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Interview de Jimmy Engoulvent (Crédit Agricole)

Publié le 18/01/2006 00:05

Interview de Jimmy Engoulvent : "j'ai signé pour faire quelque chose sur les classiques et pour emmener les sprints."
Interview de Jimmy Engoulvent : "j'ai signé pour faire quelque chose sur les classiques et pour emmener les sprints."

Bien qu'il soit doté d'une des plus belles carrures du peloton français, Jimmy Engoulvent (Crédit Agricole), c'est une évidence, est en panne de résultats. Le palmarès du coureur de Sablé-sur-Sarthe présente pour l'heure un compteur bloqué à une seule victoire, obtenue lors d'une étape du Tour de la Somme 2003, à l'époque où il pointait sous la direction de Jean-René Bernaudeau. Utilisé plutôt ces deux dernières saisons comme rampe de lancement de Stuart O'Grady aux arrivées, le Sarthois est si animé de revanche qu'il a souhaité en fin de saison dernière donner une autre impulsion à sa carrière. Son projet n'est pas resté lettre morte puisque Roger Legeay, manager du Crédit Agricole, avait déjà les yeux sur lui.
Jimmy, votre saison 2005 peut-elle être qualifiée de satisfaisante ?
"Dans l'ensemble oui. Elle aurait pu toutefois être meilleure tout comme pire. Si l'on revient sur ma saison, je considère avoir plutôt bien marché lors des six premiers mois, c'est-à-dire sur les épreuves qui avaient été cochées sur mon agenda pour connaître une fin de calendrier plus laborieuse. Le bilan est de ce fait plutôt mitigé."

Avez-vous été utilisé comme vous l'auriez souhaité dans les rangs de la Cofidis ?
"Je n'aurai pas, même a posteriori, de critiques à formuler. J'ai œuvré et travaillé dans le sens de la collectivité. Il est clair qu'à certains moments, j'aurais aimé disposer de cartes blanches. Après, il est clair que l'on doit se plier aux choix de la direction. J'ai passé de bonnes années au sein de l'équipe nordiste. J'ai senti ces derniers mois l'utilité de changer de couleurs, pour différentes raisons, et en particulier pour me remotiver."

Le challenge offert par Roger Legeay et Serge Beucherie apparaît-il sensiblement différent de celui qui vous était proposé dans vos équipes précédentes ?
"Je note aussitôt que l'on attend au Crédit Agricole beaucoup plus que ce qui m'était demandé précédemment. J'ai signé chez eux pour faire quelque chose sur les classiques et pour emmener les sprints, dès lors que c'est vraiment ce que j'aime. Mais bon, il est vrai qu'on se concentre aussi sur d'autres épreuves comme certaines Coupes de France. Dans cet ordre d'idée, j'aurai certainement plus une carte à jouer sur Cholet-Pays de Loire et le Tour de Vendée, pour lesquelles j'éprouve un certain feeling. Sans revendiquer une étiquette de grand coureur, je sens encore en moi des possibilités qui ne demandent qu'à s'exprimer."

Le fait d'être originaire de la même région que Roger Legeay est-il pour quelque chose dans votre recrutement ?
"Je l'ignore. Roger doit certainement avoir la réponse. D'un autre côté, il est permis de penser que, Sarthois comme moi, il avait un œil sur mes résultats et qu'il a saisi l'opportunité de me prendre à ses côtés."

Avez-vous perdu la sélection pour le Tour de France lors du Dauphiné-Libéré et les pentes du Ventoux, où l'on vous a vu terminer dans l'autobus très loin des meilleurs ?
"Je ne sais pas si cela ait pu se jouer sur cette épreuve. Sur l'étape du Ventoux, je me souviens même m'être mis à plat ventre pour David Moncoutié sur les premières pentes alors que ce n'est pas particulièrement mon domaine de prédilection. Ensuite, bien qu'il se soit produit pas mal de bordures, j'ai réussi à placer David dans les meilleures conditions pour le final. D'ailleurs, à ce que je sache, il n'a pas été piégé par la suite. Maintenant, je ne vois pas véritablement où j'ai perdu ma sélection. Cofidis m'a fait part que le parcours semblait un peu trop vallonné pour moi, trois jours avant... Je trouve l'excuse un peu regrettable."

