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Interview de José Rujano (Colombia-Selle Italia)

Publié le 27/05/2005 00:15

Interview de José Rujano : "je ne veux pas griller les étapes. Je pense pouvoir ramener le Maillot Vert à Milan."
Interview de José Rujano : "je ne veux pas griller les étapes. Je pense pouvoir ramener le Maillot Vert à Milan."

José Rujano (Colombia-Selle Italia) vit un rêve de gosse. D'une allure très juvénile qui lui vaut son surnom de "cara de nino" (face d'enfant), le minuscule grimpeur sud-Américain n'en finit pas d'étonner favorablement tous les jours les observateurs les plus avertis sur le Tour d'Italie. En tête sur une majorité de sommets, hormis ceux qui ont servi de rampe de lancement à son coéquipier Colombien Ivan Parra lors de ses deux étapes victorieuses, le petit escaladeur Vénézuélien de Gianni Savio, issu du même pueblo que Leonardo Sierra, vainqueur d'une étape à Aprica lors du Tour d'Italie 1990, s'est emparé de la troisième place du classement général au soir de l'arrivée d'étape au Col de Tende. Il est devenu un vainqueur possible de la course rose.
José, le Maillot Vert vous suffit-il où pourriez-vous viser le Maillot Rose dimanche à Milan ?
"Je savoure déjà pour l'heure le maillot de meilleur grimpeur. Je ne veux pas griller les étapes. On verra d'ici Milan. Je pense pouvoir ramener sans problèmes le Maillot Vert à Milan, sauf coup dur."

Les 34 kilomètres de l'étape contre-la-montre entre Chieri et Turin, avec l'ascension de la Superga, vous seront-ils si défavorables que certains veulent l'entendre ?
"Je ne suis pas spécialement effrayé par cette étape. J'ai concédé du terrain lors de l'étape chronométrée entre Lamporecchio et Florence par suite d'ennuis mécaniques. L'ascension de la colline de Superga devrait peut-être me permettre de réduire le temps éventuellement concédé sur le plat."

Quelles sont les étapes qui pourraient encore être décisives sur ce Giro ?
"Sans hésitation, l'étape de Sestrières, c'est-à-dire celle de samedi. Celle de demain sur Limone ne devrait pas permettre des bouleversements."

Quels sont encore vos principaux adversaires ?
"D'abord, je dirais Gilberto Simoni. Je citerai ensuite Danilo Di Luca et Paolo Savoldelli en troisième."

Pourquoi n'avez-vous pas débuté sur le Giro 2004 alors que vous étiez déjà dans les rangs de Colombia-Selle Italia ?
"J'ai dû subir une opération du genou gauche. Il m'a fallu toute l'année pour récupérer la plénitude de mes moyens. La forme est là. J'ai déjà remporté une belle épreuve au début de cette saison (le Tour du Tachira), fait deux au Tour de Langkawi, et trois au Giro d'Oro. Ma préparation a donc été crescendo."

Quel est le climat ambiant au sein de votre groupe ?
"C'est fantastique. Nous sommes tous solidaires. Une grande bande de copains. Un climat comme cela ça met sur des bonnes bases pour se défoncer. On rigole bien ensemble."

Quel est votre coéquipier compagnon de chambrée sur ce Giro ?
"C'est Leonardo Scarselli. Voyez, il est là. Il attend la fin de notre entretien pour que nous allions chambrer les copains."

Quelle comparaison feriez-vous des parcours montagneux de votre pays et ceux que vous rencontrez en Europe sur ce Giro ?
"Il faut d'abord dire que le peloton européen est d'une autre valeur que celui qui fréquente les courses sud-américaines. En dehors de cela, nos routes montent très haut. Il y a des grands cols chez nous aussi."

Vos exploits rencontrent-ils de l'intérêt dans votre pays ?
"Je vais vous avouer qu'ils rencontrent même trop d'intérêt. C'est de la folie. Mes performances vont encore accentuer le phénomène. Je me demande comment cela va se passer à mon retour."

Y a-t-il un cyclisme de valeur comme en Colombie au Vénézuela ?
"On va dire qu'il se situe dans la moyenne. Par exemple, nous avons José Chacon, champion de mon pays sur le chronomètre. C'est un bon coureur, encore dans les rangs élites. Il faudrait voir ce qu'il ferait s'il venait se frotter ici avec les coureurs européens. Ses frères Franklin et Fidel sont bons aussi. Peut-être que des jeunes vont arriver."

Serait-ce un rêve de participer un jour au Tour de France ?
"C'est un rêve d'enfant. J'espère y participer un jour. Mais mon équipe n'est pas sélectionnée alors attendons."

Qu'est devenu votre compatriote Leonardo Sierra, qui remporta en 1988 une belle étape de montagne sur le Giro ?
"Il s'est complètement retiré du cyclisme. Il tient désormais une auberge qui fait restaurant dans la localité où je demeure. Il est à l'origine de ma vocation. J'ai fait du cyclisme pour lui ressembler."

Etait-ce votre idole ?
"On peut dire cela. En fait, j'ai idolâtré ensuite Marco Pantani. J'ai mis plein de poster du Pirate sur les murs de la maison où je vis avec ma mère Maria et ma sœur Betty."

Etes-vous en communication téléphonique avec votre famille au Vénézuela ?
"J'essaie d'être raisonnable. J'économise mon influx nerveux pour les efforts sur la course."

Propos recueillis le 26 mai 2005 par Jean-François Modery.

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