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Interview de Jérôme Chevallier (AC Bisontine)

Publié le 20/11/2009 12:00

Interview de Jérôme Chevallier : "je prends autant de plaisir sur un VTT, un route, un cyclo-cross, alors pourquoi arrêter ?"
Interview de Jérôme Chevallier : "je prends autant de plaisir sur un BMX, un VTT, un route, un cyclo-cross, alors pourquoi arrêter ?"

Un ancien, presqu'un doyen national. 27 ans que le Bisontin Jérôme Chevallier arpente les pistes, sentiers, prairies et routes de France et Navarre. Aussi discret que talentueux, le coureur de l'AC Bisontine ne semble pas prêt à pendre le vélo. Bien au contraire, il a encore de l'envie et prend beaucoup de plaisir. Rencontre avec un poly-actif de la bicyclette.

Jérôme, tu es un coureur discret, présent dans le milieu cycliste depuis de nombreuses saisons, et pourtant on te connaît peu. Peux-tu te présenter ?
"J'ai 35 ans, j'habite Besançon. J'ai débuté le vélo par le BMX en 1982/1983, à l'âge de 8 ans. J'ai fait du BMX pendant 12 ans, obtenu un titre de champion de France et une centaine de victoires. Puis j'ai fait du VTT de descente de 1994 à 1998. Pas
super convaincant, mais j'ai pris beaucoup de plaisir sur ce genre de course, malgré quatre clavicules droites, deux omoplates, tibia, péroné de cassés, une multitude d'entorses aux genoux et un peu de lassitude. J'ai alors voulu changer de discipline et me donner d'autres objectifs."

Et tu as choisi le cross-country ?
"Oui, j'y ai acquis le titre de champion de France Marathon en 2008. J'ai aussi terminé quatre fois 4ème en cross olympique. Sur route, j'ai aussi de belles victoires : Tour du Chablais, Tour du Charolais, Tour de Corrèze, Tour de Nouvelle-Calédonie... Je pratique aussi le cyclo-cross. J'ai fini 3ème du Championnat de France en 2006, 4ème en 1998 et 2005. Je prends beaucoup de plaisir à faire du vélo, quel que soit la discipline, et c'est pour ça aussi que je pratique toujours du BMX, régulièrement."

A l'avant-veille de la manche du Challenge National de Besançon, comment abordes-tu cette compétition ?
Je prends toutes les courses avec autant de professionnalisme, alors pour moi c'est une course comme une autre, pas plus, pas moins importante. Coté pression, je ne m'en mets pas particulièrement car je sais que de toute façon je ferai de mon mieux. C'est le principal pour moi. Le circuit, je le connais car j'ai déjà couru dessus. Ce n'est pas le genre de circuit que j'affectionne particulièrement car trop peu technique. Mon objectif est de finir dans les 5 à condition d'être bien physiquement."

Avec quelles ambitions seras-tu présent au Championnat de France en janvier ?
"Je connais bien le circuit du Championnat de France à Liévin car j'y ai déjà fait 4ème il y a cinq ans, derrière Mourey, Gadret et Labbe. C'est un circuit assez physique et un peu technique qui me convient assez bien. J'aimerais bien faire une nouvelle fois dans le Top 5. Ce serait un très bon résultat pour moi."

Tu as terminé 26ème à Nommay en Coupe du Monde, 4ème français. Quel bilan tires-tu de ce bon résultat et de ton début de saison cyclo-cross ?
"Mon début de saison a été moyen. Les sensations n'étaient pas constantes et je manquais un peu de rythme. A Nommay, j'ai pris un départ correct mais j'ai un peu saturé dans le deuxième tour. Ca m'a fait perdre le contact avec le gros groupe de tète. J'ai chassé derrière pendant tout le reste de la course sans jamais pouvoir recoller. Au final, je fais 26ème, ce n'est pas trop mal mais j'espère faire mieux d'ici la fin de saison sur ce genre de course."

