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Paris-Nice : Vinokourov poursuit sa conquête

Publié le 17/03/2002 17:59

Alexandre Vinokourov remporte le soixantième Paris-Nice. La dernière étape revient à Robbie McEwen.
Alexandre Vinokourov remporte le soixantième Paris-Nice. La dernière étape revient à Robbie McEwen.

Personne ne sera donc parvenu à devancer Alexandre Vinokourov (Telekom), Kazakh de 28 ans passé professionnel en 1998 au sein de l’équipe Casino de Vincent Lavenu, après avoir effectué ses classes à l’EC Saint-Etienne-Loire. Révélé dès ses débuts professionnels par un triplé Circuit des Mines-Quatre Jours de Dunkerque-Tour de l’Oise, Vinokourov n’a semble-t-il jamais eu vraiment le temps de mûrir. Passé peut-être trop vite sous le feu des projecteurs, les médias en ont rapidement fait un grand champion. Une pression qui aurait pu lui nuire mais qu’il a su gérer parfaitement.

Sans réaliser véritablement les exploits que l’on attendait de lui, Vino s’est forgé discrètement un fort joli palmarès, qui passerait presque inaperçu aux yeux de certains. Pour mémoire, le Kazakh est donc vainqueur du Tour de Valence, du Critérium du Dauphiné-Libéré et de deux étapes du GP du Midi-Libre en 1999, d’une étape du Tour d’Espagne et de la médaille d’argent des Jeux Olympiques de Sydney en 2000, du Tour d’Allemagne et d’une étape du Tour de Suisse en 2001. Un palmarès tout de même impressionnant pour un coureur qui atteint tout juste la maturité dans un sport mal considéré dans son pays. Saison après saison, Vinokourov inscrit donc de nouvelles références à son palmarès fort de dix-neuf victoires. Mais la Telekom de Jan Ullrich et d’Erik Zabel constitue-t-elle la meilleure manière, pour Vino, de s’illustrer ?

La semaine qui vient de s’écouler, entre Issy-les-Moulineaux et Nice, lui a en tout cas permis de bénéficier de l’aide de ses équipiers, et ce malgré la présence au départ d’Andreas Klöden, un autre Telekom vainqueur de Paris-Nice, il y a deux ans. Mais avec Ullrich et Zabel en plus, les choses auraient sans doute été différentes. En attendant, les équipiers de Vinokourov se sont entièrement dévoués aux fins de leur leader. Aujourd’hui encore, avec cette étape Nice-Nice, longue de 157 km et traversant les cols de Vence et du Gourdon.

D’entrée, cinq coureurs se démarquaient des autres : Ivan Basso et Kim Kirchen (Fassa Bortolo), Vladimir Miholjevic (Alessio), Iñigo Cuesta (BigMat-Auber 93) et José Azevedo (ONCE-Eroski) formaient une échappée dans le col de Vence (1re catégorie), soit 30 km après le départ. Ils franchissaient ensemble le col du Gourdon (2ème catégorie) et parvenaient en tête sur le circuit final, le long de la Promenade des Anglais.

Sept tours de sept kilomètres étaient à couvrir et le peloton se rapprochait sous la minute, emmené par les Telekom de Vinokourov, justement, et les Mapei-Quick Step de Tom Steels. Basso, Kirchen, Miholjevic, Cuesta et Azevedo conservaient une vingtaine de secondes d’avance pendant les quatre premiers tours de circuit, avant de se faire reprendre à 22 km de l’arrivée et après une centaine de kilomètres d’échappée.

A deux tours de l’arrivée, Laurent Jalabert (CSC-Tiscali) gagnait sa place sur le podium en empochant quatre secondes dans le dernier sprint bonifications de Paris-Nice. Les équipes de sprinters prenaient ensuite le contrôle de la course pour mener leur leader jusque dans la dernière ligne droite. Deux faits marquaient le dernier tour de circuit : une chute sans gravité de Laurent Jalabert, qui regagnait très vite le peloton, et une tentative d’échappée de Christophe Oriol (Ag2r Prévoyance) puis de Sylvain Chavanel (Bonjour), très vite neutralisés.

Les Fassa Bortolo préparaient le sprint pour Alessandro Petacchi, déjà vainqueur à deux reprises cette semaine, mais c’est Robbie McEwen (Lotto-Adecco), lui aussi vainqueur d’étape, qui venait souffler la victoire à Tom Steels (Mapei-Quick Step) sur la Promenade des Anglais. Vinokourov recevait les honneurs de même que le brillant Sandy Casar (La Française des Jeux), dont on reparlera, et que Laurent Jalabert : un podium de classe. Vinokourov poursuit ainsi sa conquête des grandes courses par étapes françaises. Après les Quatre Jours de Dunkerque, le Dauphiné Libéré et maintenant Paris-Nice, on peut considérer que seuls le Grand Prix du Midi-Libre et le Tour de France (qu’il a terminé 15ème en 2000 et 16ème en 2001) manquent à sa collection. A suivre.

Classement 7ème étape :

1. Robbie McEwen (AUS, Lotto-Adecco) les 157 km en 3h38’30" (43,1 km/h)
2. Tom Steels (BEL, Mapei-Quick Step) m.t.
3. Baden Cooke (AUS, La Française des Jeux) m.t.
4. Andy Flickinger (FRA, Ag2r Prévoyance) m.t.
5. François Simon (FRA, Bonjour) m.t.
6. Max van Heeswijk (HOL, Domo-Farm Frites) m.t.
7. Alessandro Petacchi (ITA, Fassa Bortolo) m.t.
8. Nico Mattan (BEL, Cofidis) m.t.
9. Paolo Bossoni (ITA, Tacconi Sport) m.t.
10. Cristian Moreni (ITA, Alessio) m.t.

Classement général final :

1. Alexandre Vinokourov (KAZ, Telekom) en 30h39’27"
2. Sandy Casar (FRA, La Française des Jeux) à 55 sec.
3. Laurent Jalabert (FRA, CSC-Tuscali) à 57 sec.
4. Andreï Kivilev (KAZ, Cofidis) à 59 sec.
5. Aïtor Garmendia (ESP, Team Coast) à 1’23"
6. Jens Voigt (ALL, Crédit Agricole) à 1’38"
7. Didier Rous (FRA, Bonjour) à 1’40"
8. Dario Frigo (ITA, Tacconi Sport) à 1’44"
9. Mario Aerts (BEL, Lotto-Adecco) m.t.
10. Cadel Evans (AUS, Mapei-Quick Step) à 2’17"

Classement de la montagne : Vladimir Miholjevic (Alessio)
Classement par points : Alessandro Petacchi (ITA, Fassa Bortolo)
Classement par équipes : Cofidis (FRA)
Classement du meilleur jeune : Sandy Casar (FRA, La Française des Jeux)
Classement de la combativité : Axel Merckx (BEL, Domo-Farm Frites)