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Interview de Christophe Le Mével (Crédit Agricole)

Publié le 22/01/2006 00:05

Interview de Christophe Le Mével : "cette saison, je veux marcher fort sur les classiques et un peu avant."
Interview de Christophe Le Mével : "cette saison, je veux marcher fort sur les classiques et un peu avant."

Vainqueur d'une étape du Giro l'an dernier, le Breton Christophe Le Mével (Crédit Agricole) entame en 2006 sa cinquième saison professionnelle, toujours sous les ordres de Roger Legeay. Après la découverte du Tour d'Italie et du Tour d'Espagne l'année dernière, le coureur de 25 ans fera cette saison ses débuts sur le Tour de France. Mais ce sont les classiques qui l'attirent auparavant.

Christophe, comment avez-vous géré cette intersaison ?
"Relativement bien. Je suis parti en vacances puis reprise de l'entraînement. Ce qui est bien, c'est que je n'ai eu aucun
pépin de santé ou quoi que ce soit. J'ai passé un bon mois de décembre en Italie. J'ai repris le 15 novembre, et j'avais coupé juste après Madrid, une bonne coupure d'un mois et demi, c'est parfait. Je n'ai jamais eu de prise de poids. En fait, je ne varie pas beaucoup. Que ce soit l'été ou l'hiver, je suis stable à deux-trois kilos près."

Avec l'expérience, variez-vous votre préparation ?
"Pas trop en fait. Au plan des courses, je vais faire le Tour de Langkawi, en Malaisie, comme en 2005, et ensuite le même programme jusqu'à Liège-Bastogne-Liège. En fait, je veux marcher fort sur les classiques et un peu avant."

D'ores et déjà, vous serez dans l'équipe du Tour, allez-vous changer des choses sur les courses d'une semaine ?
"On a déjà tout défini avec Roger Legeay. Ce sera le Critérium du Dauphiné-Libéré, sans penser au Tour de Suisse, ou au Giro."

Si on fait un retour sur 2005, est-ce qu'on peut dire qu'il y a un Christophe Le Mével d'avant et d'après le Giro ?
"Non, c'est le même Christophe. C'est vrai que ma victoire au Giro a été exceptionnelle, je ne vais pas changer pour ça. Sur les courses à étapes, l'équipe me demandera plus, c'est normal, et c'est ce que je veux. Marqué par les autres coureurs, oui et non. Quand ça se fait à la pédale et qu'on est fort, on peut être marqué, ça passe quand même."

Sur ce Giro 2005, avec Cauchiolli, vous aviez une vraie dynamique, sans pression particulière ?
"On a surtout bien travaillé. On fait deuxième équipe au général, l'équipe était très motivée. Patrice Halgand marchait fort, Pietro bien sûr, moi, j'avais fait de bons résultats avant ma victoire. On était dans une spirale positive et ma victoire a été la cerise sur le gâteau, pour moi et toute l'équipe Crédit Agricole. Le Giro n'avait rien à voir avec ma Vuelta 2005, c'est certain."

Sur le Tour 2006, quel sera votre rôle ?
"Aider au maximum Pietro sur tout le Tour, et prendre les ouvertures quand elles se présenteront."

Vous avez déja des étapes en tête ?
"Tout le monde pense à la Bretagne, mais non, ce sera trop tôt. Sur la première semaine, il n'y a pas assez de choses de faites, pas assez de fatigue dans le peloton. C'est plus tard qu'il faut se projeter, tout pour la dernière semaine."

Conquérir le Maillot à Pois, avec Pietro Cauchiolli, vous l'envisagez ?
"Possible, mais on visera plutôt une place dans les dix, voire dans les cinq. Il peut bien faire, et ne fera que le Tour de France."

Vous êtes un des deux coureurs Français à avoir gagné une étape d'un grand tour en 2005, ça vous met une certaine pression pour 2006 ?
"Non, je n'éprouve aucune pression particulière. C'est moi qui me la mettrai tout seul. Ca fait cinq ans que je suis au Crédit Agricole, ils commencent à savoir quand il faut me booster et aussi me lâcher."

L'équipe a perdu Christophe Moreau, son leader, qui voyez-vous prendre sa place ?
"Je pense que Pietro Cauchiolli prendra cette place sans problème."

Pour la fin de saison, l'équipe de France, c'est motivant ?
"Pour la seconde partie de la saison, on fera le point après Liège, mais l'équipe de France, les Championnats du Monde, c'est quelque chose de particulier. Je l'ai fait ces deux dernières saisons, plus une fois en Juniors et deux fois en Espoirs. Cette année, j'espère encore en être, il faut qu'on crée une dynamique de groupe. Anthony Geslin a montré la voie, à nous de continuer, on peut concrétiser à plus haut niveau encore."

Ca fait cinq ans que vous êtes au Crédit Agricole. L'équipe garde des caractères immuables (même maillot), n'avez-vous pas peur d'une certaine routine ?
"Pour l'instant, j'y suis très bien. Je vais y rester encore pour mes deux années de contrat, voire plus. La routine ? Je n'envisage pas ça comme ça. Ma carrière n'a pas été facile, le Crédit Agricole m'a suivi pendant ces moments difficiles, et ce n'est pas parce que j'ai changé de statut que je vais l'oublier. Je me sens bien au Crédit Agricole."

Avez-vous mesuré l'impact d'une victoire sur un Giro ?
"Pas spécialement, et je pense que l'impact sur le Tour serait cent fois plus important. Seuls les connaisseurs savent que j'ai gagné au Giro, le grand public s'intéresse au Tour de France."

Propos recueillis le 16 janvier 2006.
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