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Journal de bord de Médéric Clain (Cofidis) sur Paris-Nice #4

Publié le 13/03/2003 20:57

Journal de bord de Médéric Clain (Cofidis) sur Paris-Nice : "ce matin on s'est dit qu'il fallait repartir pour Andreï".
Journal de bord de Médéric Clain (Cofidis) sur Paris-Nice : "ce matin on s'est dit qu'il fallait repartir pour Andreï".


© Cofidis
Suivez le journal de bord de Médéric Clain tout au long du 61ème Paris-Nice. Le Néo-Calédonien nous donne ses impressions sur la course et nous dévoile les coulisses de l'équipe Cofidis.

Médéric, comment s'est passée cette journée de contre-la-montre ?
"C'était une journée difficile, la journée chrono. Même si c'était très dur, ce matin on s'est dit qu'il fallait repartir pour Andreï. Marek (NDLR : Rutkiewicz), Philippe (NDLR : Gaumont), et Nico (NDLR : Mattan) ont essayé de faire le chrono à bloc, demain
ce sera à notre tour d'animer la course. On va se vider, se lâcher, même si c'est dur, car on a toujours une petite pensée pour notre co-équipier. David (NDLR : Moncoutié), même s'il a une allergie, va aussi essayer mais on sait qu'au pied du Faron, Andréï va nous manquer, le Faron ça lui réussissait bien."

Retour sur la journée d'hier :
"La dernière ligne droite a été terrible, c'était froid, impersonnel. On est partis en essayant de ne plus penser au drame, de relever la tête. Le choc a été terrible, c'est seulement quelques minutes avant le départ que nous avons appris le décès, ça a été un coup de massue. C'est certain qu'avant la fin de Paris-Nice, on va essayer de faire quelquechose, je ne sais pas si toute l'équipe a la tête à la course mais on va tenter. Bizarement, hier on était très fatigués, on avait tous un peu craqué. Devant les médias, on a essayé de sauver la face, mais au niveau musculaire, un tel stress se ressent."

Comment s'est prise la décision de continuer la course ?
"Ce fut l'unanimité, on s'est tous concertés, il y a eu osmose, tout le monde était d'accord. Andreï l'aurait souhaité, il fallait remonter sur le vélo, Andreï l'aurait fait alors on devait y aller. Sinon, on aurait pleuré dans les voitures, seuls, il fallait rouler toute la course."

Votre premier Paris-Nice :
"Paris-Nice, c'est pour moi l'image de la course au soleil et la joie. Mais c'est vrai que je n'en garde pas un super souvenir jusqu'à maintenant. On est arrivés très confiants, en plus la victoire de Nico nous a bousté, et puis là, tout s'est écroulé."

La course du jour :
"Philippe et Nico étaient très motivés mais peut-être que tout n'a pas suivi comme souhaité. De toute façon, Dario Frigo était très fort."

Le débat sur le port du casque :
"Sur cette chute-là, les lésions auraient été moins graves. Je suis d'accord sur le port obligatoire du casque sauf dans le cas des arrivées au sommet. Dans ce cas, les coureurs pourraient l'ôter dans la dernière ascension. C'est vrai que les sensations sont différentes avec le casque mais en Belgique, c'est obligatoire et on l'accepte. Là-bas, on ne se pose pas la question car ça peut sauver des vies. La question va être soulevée à l'UCI. En 1991, les coureurs étaient contre mais ça doit évoluer. Chez les jeunes et les amateurs, c'est une obligation, il faut la renforcer et même lors des entraînements. Pour les pros, c'est vrai que c'est plus difficile. Andreï portait rarement le casque, seulement en cas de pluie."

Propos recueillis le 13 mars 2003.

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