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Interview de Benoît Poilvet (Crédit Agricole)

Publié le 02/05/2007 09:50

Interview de Benoît Poilvet : "être équipier modèle ne me satisfait pas spécialement mais je me trouve utile dans ce rôle."
Interview de Benoît Poilvet : "être équipier modèle ne me satisfait pas spécialement mais c'est dans ce rôle que je me trouve le plus utile."

Pas spécialement veinard lors du Trophée des Grimpeurs en mai 2004, où consécutivement à une chute il fut victime d'une fracture du fémur, Benoit Poilvet su faire preuve de courage et de persévérance dans les mois qui suivirent pour récupérer la plénitude de ses moyens. Lors de la saison passée, le coureur breton eut à cœur de mériter la confiance des dirigeants du Crédit Agricole, en bouclant avec succès les Tours d'Italie et d'Espagne sur lesquels il fut aligné. Depuis, le Finistérien, qui emmène les sprints de Thor Hushovd, a une idée à travers la tête, celle d'épingler une épreuve du calendrier professionnel, performance qui s'est jusqu'ici refusée à lui alors qu'il vient d'aborder sa huitième année de professionnalisme aux côtés de Roger Legeay et Serge Beucherie. Un gage de fidélité.
Benoît, deux jours après Liège-Bastogne-Liège, vous enchaînez avec le Tour de Romandie, avez-vous récupéré de bonnes jambes ?
"J'ai fait en sorte de les retrouver en observant une journée complète de repos lundi. Je ne reprendrai le vélo que pour reconnaître le prologue et ensuite me préparer pour la fin d'après-midi, où il faudra donner le maximum, c'est sûr. En prévision du Tour de Romandie, j'ai même un peu prolongé la course d'hier après la côte de la Redoute, alors que j'avais sauté comme bien d'autres du peloton."

Quelle sera votre ambition sur l'épreuve helvétique ?
"C'est d'abord une épreuve que je vais découvrir et qu'on annonce vallonnée. J'espère avoir de bonnes sensations pour réussir au moins une belle étape, c'est-à-dire y faire quelque chose. Jouer aussi avec le groupe la course d'équipe quand on sait que les challenges sont le plus souvent calculés sur trois hommes. Rester concentré jusqu'au bout durant cette épreuve d'une semaine alors que je traverse une période de doute après un début de saison pas super."

Le fait d'être considéré par beaucoup comme l'équipier modèle suffit-il à votre bonheur ?
"Non, cela ne me satisfait pas spécialement. Je trouve pour l'instant, c'est vrai, plus d'utilité à apporter ma collaboration aux leaders du groupe qu'à jouer parfois un peu ma carte, mais il me manque quelque part d'essayer de remporter une course. C'est un rôle qu'il faut savoir accepter à mon âge, alors que j'arrive à 31 ans. D'un autre côté, je trouve que sur les courses ProTour, il faut les jambes, c'est de moins en moins tactique. D'où la nécessité de rester concentré et donner tout ce que l'on a quand ça fuse de toutes parts."

Vous donnez l'impression d'être monté en puissance après votre bonne saison 2006 et d'avoir atteint la plénitude de vos moyens physiques. Pourtant, ça ne veut toujours pas rigoler au niveau palmarès. Que vous manque-t-il ?
"Je ne suis peut-être pas assez fort physiquement. Quand j'analyse ma première partie de la saison, j'ai donné un maximum au Tour de Langkawi pour défendre le maillot d'Anthony Charteau sur plusieurs étapes, et déjà en particulier sur celle qui s'achevait au sommet, sans avoir le temps de récupérer pour le début de saison européen. En février, j'ai fait un Tour du Haut-Var en demi-teinte, et un Grand Prix de Chiasso de même facture avant de me voir écarter de la sélection de Paris-Nice et de Tirreno. J'ai raté le coche pour être dans la bonne sur Cholet-Pays de Loire et ensuite complètement manqué mon Critérium International. Les épreuves ProTour suivantes auxquelles j'ai participé, en l'occurrence le Tour du Pays-Basque, la Flèche Wallonne, et Liège-Bastogne-Liège, auraient demandé une bien meilleure condition pour s'y faire remarquer. Je n'ai obtenu que des places satisfaisantes sur les deux seules épreuves suivantes de la Coupe de France, la Route Adélie (21ème) et le Tour du Finistère (24ème)."