Tu as cette particularité d'être un cycliste polyvalent, capable de s'imposer sur route, en cyclo-cross ou en VTT cross-country. Quels avantages en tires-tu ?
"Je tire avantage de toutes ces disciplines car je roule vraiment par pur plaisir. Pour moi, le BMX, c'est la meilleure discipline pour l'équilibre, les relances, la bagarre sur un vélo, l'agilité et la technique. La route m'a apporté le physique, le cross-country et le cyclo-cross, c'est un peu le résultat de ces deux disciplines où on allie la technique et le physique."

Comment gères-tu tes saisons ?
"Une saison se gère en fonction de mes envies, le début (janvier à mars), c'est route pour se faire un bon physique. Puis plus les beaux jours arrivent plus j'ai envie de rouler en VTT avec pour objectif les Championnats de France route et VTT bien sûr aux mois de juin/juillet. C'est toute la saison comme ça. Route, VTT, route... Puis aux mois d'août/septembre je laisse délicatement tomber le VTT pour le cyclo-cross. Une nouvelle saison commence en quelque sorte. De septembre à mi janvier c'est route/cyclo-cross/route. De cette manière, je n'éprouve que très peu de lassitude tout au long de la saison car je varie les disciplines. Je vois d'autre chose, c'est moins lassant !"

En 2009, encore une fois, tu termines 4ème du Championnat de France VTT. Tu restes une valeur nationale sûre mais tu ne fais partie d'aucun team depuis ton départ du Team BH en 2008. Pourquoi ?
"J'ai voulu changer un peu ma façon de voir les choses, changer de matériel. Rouler plus pour le plaisir avec le matériel que je voulais. Depuis 2009, la marque Specialized m'aide en VTT cross-country, route et cyclo-cross. Je roule certainement avec le meilleur matériel au monde, et cela m'a bien remotivé cette année, surtout en VTT. Dans un team, tu as soit du bon soit du mauvais matériel, mais tu n'as pas le choix. Quand tu es obligé d'abandonner une course sur casse de cadre ou de dérailleur alors que le problème est connu, c'est super énervant car toi tu t'entraînes tous les jours, tu fais attention à ce que tu manges tous les jours pour mettre toutes les chances de ton coté et au final tu es en super forme mais c'est ton matériel qui te fait défaut. Cette année, Specialized m'a mis les meilleurs vélos à disposition (S-Works Epic, Tarmac et cyclo-cross). Je n'avais plus qu'à me soucier de mon état de forme car j'étais sûr de mon matériel. Ca change beaucoup de choses, on se sent en confiance."

Après plusieurs saisons au CC Etupes et de belles victoires individuelles et collectives, tu as intégré l'AC Bisontine où évolue ton ami Laurent Colombatto. Qu'est-ce qui a motivé ce changement ?
"Il fallait que je change d'air et j'avais vraiment envie de me retrouver dans la même équipe que Laurent car quitte à changer de structure je préfère rouler pour lui que contre lui. On se connaît depuis très longtemps lors de mes années de VTT descente et on a un peu le même parcours. On s'entend vraiment bien. L'AC Bisontine est un super club formateur avec des ambitions mesurées mais réelles. Il est important dans un club comme ça que les "anciens" permettent aux jeunes de progresser un peu plus vite. Je n'ai pas particulièrement la vocation "formateur" mais ça ne me gène pas de donner des conseils à celui qui veut bien les entendre."

Tu as eu 35 ans cette année, envisages-tu de poursuivre ta carrière encore longtemps, de réduire ton éventail de spécialités ou as-tu prévu une prochaine reconversion ?
"Je ne me suis jamais posé cette question ! Je fonctionne toujours par envie, par motivation. Tant que l'envie de s'entraîner dur est toujours là, je ne me pose pas la question d'une éventuelle retraite. Je prends autant de plaisir sur un BMX, un VTT, un route, un cyclo-cross, alors pourquoi arrêter ? Depuis cette année, je me suis remis à la descente par le biais de l'enduro avec un copain, et les sensations sont toujours intactes alors plutôt que d'arrêter je pense même me mettre plus sérieusement à l'enduro car c'est aussi une discipline magnifique, à mi-chemin entre le VTT de descente et le VTT cross-country. Une corde de plus à mon arc, un peu plus de poly-activité !"

Propos recueillis par Jean-Baptiste Trauchessec le 20 novembre 2009.

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