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Interview de Christophe Le Mével (Crédit Agricole)

Publié le 26/05/2005 19:14

Interview de Christophe Le Mével : "une victoire donne confiance. J'ai pris conscience de mes possibilités."
Interview de Christophe Le Mével (Crédit Agricole) : "une victoire donne toujours confiance. J'ai pris conscience de mes possibilités."

Le nombreux public massé hier sur l'axe principal de Varazze a dû assez vite se résigner. Il a compris que la victoire ne pourrait plus tendre les bras à l'enfant de la région Alessandro Petacchi. Elle s'est offert à Christophe Le Mével (Crédit Agricole), vainqueur au panache d'une échappée née au kilomètre 98, peu avant Tortona. Le jeune coureur Breton a reçu quelques instants après une énorme congratulation de Yannick Talabardon, son coéquipier et ex-compagnon d'échappée, qui avait franchi la ligne 50 secondes derrière lui... Des moments d'émotions partagés par les rares Français présents autour d'eux dans la petite cité ligure. Vélo 101, témoin de cet évènement sportif, tenait à le faire partager à ses lecteurs. On notera que la dernière victoire française sur le Tour d'Italie remontait au 31 mai 1999 avec un certain LaurentJalabert. Cela se passait à Lumezzane dans le Piémont.

Christophe, votre superbe victoire d'étape à Varazze constitue-t-elle le fleuron de votre carrière sportive ?
"Assurément. Cette victoire sur le Tour d'Italie est énorme pour moi. Il ne faut pas oublier qu'elle intervient quelques années après des énormes problèmes de santé consécutifs à une chute aux Quatre Jours de Dunkerque 2002. J'ai dû subir deux opérations, huit mois d'immobilisation et un grand point d'interrogation sur la suite de ma carrière sportive. Cette victoire d'hier intervient comme une récompense au long chemin qui m'a ramené sur le vélo et sur les trois secondes pour lesquelles j'échoue lors du dernier Tour de l'Avenir. Dans tous les cas, j'espère qu'elle sera suivie d'autres succès."

A ce sujet, peut-elle constituer un tournant dans votre carrière ?
"Une victoire donne toujours confiance. J'ai pris conscience de mes possibilités."

Votre attaque dans l'échappée finale a-t-elle répondu à une anticipation d'éviter la confrontation avec vos compagnons d'échappée ?
"Il faut dire que j'ai fait une place de quatre dans une étape de Tirreno-Adriatico cette année alors que nous étions à cinq dans l'échappée. Servais Knaven avait réussi à sortir d'entre nous pour conclure en solo. Je n'ai pas voulu revivre cela. J'ai donc tenté le tout pour le tout pour l'emporter et cela a voulu me réussir."

Avez-vous été surpris par le fait que personne n'ait ramené l'échappée sur vous ?
"Je me doutais que cela allait hésiter puisque mon démarrage s'est produit avant un virage à 90 degrés. Je me suis dit de passer le virage à bloc sans freiner et que de toutes façons on verrait la suite. Ca passe ou ça casse, quoi. Même s'ils étaient revenus dans ma roue avant le virage, j'aurais remis ça."

Une victoire d'étape dans un grand tour, ça fait quoi ?
"Beaucoup d'émotions. Pour tout vous dire je suis encore sur mon petit nuage. Je pense que cela va retomber après dimanche. Parce qu'il faut encore mettre la main à la pâte pour aider Pietro Caucchioli à conserver sa 6ème place au classement général et l'équipe au challenge par équipes. Pour ce qui me concerne, je m'estime satisfait, j'ai gagné mon étape, c'est le pied."

A quelle distance de la ligne y avez-vous définitivement cru ?
"A 200 mètres seulement, par le fait que je ne m'étais pas trop retourné. Ce n'est que sur les 200 derniers mètres que j'ai vraiment pu savourer pleinement ma victoire. Je ne regardais pas dernière moi car je donnais tout à bloc."

Aviez vous les oreillettes sur l'étape d'hier entre Lissone et Varazze ?
"Oui. Ca aide quand même par le fait que l'on est renseigné par sa voiture et ça aide pour doser parfois son effort."

Avez-vous un certain feeling pour les épreuves italiennes dans la mesure où l'on se remémore vous avoir vu caracoler seul plusieurs tours en tête lors du dernier Mondial de Vérone, et ensuite briller sur Tirreno-Adriatico ?
"Oui. C'est vrai que j'ai passé pas mal de temps en tête sur le circuit de Vérone. Je fais quatre, comme expliqué précédemment sur une étape de Tirreno. Dans la catégorie Espoirs, j'avais accroché une place de cinq au Tour des Régions Italiennes. C'est, on va dire, un pays qui a l'air de me réussir. Peut-être le soleil italien !"

Comment avez-vous fêté l'évènement avec vos coéquipiers hier au soir à l'hôtel Miramar de Celle Ligure ?
"En fait, une fête entrecoupée de beaucoup de coups de fils, télés, radios qui m'appelaient. Et on s'est fait un petit plaisir en buvant le champagne avec l'équipe."

A qui est allé votre pensée au franchissement de la ligne d'arrivée ?
"A tous ceux qui ont été présents autour de moi lorsque j'ai eu mon accident. En résumé, ceux qui m'ont soutenu dans les moments difficiles."

Avez-vous reçu les félicitations du staff de l'équipe ?
"Oui. Roger Legeay et l'ensemble du staff ont tous tenu à me témoigner les plus grandes félicitations."

Participerez-vous au Tour de France ?
"Je ne sais pas encore. Normalement je n'étais pas prévu. Si l'on me demande de le faire, j'irai avec une grande motivation pour gagner également une étape."

Propos recueillis par Jean-François Modery le 26 mai 2005.

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