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Interview de Michel Callot, candidat à la présidence de la FFC

Publié le 23/02/2009 13:54

Interview de Michel Callot : "le seul objectif de ma candidature est d'apporter un renouveau net à la gestion fédérale."
Interview de Michel Callot, candidat à la FFC : "le seul objectif de ma candidature est d'apporter un renouveau net à la gestion fédérale."

Samedi, les élections présidentielles auront lieu à la Fédération Française de Cyclisme. Trois candidats sont en lice : Michel Callot, Cyrille Guimard et David Lappartient. Président du comité Rhône-Alpes, Michel Callot nous présente quelques lignes d'un large programme qui contient 110 propositions d'actions articulées en sept axes stratégiques. Vous retrouverez l'intégralité de ce programme sur le site Internet du mouvement qu'il représente : www.notre-cyclisme.com.

Michel Callot, tout d'abord, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Vélo 101 ?
"J'ai 42 ans, je suis installé en Haute-Savoie où je gère les Ressources Humaines de la société IPAC dont l'activité est consacrée à la formation (196 salariés). Parallèlement, je préside
depuis 2005 le comité régional FFC de Rhône-Alpes (11000 licenciés et 250 clubs). A cette date, j'ai été l'un des artisans de sa création par la fusion des comités académiques du Lyonnais et du Dauphiné-Savoie. Je suis issu de la pratique cycliste puisque j'ai eu un parcours sur route de coureur de première catégorie amateur, pendant une dizaine d'années."

Qu'est-ce qui vous pousse à vous présenter à la présidence de la Fédération Française de Cyclisme ?
"Cette candidature à la présidence de la FFC est un acte très réfléchi, qui doit se lire comme la conclusion d'une démarche collective. Celle d'une équipe compétente, déterminée et solide dont le seul objectif est d'apporter un renouveau net à la gestion fédérale. Nous pensons que seul un changement radical dans la composition de l'équipe dirigeante de la FFC nous permettra de provoquer les évolutions que nous souhaitons. Ma candidature me place comme le représentant de ce groupe, mais c'est réellement le travail collectif qui doit être mis en avant."

Selon vous, dans quel état se trouve la FFC ?
"La FFC dispose d'un atout fort qui est l'engagement des bénévoles dans les clubs qui portent à bout de bras notre activité. Cette force est bien réelle, puisque relayée par des filières sportives, aujourd'hui efficaces, elle se traduit par des résultats sportifs de bonne qualité. Toutefois, ce modèle s'essouffle de plus en plus et là, nous identifions la grosse faiblesse de notre fédération qui est un manque d'efficacité et de réalisme dans la politique et la gestion fédérale. Le fossé se creuse entre nos clubs ou comités et la strate fédérale, ce qui progressivement enlève beaucoup de sens au mot 'fédération'. Dans le même temps, notre fédération n'a pas su moderniser ses outils et la gestion de ses collaborateurs, la logique de projet n'existe quasiment pas et l'on note l'absence d'ouverture sur le développement. Cet écart a des conséquences graves sur les finances fédérales, trop largement assises sur des remontées financières issues de l'activité des clubs. En conclusion, je dirais que la situation de notre fédération est très préoccupante si nous ne parvenons pas à impulser un changement profond dans la manière d'administrer la FFC."

Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?
"Notre plan d'action s'appuie sur 110 propositions articulées autour de sept axes stratégiques que nous laissons le soin à chacun de découvrir dans le détail sur notre site. Nos actions répondent à trois objectifs principaux : aider, soutenir et dynamiser les clubs et les comités régionaux et départementaux, accompagner l'évolution de nos disciplines et de nos pratiquants, et redéfinir la position et la stratégie de la fédération. Et le socle de ce programme repose sur un triptyque qui regroupe toutes nos propositions : rapprocher la fédération de ses clubs et comités par une meilleure gouvernance et par la mise à disposition d'outils et de services ; reconsidérer le financement fédéral par une politique ambitieuse d'économies et de nouvelles ressources, qui permettra d'inverser les flux financiers entre les clubs et l'échelon fédéral et cesser de pénaliser les clubs les plus actifs ; un projet sportif ambitieux et totalement pluridisciplinaire, parce que la réussite sportive et l'épanouissement personnel de nos athlètes doivent rester notre principale motivation."

Quelles seraient vos premières mesures si vous étiez élu samedi ?
"La première mesure est liée au contexte et consistera à désigner un nouveau DTN, en phase avec la nouvelle politique sportive. Pour le reste, nos priorités iront vers les finances et la restructuration du siège fédéral qui doit retrouver une organisation davantage susceptible de permettre à chaque collaborateur et à chaque élu d'exprimer ses compétences. Mais nous aurons également des actions fortes à développer très rapidement pour redonner à toute la pyramide fédérale un élan de confiance et d'optimisme, cela passe aussi par une communication appropriée."