Votre attirance pour Paris-Roubaix est-elle toujours présente bien que vous n'ayez pas confirmé ces deux dernières années votre honorable place conquise en 2003 ?
"Paris-Roubaix reste toujours un grand objectif. Chacune de mes participations a été accompagnée d'un maximum de préparation. Lors de l'édition 2005, je me souviens avoir énormément travaillé pour Stuart O'Grady et en particulier à la mi-parcours, où la course s'est jouée. Après, c'est vrai qu'il m'a manqué peut-être un peu de forces sur les derniers secteurs. C'était en fait des cartouches que j'avais dépensées avant. D'un autre côté, je suis convaincu que j'aurais couru pour une place de 15 ou 20ème en ayant disposé d'un statut protégé."

Votre participation au Tour 2006 a-t-elle été évoquée avec le coach alors qu'une arrivée se tiendra à Vitré ?
"Je suis pour l'heure inscrit sur une liste de treize ou quatorze coureurs susceptibles d'y participer. J'aurai, comme tous mes coéquipiers, une certaine anxiété les trois ou quatre jours précédents le communiqué. J'espère, avant cela, donner satisfaction en début de saison, collectionner les bons résultats, de façon à mieux gérer dans ma tête l'approche du Tour."

Le fait d'être accompagné dans le changement d'équipe par Christophe Edaleine et Dimitri Fofonov est-il le fruit du hasard ?
"C'est vrai qu'on abordait souvent en commun notre avenir. Cela dit, c'est avec un grand plaisir que l'on se retrouve à nouveau ensemble. Christophe et Dimitri sont des coéquipiers que j'apprécie au plus haut point."

La bonne santé de votre site Internet, assortie d'un fan-club très vivant, vous procurent-ils un effet stimulant ?
"Oui, bien sûr. Cela m'apporte beaucoup de plaisir de retrouver aux départs et aux arrivées des gens que je connais depuis tout jeune, à l'époque où j'étais encore Cadet en Sarthe et autour de Sablé en particulier. Ces amis effectuent des déplacements pour être à mes côtés comme au Championnat de France, à Paris-Roubaix. Cela fait chaud au cœur de voir ces personnes venir en car et parfois sur de longues distances pour vous supporter."

Avez-vous certaines épreuves de Coupe de France dans le collimateur ?
"Oui bien sûr, et en premier lieu Cholet-Pays de Loire, le Tour de Vendée, la Classic Haribo, le Grand Prix de Denain et d'autres courses, où la saison dernière il ne m'a pas manqué grand chose pour vraiment bien figurer. Mon objectif avoué étant d'en gagner une cette année."

Vous étiez aux commandes un moment sur le Tro Bro Leon 2005 et vous avez soudain disparu. Une certaine déception ?
"C'est vrai que j'ai été un certain moment devant pour la gagne mais par la suite victime d'une fringale. Un peu comme sur la Classic Haribo. Une erreur que j'espère ne plus connaître. Désolant je l'avoue."

Un commentaire sur le cyclo-cross de Saint-Léonard-des-Bois et une appréciation sur Laurence Leboucher, Sarthoise comme vous ?
"Ma présence à Saint-Léonard tient d'abord du fait que j'adore cette discipline. Cette discipline me permet de rester motivé l'hiver. Je vous avoue que face à des spécialistes qui ne préparent que cela, j'avais fort à faire. Concernant Laurence, je la considère comme une grande championne, qui représente bien la Sarthe et fait beaucoup pour le département. Je serai un de ses plus fidèles supporters pour les Championnats du Monde qui arrivent."

Propos recueillis par Jean-François Modery le 16 janvier 2006.

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