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Paris-Nice # 6 : Frigo jette un froid

Publié le 16/03/2002 16:34

L'étape du col d'Eze, sur Paris-Nice, revient à Dario Frigo. Jalabert défaille et Vinokourov assomme la course.
L'étape du col d'Eze, sur Paris-Nice, revient à Dario Frigo. Jalabert défaille et Vinokourov assomme la course.

La dernière étape de montagne de Paris-Nice nous a donc apporté toutes ses promesses. Au départ de Saint-Raphaël, cinq secondes séparaient Laurent Jalabert (CSC-Tiscali), vainqueur d'étape à Saint-Etienne, d'Alexandre Vinokourov (Telekom), vainqueur d'étape au Mont Faron. Autant dire que cette avant-dernière étape, avec arrivée au col d'Eze, là où se disputait auparavant le contre-la-montre individuel de Paris-Nice, promettait de nous donner un grand spectacle, une belle bataille entre ceux qui s'étaient déjà affrontés sur le dernier Tour du Haut-Var (victoire de Jalabert devant Vinokourov, son compagnon d'échappée).

Dès le départ, Laurent Jalabert, vêtu du maillot vert du classement par points, se glissait dans le sillage d'Alexandre Vinokourov, vêtu du maillot jaune et blanc du leader du classement général. La pression était énorme, tant pour l'un que pour l'autre, et ce jeu du chat et de la souris favorisait une échappée matinale, composée de cinq garçons : Dave Bruylandts (Domo-Farm Frites), Alexandre Botcharov (Ag2r Prévoyance), Christophe Charrière (Phonak), Unaï Etxebarria (Euskaltel-Euskadi) et Vladimir Miholjevic (Alessio).

Les cinq hommes de tête se relayaient efficacement pour compter encore deux minutes d'avance sur le peloton au pied du col d'Eze, véritable juge de paix d'une "course au soleil" marquée par les nuages et le vent aujourd'hui. C'est à ce moment-là, dès les premières rampes, soit à dix kilomètres de l'arrivée, que Dario Frigo (Tacconi Sport) décidait de placer une mine. Les suiveurs de Paris-Nice n'allaient plus tarder à être fixés sur la forme de Vinokourov et de Jalabert. Alors que l'échappée matinale était sur le point d'être rejointe, Dave Bruylandts poursuivant seul son effort en tête, Alexandre Vinokourov prit soudain la course en main.

Le Kazakh se lança à la poursuite de Dario Frigo, faisant craquer son adversaire Laurent Jalabert. Le Mazamétain vivait là un moment douloureux dans sa carrière. Littéralement collé au goudron, il voyait le groupe Vinokourov disparaître dans le brouillard, loin devant lui. Jaja était victime d'une défaillance, confirmant ce qu'il ne cessait d'affirmer ces derniers jours : "je ne suis pas encore à mon meilleur niveau. Aujourd'hui, je n'avais pas les jambes. Je n'avais vraiment pas les moyens de faire la différence sur une ascension comme le col d'Eze. Au contraire, j'en ai plutôt bavé".

Très fort, à l'inverse, Vinokourov relançait pour distancer définitivement Laurent Jalabert et Didier Rous (Bonjour), lui aussi à la dérive et retardé par une chute. Mais Alexandre Vinokourov ne pouvait revenir sur Dario Frigo, impressionnant de facilité, qui fondait sur Dave Bruylandts à deux kilomètres du sommet pour aller chercher la victoire d'étape, jetant un froid sur Paris-Nice. Après une suspension de neuf mois pour possession de produits dopants, l'Italien sortait d'une compétition aussi difficile que la "course au soleil" avec une forme éblouissante.

Tout de même essoufflé, au sommet, il racontait à quel point la compétition lui avait manqué, ces deniers mois ; il expliquait comment il s'était entraîné, faisant de chaque sortie une sorte de course, s'inventant des adversaires virtuels pour se motiver. Bref, Dario Frigo essayait de justifier une condition physique exceptionnelle, laissant planer le doute dans un sport où exploit et dopage sont malheureusement souvent associés. En attendant, le retour fracassant de l'Italien était remarquable.

Quarante-deux secondes après son arrivée, le groupe Vinokourov franchissait la ligne, et c'est avec un immense bonheur que l'on y retrouvait la grande révélation française de la semaine : Sandy Casar (La Française des Jeux). Le parisien de 23 ans était parvenu à revenir sur le groupe Vinokourov dans les derniers kilomètres d'ascension, gagnant ainsi la deuxième place du podium, duquel sortait Laurent Jalabert, parvenu au sommet du col d'Eze avec un retard de 1'35" sur Frigo, soit de 53 secondes sur Vinokourov.

Demain, la septième et dernière étape, Nice-Nice (157 km), constituera une formalité pour Alexandre Vinokourov, en passe de s'adjuger le 60ème Paris-Nice. Au terme du traditionnel circuit sur la Promenade des Anglais, les sprinters devraient s'affronter une dernière fois tandis que Vinokourov, Casar et Kivilev devraient monter sur le podium final.

Classement 6ème étape :

1. Dario Frigo (ITA, Tacconi Sport) les 175 km en 4h46'16" (36,7 km/h)
2. Cadel Evans (AUS, Mapei-Quick Step) à 15 sec.
3. Samuel Sanchez (ESP, Euskaltel-Euskadi) à 22 sec.
4. Iñigo Cuesta (ESP, Cofidis) à 33 sec.
5. Dave Bruylandts (BEL, Domo-Farm Frites) m.t.
6. Joaquim Rodriguez (ESP, ONCE-Eroski) à 42 sec.
7. Aïtor Garmendia (ESP, Team Coast) m.t.
8. Sandy Casar (FRA, La Française des Jeux) m.t.
9. Ivan Basso (ITA, Fassa Bortolo) m.t.
10. Andreï Kivilev (KAZ, Cofidis) m.t.

Classement général :

1. Alexandre Vinokourov (KAZ, Telekom) en 17h33'23"
2. Sandy Casar (FRA, La Française des Jeux) à 55 sec.
3. Andreï Kivilev (KAZ, Cofidis) à 59 sec.
4. Laurent Jalabert (FRA, CSC-Tiscali) m.t.
5. Aïtor Garmendia (ESP, Team Coast) à 1'23"
6. Jens Voigt (ALL, Crédit Agricole) à 1'38"
7. Didier Rous (FRA, Bonjour) à 1'40"
8. Dario Frigo (ITA, Tacconi Sport) à 1'44"
9. Mario Aerts (BEL, Lotto-Adecco) m.t.
10. Cadel Evans (AUS, Mapei-Quick Step) à 2'17"