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Interview d'Eric Bouvat, médecin d'Ag2r La Mondiale

Publié le 03/09/2009 14:49

Interview d'Eric Bouvat : "un médecin doit avoir des compétences pour s'occuper de la santé d'une équipe cycliste."
Interview d'Eric Bouvat : "un médecin doit avoir des compétences pour s'occuper d'une équipe cycliste et de la santé des coureurs."

Chaque mois depuis le début de l'année, Vélo 101 va à la rencontre d'un acteur de l'ombre. Après Julien Jurdie (directeur sportif), Thierry Viaene (mécanicien), Vincent Villérius (entraîneur), Michel Gros (agent de coureurs), Xavier Nési (planificateur d'entraînements), Sylvie Troka (kiné), Luc Bousseau (chef cuisinier) et Pascal Bourcier chauffeur de bus), nous rencontrons ce mois-ci Eric Bouvat. Médecin à l'hôpital de Grenoble, il est également le docteur de l'équipe Ag2r La Mondiale, une fonction qu'il exerce depuis la création de l'équipe en 1999.

Eric, comment êtes-vous arrivé au poste de médecin de l'équipe Ag2r La Mondiale ?
"J'ai toujours exercé auprès des équipes de Vincent Lavenu. Au
tout départ avec Chazal en 1995, Petit Casino en 1996. Et puis après une toute petite période d'arrêt, j'ai repris entre 1999 et 2009 avec l'équipe Ag2r La Mondiale. Nous avons couru ensemble avec Vincent Lavenu lorsque nous étions Minimes-Cadets. J'ai couru jusqu'en Juniors, puis j'ai fait mes études. J'ai fait du ski, du rugby. J'ai été médecin de l'équipe de France d'athlétisme pendant une bonne quinzaine d'années. Maintenant, je m'occupe du cyclisme avec Vincent."

Votre relation avec l'équipe Ag2r La Mondiale s'est donc faite avant tout via le sport ?
"Effectivement, je suis venu exercer auprès de cette équipe par passion pour ce sport. Une amitié nous lie avec Vincent depuis maintenant trente-cinq ans. Le travail ensemble, c'est quasiment du plaisir. Du point de vue de ma vision éthique des choses, il n'y a absolument aucun décalage dans l'équipe Ag2r La Mondiale. Je peux travailler simplement, sans pression, et avec le maximum d'efficacité."

Dans le cyclisme, de nombreux domaines médicaux sont sollicités comme les kinés, les soigneurs, où vous situez-vous vis-à-vis de toutes ces opérations ?
"A la différence des autres médecins, j'ai commencé par la kinésithérapie. J'ai été médecin du sport, je suis moniteur de ski et ostéopathe. En ayant touché à tous ces métiers, je peux me mettre à la place des autres disciplines médicales et paramédicales. Tout s'agence très facilement, le tout étant que chacun fasse son travail. Il n'y a pas de consignes à donner, seulement des discussions pour arriver au bon résultat."

La notion d'éthique a été beaucoup évoquée ces dix dernières années, comment percevez-vous votre rôle par rapport à cette image ?
"Je ne le perçois pas d'une façon particulière car je n'ai jamais changé ma ligne de conduite depuis que j'ai commencé la médecine. J'ai d'abord été kiné de terrain puis médecin dans un CHU. Je ne m'occupe que des problèmes médicaux, je fais en sorte que les gens soient en bonne santé. J'ai toujours pratiqué ainsi, ça me paraît complètement évident. Je ne me soucie pas d'autre chose. A partir du moment où l'on se met à dériver pour garder une place au soleil, on ne fait plus de médecine. Mon soleil, c'est de faire de la médecine et de la faire comme il faut. Quel que soit le niveau des coureurs, la problématique médicale est la même."

Vous avez notamment vécu l'arrivée de Francisco Mancebo dans l'équipe avec Vincent Lavenu en 2006, vous est-il arrivé d'évoquer l'idée de quitter le groupe ?
"Il y a quelques années, nous avions moins d'éléments pour juger les coureurs qui arrivaient dans l'équipe. Depuis l'affaire Mancebo, nous avons de nouvelles règles. Je reçois d'abord le dossier médical avant de donner mon feu vert à Vincent Lavenu pour qu'il accorde à un coureur l'entrée dans l'équipe. Nous avons d'ailleurs refusé des coureurs dont les bilans, sans parler de dopage, ne nous satisfaisaient pas. Quand Mancebo est arrivé dans l'équipe, je n'étais pas un policier. Je ne pouvais pas avoir d'éléments pour me douter du dopage. J'avais des éléments pour savoir s'il était en bonne ou en mauvaise santé. Je ne pouvais pas dire qu'il se dopait."

Que penseriez-vous de l'arrivée de médecins indépendants pour piloter les équipes ?
"Je dirais à ces médecins-là de faire la médecine comme on la fait tous les jours. Les cyclistes sont mes patients, et je n'ai pas besoin de médecins indépendants pour m'occuper de leur santé. Pour s'occuper d'une équipe cycliste, il faut avoir un certain CV. On ne fait pas le Tour de France en tant que médecin après avoir suivi des coureurs sur trois courses de troisième catégorie. Les coureurs qui font le Tour ont un cursus cycliste qui leur permet d'arriver à pareil niveau. C'est identique pour les médecins. Il faut avoir des compétences pour s'occuper d'une équipe cycliste. Ce ne sont pas des médecins nouveaux qui lutteront contre le dopage. Ce n'est pas leur rôle. Nous sommes là pour s'occuper de la santé des gens et les médecins des équipes sont suffisamment compétents pour cela."

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