FLASHS

Pros

Interview de Samuel Dumoulin (Cofidis)

Publié le 17/01/2008 13:51

Interview de Samuel Dumoulin : "avec Cofidis, j'aurai à cœur de connaître un autre type de saison que celle écoulée."
Interview de Samuel Dumoulin (Cofidis) : "avec Cofidis, j'aurai à cœur de connaître un autre type de saison que celle écoulée."

S'agira-t-il d'un simple au revoir ou d'un adieu définitif ? Toujours est-il que Samuel Dumoulin a jugé bon de changer de maillot et de revêtir cette saison les couleurs rouges de Cofidis en lieu et place de la tunique à dominante bleu roi qu'il endossait depuis quatre années aux côtés de Vincent Lavenu chez Ag2r. Tous les passionnés de cyclisme n'ignorent pas les qualités de battant du petit coureur lyonnais (par la taille, pas par le talent), que l'on qualifiera volontiers de parfait bagarreur. Avec son recrutement, on a l'idée qu'Eric Boyer a hérité d'un parfait stratège, qui n'aura pas son pareil pour taper dans le mille en vue des banderoles d'arrivée.

Samuel, alors que nous en sommes encore à l'époque des vœux, quels sont ceux que vous émettez à l'aube de votre septième saison professionnelle ?
"Connaître un autre type de saison que celle écoulée, c'est-à-dire de ne pas collectionner les chutes que j'ai connues en 2007. Quand je pense que j'en ai réuni neuf, cela fait quand même beaucoup. J'espère avoir mangé mon pain noir dans ce domaine. D'un autre côté, j'espère apporter ma pierre d'achoppement au groupe Cofidis, par un bon travail au profit du collectif. Me glisser dans les bons coups et obtenir de bons résultats. J'ai envie de ne pas faire regretter à Eric Boyer de m'avoir recruté et justifier la confiance qu'il m'a accordée."

Vous sentez-vous bien préparé à moins de deux semaines des trois coups du Grand Prix d'Ouverture ?
"Je suis serein après avoir bien traversé l'après-saison. J'ai bien préparé mon affaire sans avoir accumulé beaucoup de kilomètres. J'ai plus axé sur le qualitatif. Il a fait très froid en Savoie au mois de décembre. J'ai quand même bien entretenu la forme. C'est parlant quand je vois que je suis dans le coup lors des entraînements avec le groupe. Ca va nous faire une grosse bosse foncière pendant le stage, malgré le fait que nous n'avons pas connu les meilleures conditions météorologiques dans les premiers jours. Cela ne va pas nous empêcher de rouler. J'ai des réserves. J'ambitionne de faire des bonnes choses car je sens que l'on m'accorde la confiance."

Quelles ont été les raisons de votre départ de l'équipe savoyarde ?
"L'envie de voir un peu ailleurs après quatre années sensationnelles passées aux côtés de Vincent. Je considère que ce désir a été bien ressenti par le staff, dans la mesure où on a compris mon légitime désir de changer de maillot pour me relancer."

Vous n'avez pas eu d'états d'âme en rejoignant une équipe dotée d'un avenir en pointillés ?
"Pas spécialement. La carrière d'un coureur cycliste est aussi en pointillés. Dans notre milieu sportif, tout peut s'effondrer d'un jour à l'autre pour des raisons très diverses, et déjà par des problèmes de santé. J'ai quand même un contrat de deux ans qui m'apporte au demeurant une petite sécurité. Cofidis vient de nous assurer de sa présence jusqu'à fin 2009. C'est pour cela qu'il n'y a pas trop de soucis à se faire pour le moment."

Posséderez-vous une étiquette particulière au sein du groupe et plus particulièrement lors des arrivées au sprint ?
"Je ne pense pas. L'étiquette de sprinter m'a surtout été collée à mes débuts. Depuis cette époque, je ne me sens pas du tout capable de mobiliser une équipe pour les arrivées. Mon rôle, est plutôt de m'accrocher, d'être là, on va dire. D'un autre côté, lors d'une arrivée d'un peloton restreint, après une étape difficile, je suis parfois en mesure d'essayer d'imposer ma pointe de vitesse. De là, à me fixer la volonté de régler tout un peloton, ce n'est pas du tout ce que j'ambitionne. J'ajoute que je ne suis pas prêt à prendre les risques et les sacrifices qu'il y a lieu de réunir pour adopter une telle stratégie. De plus, mes capacités ne le permettraient pas."

