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Journal de bord de Médéric Clain : préambule

Publié le 02/07/2003 00:05

Journal de bord de Médéric Clain : "faire le Tour, c'est un rêve de gosse qui se réalise. Il n'y a pas plus beau."
Journal de bord de Médéric Clain : "faire le Tour, c'est un rêve de gosse qui se réalise. Il n'y a pas plus beau."

Médéric, comment jugez-vous votre début de saison ?
"J'ai fait un début de saison convenable mais pas non plus à la hauteur de mes espérances puisque je pensais vraiment concrétiser des résultats suite à la Vuelta. J'ai surtout fait mon travail d'équipier. C'est un travail dans l'ombre qu'on ne voit pas forcément en terme de résultat. Mais j'ai fait aussi de plus belles prestations que l'année dernière. J'ai participé à des manches de Coupe du Monde et même si je n'ai fait que 50ème de l'Amstel Gold Race et 58ème de Liège-Bastogne-Liège, j'en suis aussi satisfait que mes places de 6 et 7 au Tour de Vendée et à Paris-Camembert l'année dernière. Mes employeurs ont été contents de moi. C'est pour cela qu'ils m'ont sélectionné pour le Tour de France. A moi de faire voir sur le Tour de quoi je suis capable."

Justement, vous attendiez-vous à cette sélection pour le Tour ?
"J'ai travaillé tout le temps pour ne pas avoir de regret. J'ai fait du mieux possible tout en sachant que ce n'était pas moi qui décidait. Et finalement, le manager de l'équipe Alain Bondue m'a annoncé que je faisais le Tour de France, ce qui m'a permis d'aborder différemment les dernières semaines pour pouvoir être bien en juillet."

Pensez-vous que le fait d'avoir fini la Vuelta l'an passé ait pesé en faveur de votre sélection ?
"Je pense qu'on ne peut pas commencer sur le Tour sans passer au préalable par un autre grand tour pour faire ses gammes. Le Tour d'Espagne, c'est l'idéal puisque en tant que Français, on n'a pas de grosse pression médiatique. J'ai fait voir ce que j'étais capable de faire sur la Vuelta, on verra si je parviens à faire un petit quelque chose sur le Tour de France..."

Comme porter le maillot de meilleur grimpeur au cours de la première semaine, exactement comme vous l'aviez fait sur la Vuelta ?
"L'objectif principal, c'est d'abord de faire mon travail d'équipier. Il ne faut pas non plus que je marche sur la plate-bande des autres. Sur la Vuelta, le maillot de meilleur grimpeur m'est tombé sur les épaules comme ça. J'ai pris le maillot après une échappée et je l'ai logiquement défendu, mais sans jamais entraver l'objectif majeur de l'équipe. Les buts personnels arriveront en second lieu."

Vous aurez purement et simplement un rôle d'équipier sur le Tour.
"Tout à fait. Maintenant, s'il y a des opportunités, à moi de les saisir comme à la Vuelta."

Que représente le Tour du Centenaire pour vous ?
"Faire un Tour, c'est un rêve. Celui du Centenaire, c'est la cerise sur le gâteau. Pour mon premier Tour, je ne me mets pas du tout la pression. J'y vais serein et je verrai au jour le jour. L'année dernière, j'ai tourné les pages du livre de la Vuelta les unes après les autres et c'est ce que je vais faire sur le Tour. Par rapport au Centenaire, j'imagine qu'il va falloir canaliser car il y aura beaucoup de manifestations autour de cet événement. Et en tant que cycliste, si on se disperse et qu'on oublie de récupérer, on perd des forces bêtement. J'essaierai de regarder comme si j'étais devant la télé mais il faudra que je garde en tête que je suis d'abord coureur sur ce Tour."

Ce Tour est votre premier. Que ressentez-vous ?
"J'ai l'impression de me revoir minime-cadet et de revoir les pros à la télé. Je me dis que je vais enfin être dans le peloton. C'est un rêve de gosse qui se réalise, tout simplement. Il n'y a pas plus beau dans une carrière. Maintenant, le faire c'est bien, bien y figurer c'est autre chose."

Quel est le programme des quelques jours précédant le départ du Tour de France ?
"Tranquille ! Il faut faire comme d'habitude, ne rien changer. Je vais allez rouler, je vais dormir. Profiter de ma fille et de ma femme. Après on arrivera au Tour. Même s'il est différent des autres courses, le Tour de France doit être préparé normalement. Si on se met trop de pression, on finit pas faire n'importe quoi. Une fois parti, il faudra tout faire pour ne rien regretter par la suite. C'est ce que j'ai fait jusqu'à présent."

Vous ne suivrez donc pas d'entraînement spécifique ?
"Non, il n'y a maintenant plus qu'à s'entretenir avec des petites sorties de deux-trois heures étant donné que j'ai fait le Dauphiné-Libéré et la Route du Sud et que j'ai reconnu le contre-la-montre par équipes avec Cofidis. Le départ du Tour va venir très vite."

Qui voyez-vous sur le podium du Tour?
"Le pronostic pour la 2ème place est dur. Celui pour la 1re, tout le monde s'y attend : Armstrong forcément."

Chaque soir sur Vélo 101, vous nous livrerez votre journal de bord. Qu'en attendez-vous ?
"Qu'il soit aussi sympa que celui de Paris-Nice."

Propos recueillis le 29 juin 2003.