Si vous devez retenir quelque chose des mandats de Jean Pitallier, ce serait quoi ?
"Je pense qu'il faut dissocier la personnalité du Président Jean Pitallier, à laquelle nous rendons hommage pour ses positions courageuses et l'ardeur de son engagement, de la politique mise en œuvre où nous sommes évidemment beaucoup plus critiques. En effet, Jean Pitallier, peu aidé par son entourage, n'a pas réussi à moderniser notre fédération pour la mettre en phase avec les problématiques contemporaine de notre société. Notamment lors du dernier mandat, le président Jean Pitallier a dépensé une très grande énergie sur les problèmes internationaux, alors que dans le même temps, personne autour de lui n'a su relever les enjeux fédéraux qui se présentaient à nous. Le tout a conduit à une gestion fédérale au jour le jour, sans perspectives et sans ambitions partagées avec ses clubs et ses comités."

Quels sont votre candidat ou vos candidats pour le poste de DTN et de responsable de l'équipe de France ?
"La procédure administrative de candidature pour le poste de DTN étant en cours, je ne peux évidemment pas faire de commentaire sur celle-ci. Toutefois, il est évident que devant le travail de restructuration qui nous attend, si nous sommes élus, notre choix se portera vers un DTN qui maîtrise bien les enjeux de notre fédération et qui dispose d'une expérience suffisante pour assurer la continuité des résultats obtenus. Nous avons besoin d'une vision complémentaire à la nôtre sur les problématiques de développement, où l'interaction entre les décisions des élus, les services de la FFC et les compétences des techniciens sera décisive. En ce qui concerne le sélectionneur national pour les pros sur la route, il me semble très légitime que cette question soit abordée avec le futur DTN et la Ligue Nationale du Cyclisme. C'est un des projets communs à mener avec la LNC, en plus de la formation des jeunes coureurs, et qui doit nous aider à retrouver le champion que nous attendons tous."

Avez-vous des ambitions à l'UCI ?
"La présence de David Lappartient au comité directeur de l'UCI ces quatre dernières années a clairement montré que la considération que l'UCI peut apporter à une nation n'a rien à voir avec le fait d'y siéger. Nous avons bien compris que l'UCI, comme toutes les grandes organisations internationales - sportives ou géopolitiques - fonctionne davantage par cooptation et lobbying. Le poids international des différentes nations dans les disciplines s'est instauré comme cela, avec par exemple les Australiens pour la piste, les Belges pour le cyclo-cross, les Européens anglophones pour le BMX... Avant les conflits entre le cyclisme français et l'UCI, le lobbying français existait vraiment et dominait la route. Pour être à nouveau influent à l'UCI, quelle autre solution que de reconstituer ce lobbying ? Ce que nous avons les moyens de faire, car il y a dans et autour de notre équipe des personnalités connaissant les rouages de l'institution et parlant anglais qui sauront guider notre politique internationale. Sur ce point, mes ambitions ne sont donc pas personnelles."

Quelle est votre vision sur la place de la FFC dans le cyclisme français, notamment vis-à-vis d'ASO ?
"La FFC a vocation à défendre les intérêts du cyclisme français et à en assurer le développement. Très logiquement elle se doit de travailler en harmonie avec l'ensemble des acteurs. C'est vrai pour la relation avec la Ligue Nationale du Cyclisme avec qui des réflexions et des projets communs doivent être établis car nous partageons la responsabilité de l'avenir sportif du cyclisme à travers les coureurs mais aussi les organisations. Et c'est tout aussi vrai pour la relation avec ASO qui est un opérateur essentiel de notre cyclisme. Il me semble inconcevable qu'il n'existe pas un partenariat fort entre la FFC et ASO. Ce partenariat est naturel, déjà parce que nous partageons la même préoccupation de créer de l'intérêt autour du cyclisme et ensuite, parce que la complémentarité me semble évidente entre la Fédération dépositaire du pouvoir sportif (on a vu en 2008 le poids que représentait cet aspect) et une société organisatrice d'épreuves cyclistes qui représente compétence événementielle et pouvoir économique. C'est en tous les cas avec un discours assis sur des ouvertures constructives mais aussi emprunt de fermeté quant à la responsabilité commune pour l'avenir de sport, que je m'adresserai, le cas échéant, à l'ensemble des partenaires de l'environnement cycliste de la FFC."

Plusieurs épreuves, pros entre autres, disparaissent du calendrier ou souffrent, envisagez-vous que la FFC devienne un acteur plus fort dans le monde des organisations ?
"Non. Je vois mal la FFC se comporter en organisateur et entrer en concurrence avec une des familles essentielles de la fédération. La FFC organise quelques championnats et soutient les organisations menacées (comme Paris-Nice ou le Tour en 2008), c'est normal et suffisant. Nous voulons développer un secteur lucratif, mais pas en grignotant des segments qu'occupent - parfois avec difficultés - des organisateurs qui maîtrisent parfaitement, eux, le tissu économique et politique dont dépendent leurs événements. Par ailleurs, les épreuves professionnelles sur route dépendent désormais de la Ligue Nationale du Cyclisme. Si la FFC doit intervenir pour les organisateurs professionnels, c'est aux côtés de la Ligue, mais pas à sa place. Je sais bien à quel point les organisations professionnelles créent l'émulation dans les régions et donc vers les clubs. Pourquoi pas un plan d'action commun ? Par exemple, la FFC a le devoir de mettre en place une vraie stratégie de communication et de changement de l'image du cyclisme de haut niveau, et ceci bénéficiera à tous les organisateurs."

Propos recueillis le 27 janvier 2009.

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