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Milan-San Remo : Cipollini au bout de ses rêves

Publié le 23/03/2002 17:38

C’était le rêve de sa vie. A 35 ans, Mario Cipollini s’impose dans Milan-San Remo devant Rodriguez et Zberg.
C’était le rêve de sa vie. A 35 ans, Mario Cipollini s’impose dans Milan-San Remo devant Rodriguez et Zberg.


© Acqua e Sapone
Six ans après la dernière victoire italienne, la dernière arrivée en solitaire aussi, un sprint a donc de nouveau conclu la 93ème édition de Milan-San Remo. Mais pour la première fois, le sprinter vainqueur ne s’appelle pas Erik Zabel. Le peloton était impressionnant au départ de Milan, Via della Chiesa Rossa, où cent quatre-vingt-seize coureurs attendaient le coup de pistolet. Seul absent, l’Italien Fabrizio Guidi (Team Coast) représentait un adversaire en moins pour les sprinters. A 9h30, le drapeau s’abaissait et les vingt-cinq équipes se lançaient sous un soleil printanier à la conquête de la Primavera.

Bien entendu, personne n’ouvrait les hostilités dès les premiers kilomètres, la course étant suffisamment longue pour cela. Le peloton roulait donc sans heurts pendant cent-vingt-cinq kilomètres, à une vitesse relativement élevée (42 km/h), démontrant bien la nervosité qu’il régnait. Fort heureusement, aucune chute n’était à
dénombrer. La tension se faisait davantage sentir en approchant du Bric Berton, première difficulté de la journée, point culminant de la course avec ses 773 mètres d’altitude. Etrange hasard, le Bric Berton était placé exactement à mi-parcours. Au sommet, le peloton avait déjà parcouru 143,5 km. Il lui en restait le double.

Vingt kilomètres avant d’arriver au sommet, une première échappée avait vu le jour, à la suite d’une attaque d’Abraham Olano (ONCE-Eroski). Plusieurs coureurs s’étaient joints à l’Espagnol pour animer la seconde partie de Milan-San Remo. On retrouvait d’abord l’Allemand Torsten Schmidt (Gerolsteiner), l’Ukrainien Vladimir Duma (Panaria-Fiordo) et le Tchèque René Andrle (ONCE-Eroski), puis, un peu plus tard, l’Espagnol Iñigo Cuesta (Cofidis), le Hongrois Lazlo Bodrogi (Mapei-Quick Step) et le Slovène Martin Hvastija (Alessio).

Sept coureurs dans l'échappée matinale

Sept coureurs composaient donc l’échappée que l’on qualifierait plus tard de "matinale". Comme toujours dans une course telle que Milan-San Remo, la première échappée de la journée était vouée à l’échec. Andrle, Bodrogi, Cuesta, Duma, Hvastija, Olano et Schmidt restaient à l’avant pendant plusieurs kilomètres, traversant en tête les capi Mele, Cervo et Berta, mais ne parvenant pas à prendre plus de 4’30" à un peloton conduit par les Saeco-Longoni Sport, les Telekom et les Acqua e Sapone.

Au fur et à mesure que le peloton approchait du final de l’épreuve, la tension montait et les jambes se faisaient lourdes pour les sept échappés. Sur les bords de la Méditerranée, la Cipressa pointant son nez, Bodrogi et Schmidt se relevaient les premiers. Les Rabobank prenaient la poursuite à leur compte et ramenaient finalement le peloton sur des coureurs échappés depuis 130 km.

La course devenait extrêmement nerveuse et la chute tant redoutée au départ se produisit soudain. Malheur ! Quatre des favoris étaient à terre : Robbie McEwen (Lotto-Adecco), Danilo Di Luca (Saeco-Longoni Sport), Erik Dekker (Rabobank) et surtout Erik Zabel (Telekom) ! A 35 km de San Remo, la course était en train de basculer. Le peloton était scindé en plusieurs groupes. Di Luca et Dekker étaient les plus touchés et restaient de longues minutes à terre. Ils tiraient dramatiquement un trait sur Milan-San Remo. Pour leur part, Zabel et McEwen reprenaient leurs esprits et engageaient la poursuite derrière le premier peloton, composé d’une cinquantaine de coureurs. Celui-ci entrait dans la Cipressa.