Quels sont vos points forts et vos faiblesses ?
"Je suis un coureur passe-partout capable de bien négocier n'importe quel type d'épreuve, mais qui manque de confiance. Peut-être ai-je du mal à me connaître. J'ai peut-être aussi tendance à en faire trop à l'entraînement, d'où parfois du mal à arriver en forme quand il faut. Je pars du principe qu'il faut faire le maximum que le corps peut accepter sans pour autant se cramer."

Y a-t-il chez vous un certain côté baroudeur sur la base de votre échappée au long cours l'an dernier sur le Giro ?
"C'est vrai que c'est sur ce genre d'action qu'il m'est possible d'aller chercher le résultat. Ce jour-là, où au départ on a eu un bon de sortie, on n'a jamais pu creuser un écart conséquent capable de nous emmener au pied des dernières difficultés avec suffisamment d'avance. Sur le dernier Giro, que l'équipe a bien négocié, j'ai quand même été chercher une place de 12 sur une étape. J'ai eu un moment sur le maillot le dossard rose de l'inter-Giro, qu'il y avait lieu d'aller chercher sur des sprints intermédiaires. Jusqu'au jour où Paolo Bettini s'est mis de la partie pour le remporter. Sur ce challenge, j'ai eu le plaisir de cueillir une place de 5 à Milan. Ce Tour d'Italie, avec Denis Roux, reste un bon souvenir pour toute l'équipe qui a quand même terminé au complet sans un abandon."

Le fait de ne pas participer comme l'an dernier à cette épreuve laisse-t-il supposer que vous allez essayer d'obtenir la sélection sur le Tour ?
"Au départ, j'étais dans les quatorze ou quinze coureurs sélectionnables pour le Giro, et ce n'est qu'au vu de ma forme quelque peu moyenne que j'en ai été écarté récemment. J'ai quand même l'idée de me retrouver pour négocier au mieux l'approche des rendez-vous importants. Déjà, sur ce Tour de Romandie, comme j'ai dit précédemment, lors d'une étape, et ensuite sur les rendez-vous qui suivront, si je suis sélectionné, comme le Dauphiné-Libéré ou le Tour de Suisse et le Championnat de France. Il reste aujourd'hui quelques places à prendre pour être au départ du Tour, d'où l'idée d'aller la chercher."

Aviez-vous l'idée de faire quelque chose sur le Tour de Finistère, qui empruntait les Monts d'Arée et vos routes d'entraînement ?
"J'avais bien abordé cette course, en prenant la bonne échappée à neuf coureurs dès le 30ème kilomètre avant d'être repris par un groupe dans lequel nous nous sommes retrouvés à quatre du Crédit Agricole. J'ai laissé ensuite un peu trop de forces à aller chercher un fuyard au service de mes coéquipiers. Sans cet effort, j'aurais pu rallier l'arrivée avec les meilleurs. Anthony Charteau et Rémi Pauriol avaient quand même de bonnes jambes ce jour-là. Dommage qu'ils se soient fait piéger par Niels Brouzes."

Possédez-vous une motivation supplémentaire cette année par le fait d'arriver en fin de contrat ?
"C'est vrai que l'on se demande toujours si cela ne va pas être la fin. Un peu angoissant quelque part, il faut l'avouer. J'ai connu la même situation lors de la saison dernière, que j'avais abordée avec un contrat d'une seule année. On verra. Le fait de donner le maximum, de puiser dans le meilleur de moi-même m'empêchera d'avoir des regrets si jamais je ne suis pas conservé."

Propos recueillis par Jean-François Modery le 30 avril 2007.

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