de course où les niveaux vont se refaire par rapport à l'avantage que certains pouvaient avoir en sortant du Tour. Maintenant, cela va vite se niveler."

L'objectif numéro un, c'est forcément la Coupe de France, les échéances vont donc vite arriver d'ici la fin du mois d'août…
"Oui, je dirai que pour nous, les choses sérieuses vont reprendre. On ne va pas courir tous les lièvres à la fois. La Coupe de France reste notre objectif numéro un avec Jimmy Casper. Et puis, forcément je pense d'autres bons comportements qui vont rapidement se manifester. C'est vrai non plus qu'on n'a pas non plus une équipe taillée pour disputer les premiers rôles sur des grands cols. Compte tenu du programme qu'on avait cette année, on l'avait bâti dans ce sens-là. C'est vrai que le Tour du Limousin va déjà plus nous convenir. Et la fin de saison aussi."

La grosse nouvelle pour l'équipe a été l'annonce du partenariat avec le groupe Saur qui remplace le groupe Vivarte en tant que partenaire principal. Est-ce que cela a été une négociation plutôt facile ou difficile ?
"Je n'ai pas de qualificatif. Cela a été d'abord une affaire d'hommes, une affaire de rencontres, une adhésion totale par rapport au projet. Je pense qu'on est en parfaite adéquation avec la Saur comme avec Sojasun. C'est vrai qu'on part sur des perspectives sportives hyper intéressantes. J'espère qu'on aura un avenir brillant comme on a pu débuter cette saison. On doit avant tout penser à la qualité de l'équipe. On savait qu'on allait être discret et qu'on allait travailler. Je dirai que travailler, c'est notre vœu pieux. On n'a pas de grand commentaire à faire. Pour moi, la seule chose qui compte c'est la victoire. A partir de là, on met tous les moyens pour y arriver. Le maître mot chez nous, c'est la performance. On s'applique à mettre tout cela en avant. C'est un vrai travail de fonds, une philosophie collective. Je pense que chaque membre du staff a de vraies responsabilités et en a pris conscience et chacun travaille dans ce sens. Je suis assez fier de ce qu'on a construit jusqu'à présent. Maintenant, on n'a pas envie de s'arrêter en si bon chemin. On va continuer le plus haut possible comme cela."

Sur combien de temps le partenariat a-t-il été établi ?
"On est parti sur un partenariat de trois ans, ce qui est je dirai une durée relativement respectable avec des belles choses à construire. Et j'espère qu'il se poursuivra encore plus longtemps."

Ensuite, forcément vous voulez passer un cap supérieur. L'ambition pour l'année prochaine n'est-t-elle pas de décrocher un grand Tour et bien évidemment le Tour qui nous concerne le plus, le Tour de France ?
"C'est forcément un objectif. Maintenant, je suis concentré sur ce à quoi je peux le plus influencer, à savoir les résultats sportifs. Il faudra qu'on y soit à la hauteur. On va y travailler. Je ne me fais pas de souci là-dessus. On a un challenge par rapport à cela, c'est un vrai objectif. Il est important pour nous de devenir "incontournable" et de gagner une sélection logique. On a tous conscience de cela mais on ne se met pas une pression démentielle par rapport au Tour de France qui, pour nous restera l'objectif numéro un et la plus belle course du monde à disputer. On sait qu'on doit mériter pour y aller et pour cela, on va essayer de convaincre."

De quel ordre votre nouveau partenariat vous fait-il augmenter votre budget ?
"Aujourd'hui, c'est un budget suffisamment conséquent pour les partenaires et suffisant pour nous pour fonctionner. Point barre. Je crois qu'aujourd'hui on a montré que ce n'était pas une question de budget pour que les coureurs soient performants et gagnent. C'est avant tout avoir une vraie dynamique de performances. Si c'était une logique d'argent, je pense qu'on serait très loin au niveau de la comptabilité des podiums. Je crois qu'on a prouvé qu'avec des petits moyens, on a réussi à potentialiser au mieux. On va faire de même. Je ne suis pas à cheval sur les chiffres. J'établis un budget qui correspond à nos besoins, à notre demande. On prendra largement ce qu'on nous a donné par rapport aux résultats qu'on aura."

Dans quelle dynamique allez-vous orienter votre recrutement ?
"D'abord, ce sont des coureurs qui doivent complètement adhérer au projet. Aujourd'hui, il y a des noms qui circulent mais ce n'est pas à moi d'en parler, c'est avant tout aux coureurs. Je pense qu'à l'heure actuelle, l'effectif est clos ou quasiment. Pour ma part, je suis serein par rapport au groupe qu'on a recruté, qui comme le sponsor est en adéquation avec nos objectifs et notre objectif de progression."

Si on fait un premier bilan de cette première partie de saison, qu'est-ce qui vous a manqué comme profil de coureur ?
"Il nous a manqué personne. On sait qu'on avait un programme de course qui était assez restrictif. On sait qu'on n'attaque pas la haute montagne ou très peu, qu'il nous faut plutôt des baroudeurs ou des routiers sprinters. On avait axé notre choix par rapport à cela. Donc, je pense que l'on ne s'est pas trompé. Maintenant, c'est vrai qu'une course à étapes nous manque. On va combler cette lacune progressivement. Mais on savait que c'était un choix réfléchi et qu'on ne pouvait pas tirer tous les lièvres à la fois."

On a souvent parlé de Jean-Christophe Péraud par rapport à votre équipe. Qu'en est t-il ?
"C'est un coureur qui nous a contacté, qui vient d'une expérience très enrichissante parce que le VTT apporte une autre vision du cyclisme qu'on n'a pas forcément sur la route, où parfois on manque d'ouverture. Jean-Christophe montre une belle santé sur la route mais pour l'instant, on est dans une démarche de discussion. Il faut qu'on trouve une parfaite adéquation avec ce qu'il attend du VTT, ce qu'il attend sur la route et si nous, on peut lui proposer une solution correspondant à tout cela."

Votre démarche est-elle toujours de recruter des coureurs qui viennent vers vous et non l'inverse ?
"Parfaitement, je n'ai appelé personne."


Propos recueillis à Saint-Genis-Pouilly le 11 août 2009.