Paolo Bettini et Giulinao Figueras sortent dans le Poggio

C'est à cet endroit que Paolo Bettini (Mapei-Quick Step) décidait de placer son accélération. Il ne surprenait personne et ne parvenait qu'à étirer le peloton. A son tour, Andrei Kivilev (Cofidis) passait à l'action. Bien posé sur sa machine, le Kazakh se frayait un passage au milieu d'un peloton de motos et profitait d'un instant de flottement à l'avant du peloton pour creuser l'écart. Mais le peloton se réorganisait et revenait sur Kivilev juste après son passage en tête au sommet de la Cipressa.

Plusieurs tentatives étaient à noter sur la route menant au Poggio : celles de Mirko Celestino (Saeco-Longoni Sport), de Michele Bartoli (Fassa Bortolo), d'Unai Etxebarria (Euskaltel-Euskadi), de Juan Antonio Flecha (iBanesto.com), d'Andrea Peron (CSC-Tiscali), de Mauro Radaelli (Tacconi Sport), d’Alexandre Vinokourov (Telekom) et de Samuel Sanchez (Euskaltel-Euskadi).

A chaque fois, le peloton revenait et c’est groupé qu’il entamait l’ascension du Poggio. A mi-pente, Paolo Bettini refaisait son apparition et attaquait violemment, seulement contré par Giuliano Figueras (Panaria-Fiordo). Les deux hommes unissaient leurs effort dans la descente du Poggio, une dizaine de secondes avant le peloton. En tête de ce dernier, les Acqua e Sapone assuraient la poursuite. Erik Zabel n’était pas parvenu à réintégrer le groupe de tête. Mario Cipollini voyait là son rêve sur le point de s’exaucer.

Mario Cipollini triomphe royalement

Quelques mètres après le passage sous la flamme rouge, Paolo Bettini et Giuliano Figueras étaient rejoints par le peloton. Une nouvelle fois, Milan-San Remo allait se disputer au sprint. Les Acqua e Sapone étaient impressionnants et menaient à vive allure le peloton de tête. Oscar Freire (Mapei-Quick Step) semblait être le principal adversaire de Mario Cipollini dans ce sprint. Mais Cipollini avait confiance en lui et ne se souciait pas de ses adversaires.

Le Roi Lion, âgé de 35 ans depuis hier, réalisait le sprint de sa vie, celui qu’il avait maintes et maintes fois imaginé dans ses rêves. Il lançait le sprint de loin, personne n’étant capable d’accrocher sa roue. Sur la ligne, ses adversaires étaient loin derrière. Il se relevait royalement et franchissait la ligne d’arrivée les bras bien tendus vers le ciel bleu de San Remo. De ses cent cinquante victoires, Milan-San Remo parvenait en haut du classement du Roi Lion.

Derrière, Fred Rodriguez (Domo-Farm Frites) et Markus Zberg (Rabobank) assistaient, impuissants, au triomphe de Mario Cipollini. Jo Planckaert terminait quatrième et Oscar Freire cinquième. Grâce à sa victoire, Mario Cipollini s’emparait de la tête du classement de la Coupe du Monde.

Classement :

1. Mario Cipollini (ITA, Acqua e Sapone) les 287 km en 6h39’29" (43,1 km/h)
2. Fred Rodriguez (USA, Domo-Farm Frites) m.t.
3. Markus Zberg (SUI, Rabobank) m.t.
4. Jo Planckaert (BEL, Cofidis) m.t.
5. Oscar Freire (ESP, Mapei-Quick Step) m.t.
6. Tomas Konecny (RTC, Domo-Farm Frites) m.t.
7. Andrei Tchmil (BEL, Lotto-Adecco) m.t.
8. Jan Svorada (RTC, LAmpre-Daikin) m.t.
9. Paolo Bossoni (ITA, Tacconi Sport) m.t.
10. Mario Manzoni (ITA, Index-Alexia Alluminio) m.t.

Classement Coupe du Monde # 1 :

1. Mario Cipollini (ITA, Acqua e Sapone) 100 pts
2. Fred Rodriguez (USA, Domo-Farm Frites) 70 pts
3. Markus Zberg (SUI, Rabobank) 50 pts
4. Jo Planckaert (BEL, Cofidis) 40 pts
5. Oscar Freire (ESP, Mapei-Quick Step) 36 pts
6. Tomas Konecny (RTC, Domo-Farm Frites) 32 pts
7. Andrei Tchmil (BEL, Lotto-Adecco) 28 pts
8. Jan Svorada (RTC, LAmpre-Daikin) 24 pts
9. Paolo Bossoni (ITA, Tacconi Sport) 20 pts
10. Mario Manzoni (ITA, Index-Alexia Alluminio) 16 pts