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Interview de Christophe Le Mével (Crédit Agricole)

Publié le 03/03/2003 09:32

Interview de Christophe Le Mével (Crédit Agricole) : "j'ai beaucoup travaillé pour arriver où j'en suis aujourd'hui".
Interview de Christophe Le Mével (Crédit Agricole) : "j'ai beaucoup travaillé pour arriver où j'en suis aujourd'hui".


© Crédit Agricole
Alors qu'il s'était montré à son avantage en début de course, Christophe Le Mével chute lourdement le dimanche 10 mai 2002 à l'issue de la dernière étape des 4 Jours de Dunkerque. Une chute très grave qui aura laissé beaucoup de traces au coureur breton. Le nerf sciatique sectionné, ce sont des mois de rééducation et de courage qui attendent Christophe Le Mével.

Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui ?
"Dans un très bon état d'esprit, je suis très content d'être de nouveau dans le peloton. Je me suis demandé tellement longtemps si je recourrais alors être aux départs et surtout aux arrivées, c'est génial !"

Comment s'est passé votre retour au Tour du Quatar ?
"J'avais beaucoup d'appréhension car je n'aime pas les bordures. Neuf mois sans courir, cela engendre des mauvaises habitudes mais tout s'est bien passé au final. J'ai été dans le dur sur une étape mais pour le reste c'était bien, je suis revenu au niveau où je me sens d'attaquer. Je ne le fais pas pour le moment car je préfère finir mes courses mais ça me démange !"

Quel est votre programme maintenant ?
"Je devais faire les Grand Prix de Chiasso et Lugano mais comme je me suis cogné le genou dans le guidon, on a préféré reporter au Grand Prix de Lillers. Puis, je participerai à des courses aux Pays-bas, je ne serai donc pas sur Paris-Nice."

Après cet accident en mai 2002, vous considérez-vous comme un miraculé ?
"Un miraculé ? Non pas du tout, j'ai beaucoup travaillé pour arriver où j'en suis aujourd'hui. Il y a eu beaucoup de doutes, mais au plus profond de moi, j'étais plus angoissé de ne pas reprendre le vélo car cela aurait signifié que je ne remarcherais plus correctement."

A quel moment avez-vous revu le soleil ?
"A la mi-août, j'ai ressenti des picotements dans ma jambe, des petites impulsions dans le jambier intérieur, en dessous du genou, au niveau des fléchisseurs. C'est donc arrivé trois mois après l'opération, c'est long."

Aujourd'hui, vous estimez avoir récupéré à quel niveau ?
"Pour les muscles, je dirais à 70%, contre 0% en août, c'est déjà pas mal."

Quel souvenir gardez-vous de votre accident ?
"Quand j'ai vu ma jambe ouverte du genou au tendon d'achille, j'ai tout de suite senti que c'était grave et que le nerf était touché. J'ai vu mon mollet tout ouvert, le muscle défait. Malgré les commentaires autour de moi qui étaient réconfortants, mon sentiment était celui de l'importance de l'accident."

Avez-vous envisagé votre après-carrière à 21 ans ?
"Oui, j'avais alors beaucoup d'idées qui s'accumulaient, j'ai toujours fait des projets, comme partir en Australie pendant un an, trouver une formation dans le commerce car j'aime bien ça. Dans un cas comme celui-là, il est nécessaire d'avoir des projets en dehors du vélo, et ne jamais perdre espoir, y croire, aller de l'avant. En fait, le mental et l'entourage sont primordiaux."

Vous êtes blessé pratiquement en même temps que Florent Brard, et vous êtes de nouveau dans le peloton, qu'est-ce-que cela vous inspire ?
"Florent était blessé au niveau osseux, les vertèbres se réparent normalement. Il y a deux semaines entre nos accidents, moi j'ai dû attendre 3 mois pour repartir et y croire, lui savait que le temps allait dans son sens. C'est donc d'autant plus dommage, il aurait dû attendre un peu plus, faire davantage attention, et avertir les médecins de l'équipe."

Quelles différences il y a-t-il entre le coureur d'avant et après l'accident ?
"Je relativise beaucoup plus dans le cyclisme et en général. J'ai été au bord d'arrêter le vélo à 21 ans. En réeducation pendant six mois, j'ai rencontré des gens beaucoup plus accidentés que moi, j'ai croisé des kinés, des docteurs, des patients. Tous m'ont montré à leur manière de toujours y croire, de toujours aller de l'avant. J'ai même rencontré une personne de mon âge qui était en rééducation depuis 4 ans et demi."

Quelle est donc votre vision du vélo maintenant ?
"Je me dis que ça peut s'arrêter à tout instant, que tout va très vite, qu'il faut apprécier chaque moment."

Si on vous compare à Lance Armstrong, pour ce come-back de très loin, qu'en pensez-vous ?
"Je ne me compare pas à lui, il a réchappé d'un cancer, c'est encore autre chose, lui luttait pour la vie, moi pour remarcher donc faire du vélo. J'ai appris à ne pas me comparer à d'autres accidentés, d'autres cas... L'accident est chaque fois différent, la récupération aussi, pour Lance Armstrong le combat était tout autre."

Pendant ces mois de doutes, quel a été le soutien le plus fort ?
"Roger Legeay a été super, il m'appelait pratiquement tous les deux jours. Denis Roux également et pratiquement tous les coureurs du Crédit Agricole, mais aussi des coureurs français et étrangers d'autres équipes. Je ne veux pas citer de noms car j'en oublierai. A côté du monde du vélo, évidemment ma famille a toujours été près de moi."

Avez-vous suivi le vélo pendant cette période ?
"Pas forcément, je suis allé sur deux étapes du Tour de France, aux Champs-Elysées et à Lorient, près de chez moi, mais je ne me suis pas fixé sur les courses cyclistes."

Quelles sont vos ambitions pour la saison 2003 ?
"D'abord, faire une saison pro complète, et retrouver le niveau à 100% en août-septembre vers le Tour de l'avenir et en Coupe de France. En ce début de saison, je sais que j'aurai des hauts et des bas forcément."

Comment voyez-vous la saison du Crédit Agricole ?
"On a une super équipe, avec une très bonne entente. De toute manière, cela ne peut être que meilleur vis à vis de 2002."

Propos recueillis le 28 février 2003.

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