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Interview de Vincent Lavenu (Ag2r Prévoyance)

Publié le 07/07/2004 14:48

Interview de Vincent Lavenu : "champagne et bonne humeur, on ne peut imaginer meilleure entrée en matière."
Interview de Vincent Lavenu : "champagne et bonne humeur, on ne peut imaginer meilleure entrée en matière."

Vincent, quel début de Tour !
"Oui, c'est vraiment une grande, grande satisfaction que de gagner les premières étapes d'autant qu'on n'était pas sûrs de nous, dans la mesure où Jaan est arrivé sur ce Tour de France peut-être un peu à court de condition. On le sentait un peu bougon, pas sûr de lui, pas trop en forme. D'ailleurs, il a fait son plus mauvais prologue depuis très longtemps, on était même un peu inquiets. Je pensais qu'il lui faudrait deux jours pour se débloquer et puis un jour a suffi. Il a pris confiance dans la course, les circonstances ont été favorables. C'es certainement un des plus beaux sprints de Jaan sur tous ceux que je l'ai vu faire. La victoire de Jean-Patrick, ça va lui ôter toute pression quant aux Champs-Elysées, puisque tout le monde lui aurait parlé de celle-là s'il n'avait pas débloqué le compteur avant."

Pour le moral de l'équipe, c'est extraordinaire ?
"Ca se passe toujours bien quand c'est comme ça. Le champagne, la décontraction, la bonne humeur. On ne peut imaginer meilleure entrée en matière."

Tout ça va encore plus libérer les baroudeurs de l'équipe. On pense à Laurent Brochard ou Nicolas Portal.
"Ouais, chaque jour, il y a des tactiques différentes. Il est évident que Petacchi a tellement dominé le sprint mondial depuis 2003 qu'automatiquement la Fassa Bortolo se doit de bloquer la course, mais rouler toute une journée derrière les échappés, c'est trop difficile. A nous d'être attentifs constamment, et les étapes après Cambrai vont être du même type."

Les deux victoires et les places dans les dix premiers à chaque fois montrent que la tactique des deux sprinters est la bonne ?
"Oui, la tactique est toujours bonne quand on gagne. Si on est à côté de la victoire, elle est mauvaise. Il y a toujours plein d'aléas, plein d'événements qui font que ça marche ou pas. En règle générale, je pense que c'est bien d'avoir deux sprinters. Déjà, tout au long de l'année, on a souvent deux fronts. Ensuite, il faut que ces deux sprinters travaillent ensemble, notamment sur le Tour de France. Entre Jean-Patrick et Jaan, ça se passe bien, ce sont deux grands sprinters, qui ont envie de gagner. C'est ce qui caractérise un sprinter, il veut gagner avant tout, mais la coopération se passe très, très bien."

Ce début de Tour atténue-t-il un peu la relative déception de la non admission à l'UCI-ProTour ?
"Ce n'est pas définitif, on n'est pas battus du tout. On va travailler pour pouvoir entrer dans les clous par rapport aux critères qui nous sont demandés. Je crois savoir qu'on n'est pas très loin, on est dans les dossiers qui sont bien ficelés. Il manque un peu d'argent, un peu d'engagement sur la durée également. On va continuer de travailler pour que le dossier soit accepté, car je crois qu'on a des valeurs à défendre. On a une histoire de treize ans d'âge. On a découvert beaucoup de champions, Jaan Kirsipuu, Alexandre Vinokhourov, Christophe Mengin. On paye nos impôts en France, on a une éthique irréprochable, on a plein d'éléments qui rentrent dans le cahier des charges mis en place par l'UCI. Si on n'a pas eu notre diplôme, c'est qu'il manque ces éléments financiers et de durée."

Etes-vous à la recherche d'un co-partenaire à Ag2r ?
"Oui, ça fait déjà deux ans qu'on est en recherche. Ag2r nous permet un partage d'espace du maillot et nous visons un second partenaire. On est en discussions avec d'éventuels partenaires mais tout est ouvert. On souhaite monter le budget pour étoffer l'équipe, prendre une dimension internationale plus importante et arriver à des budgets équivalents à ceux de la FDJeux.com ou du Crédit Agricole. On est en deçà, à ce jour. Le chiffre avancé est de six millions d'euros. Dans les discussions que l'on a avec les entreprises, on parle toujours d'une durée minimale de trois ans, ça permet de construire dans la durée."

Le mois de juillet va être déterminant à tous niveaux.
"Oui, aujourd'hui le cyclisme est une bataille économique, c'est évident. C'est le sport qui doit dominer les débats mais l'arrivée de gros budgets est déterminante pour mener à bien les projets sportifs."

Sur ce marché, il y a concurrence entre les projets. D'un côté Ag2r, et de l'autre le futur de la Boulangère...
"Non, je ne raisonne pas comme ça. D'après ce que j'ai pu comprendre, il y aurait la place pour cinq équipes françaises à l'UCI-ProTour. Je crois que Jean-René Bernaudeau défend des valeurs très fortes, avec une plus grande ambition dans la recherche de budgets (NDLR : sept millions d'euros). Je souhaite avoir un budget qui me permette l'accession à cet UCI-ProTour et continuer notre philosophie. Chez Ag2r, on a la qualité pour découvrir de jeunes talents, on l'a montré, et je souhaite continuer comme ça, c'est ce qui est le plus gratifiant."

Propos recueillis le 7 juillet 2004.

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