Avez-vous récupéré de votre chute de l'avant-dernière étape du Tour de Catalogne ?
"Globalement, on peut dire cela, excepté quelques petites douleurs à la clavicule à l'occasion des changements de temps. Je n'ai pas de gêne quotidienne sur le vélo, c'est déjà ça. Cela ne m'handicape pas du tout."

N'y a-t-il pas un risque, inconsciemment ou non, d'avoir une certaine appréhension à l'approche des lignes d'arrivée ?
"Quand je me remémore le film qui a précédé cette bûche, c'est sûr que cela reste encore gravé. Je suis tombé à 80 km/h dans une descente alors que je figurais dans un peloton très groupé. C'est légitime que cela reste quand même un peu fixé dans les esprits. Après, je tombe encore lourdement au Tour de l'Ain. Après cela, il ne faut pas être étonné d'avoir connu une fin de saison avec pas mal de difficultés à frotter et à me placer. Maintenant, j'ai tiré un trait là-dessus. Je vais partir motivé. Il faut être philosophe, c'est le lot quotidien de la vie de coureur cycliste. Il y a une part de risques qu'on ne peut pas occulter quand on est au départ d'une course."

On est quelque peu surpris de vous trouver ici alors qu'une partie de l'effectif a rejoint l'Australie et le Tour Down Under, pour une épreuve où vous aviez jusqu'ici recueilli d'assez bons résultats ?
"C'est juste qu'après mes trois participations j'avais un bon feeling pour cette épreuve. Ca a d'abord été un choix. Magali, mon épouse, n'avait pas spécialement envie que je parte pour longtemps. Conjugué avec le fait que je n'étais pas trop prêt à repartir tout de suite début janvier pour vingt-cinq jours. Une certaine hantise d'avoir, une nouvelle fois, la nécessité de récupérer le décalage horaire et le décalage thermique, se remettre dans l'allure, tout cela m'a conduit à choisir de ne pas participer cette année à cette belle épreuve australienne. Je tiens à souligner aussi que sa nouvelle classification ProTour devrait engendrer un tout autre état d'esprit que celui qui prédominait dans les années précédentes. On devrait assister beaucoup plus à une course de résultats au détriment de la course de préparation qu'elle était auparavant."

Quel programme avez-vous pour la première partie de la saison ?
"C'est celui que j'ai tracé en accord avec mes dirigeants. A savoir le Grand Prix d'Ouverture, puis Tour Méditerranéen, Tour de Sardaigne, Paris-Nice, Milan-San Remo, des Coupes de France, le Circuit de la Sarthe, Amstel Gold Race, Flèche Wallonne, Quatre Jours de Dunkerque, Tour de Catalogne, Dauphiné-Libéré, Championnat de France."

On imagine que le point d'orgue de votre saison sera le Tour de France, avec l'ambition d'y remporter une étape ?
"Pour moi, c'est le rêve. Je suis tendu là-dessus, après avoir déjà remporté une étape sur le Dauphiné-Libéré et obtenu sur cette grande épreuve quelques bonnes places. Je progresse chaque année. C'est vrai qu'il faut aussi de la réussite, les bonnes jambes le bon jour. Tout un ensemble d'éléments favorables qu'il faut réunir pour une fête après la victoire qui ne sacre que peu d'élus. Je serais comblé si je pouvais la décrocher. Je croise les doigts et je me dis au fond de moi-même 'pourvu que ça arrive'."

Propos recueillis à Saint-Aygulf par Jean-François Modery le 16 janvier 2008.

LOOK CYCLE INTERNATIONAL

OISANS TOURISME

MAURIENNE TOURISME 2

ABUS FRANCE 2020

INSCRIPTION EN LIGNE