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Interview d'Anthony Charteau (Crédit Agricole)

Publié le 26/01/2006 00:05

Interview d'Anthony Charteau : "c'est une remise en cause. Je suis venu au CA pour la confiance qu'on m'a témoignée."
Interview d'Anthony Charteau : "c'est une remise en cause. Je suis venu au CA pour la confiance qu'on m'a témoignée."

AC comme Anthony Charteau, le Vendéen, un des rares coureurs Français à avoir gagné une course ProTour en 2005. AC comme ce qu'il a signifié aux dirigeants de l'équipe Bouygues Telecom à la fin de la saison 2005. CA comme Crédit Agricole, son équipe pour les deux saisons à venir.

Anthony, nouvelle équipe, nouvelle préparation, comment ça se passe ?
"Plutôt bien, j'ai été assez surpris de l'organisation de l'équipe. J'avais peur d'être un petit peu perdu après cinq ans dans la même équipe. les dirigeants ont très confiance en moi, l'organisation du stage est parfaite. On sort de trois bonnes journées de stage assez musclées, 190 kilomètres avec Pietro Cauchiolli qui marche déjà très fort. 190 kilomètres sur des parcours accidentés en 5h30, ça donne une bonne petite moyenne."

Un changement d'équipe, ça entraîne des changements dans la préparation, dans ceux qui vous accompagnent ?
"Oui, beaucoup. Déjà, il y a une remise en cause personnelle. On voit d'autres coureurs, d'autres façons de préparer la saison. Mon entraîneur Pierre Guével, ça fait deux ans que je suis avec lui. Le Crédit Agricole m'a permis de continuer avec lui, c'est une personne en qui j'ai entièrement confiance, et Denis Roux me confirme les plans d'entraînement. Des remises en question, ça fait du bien. En plus, l'ambiance est bonne. Avec Christophe Le Mével, on se connaissait depuis l'équipe de France. On voulait courir ensemble et on va essayer de faire une belle saison."

Quels changements cette mutation va-t-elle entraîner dans le détail ?
"Déjà, depuis fin octobre, je connais mon planning de courses. Jusqu'aux Championnats de France, c'est difficile à faire et c'est une belle marque de confiance. Ca m'a fait du bien mentalement. A partir de là, mon entraîneur a une bonne base pour travailler. J'ai fait un bon hiver aux plans footing, musculation, natation, ce que je n'avais pas fait tous les hivers. Ensuite, j'ai redémarré de bonne heure, ce qui permet d'être plus en forme dans les stages et mieux travailler dans les cols."

Si on revient sur 2005, diriez-vous qu'il y a eu l'avant décision Tour et l'après ?
"Oui, mais c'est une histoire interne à Bouygues. Pour moi, il n'y avait pas d'avant et d'après Tour. Je marchais avant et après le Tour, comme on l'a vu sur la Vuelta. J'avais promis une bonne fin de saison, j'ai fait ce que je pouvais. Sur la Vuelta, j'ai été quatre fois devant dans les étapes de montagne. Il me reste encore quelques années de carrière, ce n'est pas la fin du monde, et quelques Tours encore, j'espère."

Avez-vous eu d'autres sollicitations à part Crédit Agricole ?
"Oui. Du fait de ma victoire d'étape au Tour de Catalogne et de ma seconde place dans la première étape du Critérium du Dauphiné-Libéré, j'ai été pas mal sollicité. Ca m'a fait plaisir et ça m'a conforté dans mes positions."

Quel sera votre pogramme en 2006 ?
"Déja, je reprends sur la Marseillaise, puis l'Etoile de Bessèges, le Trophée Laigueglia, le Tour du Haut-Var, la Classic Haribo, le Grand Prix de Chiasso, pour être au mieux de ma forme sur Paris-Nice, auquel je n'ai jamais participé. C'est dur, il faut être bien prêt. Et après, un peu de repos."

L'équipe a perdu son leader historique, sentez-vous qu'il y a une place à prendre ?
"Je ne viens pas du tout dans cet esprit-là. Je suis venu pour la confiance qu'on m'a témoignée. Je vais essayer de me spécialiser encore plus dans les courses à étapes. Je ne croyais pas trop en moi en montagne et il s'est avéré que j'ai bien marché en Catalogne, au Dauphiné. A la Vuelta, j'étais là aussi. Donc, une étape, sur des courses comme ça, oui. Pour le général, je ne pense pas encore, à moins de circonstances favorables."

Les Championnats de France auront lieu en Vendée, chez vous. Aurez-vous un sentiment particulier ce jour-là ?
"Oui, j'y pense depuis que je connais le lieu. C'est à 5 kilomètres de ma belle famille, à une vingtaine de kilomètres de chez moi, et dans le fief de mon ancienne équipe, avec qui je m'entends encore très bien, mais c'est vrai que si je peux leur faire un petit pied-de-nez, j'essaierai. Mais ce n'est pas évident. C'est très compliqué d'être dans un grand jour, que tout se passe bien. Je ferai le championnat à fond, mais je ne ferai pas de préparation spéciale pour ce jour-là."

Après cinq ans dans la même structure, vous changez complètement d'orientation, donneriez-vous ce conseil de changer pour se remettre en question ?
"Je ne suis pas une personne à changer souvent. Là, il y avait une raison, alors je ne compte pas changer tous les deux ans. J'étais très bien chez Bouygues, on verra comment ça va se passer. On fait un beau métier, un beau sport, on n'a pas de raison de se plaindre."

Pour le Tour de France, vous serez dans une équipe où il y aura place aux opportunités, comment voyez-vous ça ?
"On était habitués à l'équipe d'Armstrong, qui contrôlait la course dès le début. Là, il faudra être très sérieux sur toute la préparation car il va y avoir des opportunités. C'est vrai que ce Tour-là, il faudra le préparer à bloc. Pour les leaders comme pour les équipiers. Ce qu'a fait Thomas en 2004, c'est faisable à condition d'avoir un minimum de réussite, de bien marcher. Ce n'est pas tous les jours que ça va arriver mais pourquoi pas. Sur un Tour, il y a une centaine d'échappées, il faudra en saisir une ou deux. Pour l'instant, je suis sûr d'être à la Vuelta. Pour le Tour, on sera une dizaine à prétendre le faire, et la sélection se fera sur quatre-cinq coureurs. A moi de jouer."

Propos recueillis le 16 janvier 2006.

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