FLASHS

Pros

Interview de Jean-Marc Gueugneaud, responsable du bureau d'étude Time

Publié le 11/02/2008 00:05

Interview de Jean-Marc Gueugneaud : "Time pense pouvoir amener des innovations et des bénéfices au consommateur."
Interview de Jean-Marc Gueugneaud : "chez Time, nous pensons pouvoir amener des innovations et des bénéfices au consommateur."

Jean-Marc, pouvez-vous présenter aux lecteurs de Vélo 101 ?
"Jean-Marc Gueugneaud. Je suis responsable du bureau d'étude de Time depuis décembre 1990."

Avec les roues Time, vous êtes un petit peu sorti du "tout carbone", comment l'avez-vous géré ?
"Ca se gère bien. On est des amoureux des produits. On est aussi des mécaniciens. Il y en a pas mal au bureau d'études, on n'a pas eu de problèmes par rapport à ça."

Vous étiez sur ce projet roues depuis trois ans. Quelles ont été les grandes dates ?
"L'idée a germé quand on a commencé de travailler sur le
comportement du cadre. C'est quelque chose qu'on souhaite faire évoluer en terme de comportement, on travaille beaucoup sur le ressenti du cycliste vis-à-vis du cadre. On a mené pas mal d'études avec des partenaires ou des écoles pour faire des analyses vibratoires sur les cadres. Au travers de ces études, on avait remarqué qu'un élément était très important dans le comportement global du vélo : c'est la roue. Ca nous a agité les neurones ! Puis l'élément déclencheur a été le contact avec Guy Frullani, qui nous a été recommandé par des gens du milieu du vélo. Roland Cattin, la patron de Time l'a rencontré. Il a été séduit par le personnage. Son approche du produit, son vécu de la roue de manière viscérale. Tout ça nous a séduits. J'ai passé un week-end chez lui. J'ai essayé les roues, et tout est parti une fois qu'on a été convaincus pour ce projet roues."

Avec la roue Time Hi-Tense que vous sortez aujourd'hui, quelle est la part de Guy Frullani et votre apport sur une échelle de 100 ?
"Pour être équitable, on dira 50/50. Time a amené toute l'expertise d'une entreprise industrielle avec un bureau d'étude, des moyens de calculs dans la roue. Et Guy Frullani nous a apporté quinze ans de réflexion, nous a évité de réinventer la poudre, d'éviter pas mal d'erreurs et nous a amené la base de notre concept."

A l'avenir, de quel ordre vont être vos rapports ?
"Guy nous a accompagnés sur ce premier modèle (NDLR : les roues sont signées "by Frullani"). On a amené une filiation directe en terme dynamique. Dans le futur, on parlera de plus en plus de composite, qui est le cœur de l'expertise Time. Il reste quelqu'un qui a pensé la roue depuis quinze ans, dont l'expertise est reconnue. La discussion avec lui est toujours instructive et intéressante."

On a peu parlé de poids. Ca n'a pas été le leitmotiv dans votre mise au point ?
"Non. Notre point de départ du cahier des charges était de garder le comportement de la roue Frullani, d'amener un produit plus industriel, plus en nombre, en conservant des niveaux de qualité équivalents, donc avec une grosse phase industrielle. Dans le cahier des charges, il y avait un critère d'allègement de la paire de roues qui était individuel, mais ce n'était pas le critère premier."

Quelles ambitions chiffrées avez-vous ?
"L'objectif de Time pour 2008 et 2009 est d'abord de faire du bon travail. Les objectifs sont limités en terme de volume. Il faut compter deux heures de montage manuel par paire de roue, bien maîtriser notre croissance, le SAV, et tenir la qualité. Nous pensons que ce sont les clés pour un fort développement futur."

Si vous deviez définir les roues Hi-Tense en trois mots, quels seraient-ils ?
"Question difficile. Les critères qu'on met en avant sont réactivité, stabilité, fiabilité. Une roue polyvalente, fiable et performante pour le plus grand nombre."

Il y a déjà beaucoup d'acteurs sur le marché de la roue. Croyez-vous pouvoir apporter des plus vis-à-vis de la concurrence ?
"Oui, car le concept Hi-Tense de Guy Frullani nous paraît séduisant et intéressant. Et on a la prétention d'imaginer qu'avec notre expertise dans le composite, on saura amener des innovations et des bénéfices au consommateur très importants."

Vous installer sur le marché de la roue supposera une approche un peu plus industrielle qu'aujourd'hui, vous l'appréhendez ?
"Oui, on y réfléchit évidemment. Malgré tout, avant de passer au procédé mécanisé, on va essayer d'optimiser le montage manuel avant d'arriver sur des choses plus industrielles. Notre philosophie est de conserver une haute qualité de fabrication. Il y aura toujours une intervention manuelle sur le montage des roues."

Avez-vous testé ces roues avec les coureurs du Vendée U, et avec un public correspondant plus au cœur de cible, notamment les cyclosportifs ?
"Dans nos panels d'essayeurs multi-produits, on vise toutes les cibles. Notre méthodologie de tests est souvent reconduite sur tous les produits. On passe par des essais internes, avec pas mal de cyclistes en interne : coureurs amateurs de bon niveau, cyclo-crossmen, en passant par des cyclosportifs. Puis un panel d'essayeurs régionaux dans les mêmes disciplines. Et une fois qu'on a passé ces étapes, on passe aux compétiteurs qui usent beaucoup le matériel parce qu'ils roulent beaucoup, que le matériel est beaucoup manipulé, lavé, etc... C'est un très bon retour d'information."

A quand des roues carbone, des roues à boyaux ?
"De manière raisonnable, on ne verra rien avant deux ans, même si on planche activement sur le sujet. C'est le temps qu'on se donne encore pour amener des solutions techniques innovantes par rapport au matériau et à l'usager."

Avez-vous une tolérance en terme de poids de l'utilisateur ?
"Non. Il n'y a aucun critère de masse. Peut-être si nous développons des roues plus spécifiques montagne."

Vous êtes sur un créneau de prix plutôt élevé. Comment allez-vous viser une gamme sur un marché moins élevé ?
"Aujourd'hui, la conception est très qualitative à tous niveaux. On imagine une roue inférieure en gamme avec le concept de base dupliqué. Le prix sera réduit par des accessoires comme des housses plus simples et on a des pièces spécifiques à Time, faites en petites séries. Donc on aura des pièces un peu plus industrielles, et un peu plus communes à d'autres qualités de roues. On peut penser aux rayons, les écrous de rayons par exemple. Etre dans un créneau de prix de l'ordre de 750-800 euros."

Propos recueillis le 8 février 2008.

AVIGNON TOURISME

BIKE SHOW EVENTS

LABORATOIRE FENIOUX
INSCRIPTION EN LIGNE