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Interview de David Moncoutié (Cofidis)

Publié le 23/01/2006 00:05

Interview de David Moncoutié (Cofidis) : "décrocher une belle course du calendrier, ça fait partie des objectifs."
Interview de David Moncoutié (Cofidis) : "décrocher une belle course du calendrier, ça fait partie des objectifs."

David, on est à l'époque des voeux, que faut-il vous souhaiter pour 2006 ?
"Beaucoup de victoires ! C'est sûr que décrocher une belle course du calendrier, ça fait partie des objectifs, donc une étape du Tour ou une classique d'un jour, voire le général d'une course à étapes. Des courses comme la Clasica San Sebastian, le Championnat de Zurich et le Tour de Lombardie. C'est la fin de saison mais j'espère pousser jusque là, et puis Liège-Bastogne-Liège, où j'espère briller. Les classiques ardennaises, c'est quelque chose qui pourrait me convenir. Maintenant, je n'y ai jamais rien fait. En 2005, ça n'a pas souri. Cette année, on verra."

Comment gérez-vous votre intersaison avec une telle expérience ?
"C'est ma dixième année professionnelle, je commence à me connaître. Je sais quelles charges de travail je dois avoir pour être en forme. Maintenant, mes objectifs sont un petit peu plus tard dans la saison. Je vais lever le pied en début de saison par rapport aux années précédentes."

Vous ne viserez toujours qu'un seul des trois grands tours ?
"Le Tour, c'est l'objectif de l'année. Après, il y aura normalement le Tour d'Espagne. Déjà en 2005, je devais la faire mais je me sentais fatigué après avoir beaucoup roulé. Cette année, en ayant moins de jours de courses, il y aura possibilité."

Pour préparer le Tour, sur quelles épreuves allez-vous être présent ?
"Le Tour de Romandie, la Tour de Catalogne et le Critérium du Dauphiné-Libéré, ce sont trois courses qui peuvent me convenir. En 2005, j'avais fait 3ème de la catalogne et 6ème du Dauphiné. Cette année, je vais viser plus haut."

Sur quels domaines estimez-vous devoir progresser pour prétendre à la victoire sur de telles courses ?
"Mon point fort, c'est la montagne, mais le contre-la-montre, c'est là où je dois progresser, c'est certain."

Quel regard portez-vous sur l'effectif Cofidis 2006 ?
"Un regard neuf, puisque près de la moitié de l'équipe a changé. Elle a été pas mal rajeunie, avec des jeunes qui sont là pour progresser sur deux-trois ans. Jusqu'à présent, on a été en stage, avec beaucoup de coureurs. C'est difficile de voir mais c'est au contact des courses qu'ils vont le plus apprendre."

Vous même, vous vous définissez comme quel type de coureur ?
"J'ai besoin de liberté, au niveau de l'entraînement, comme au niveau de mes courses. On arrive à faire un compromis entre ce que souhaite l'équipe et ce que je souhaite, tant que ça apporte aux deux, c'est bien pour nous tous. C'est peut-être anachronique dans le monde du vélo, c'est ma manière de fonctionner. Certes, c'est un sport professionnel mais avant tout pour moi, c'est un sport 'loisir' où je vois moins le côté professionnel. Après, je sais qu'il y a un sponsor derrière et qu'il faut se donner à fond, être sérieux sans se prendre au sérieux. Pour moi, c'est une condition essentielle, j'aime bien avoir pas mal de liberté pour fonctionner."

C'est quelque chose qui vient de votre formation, de votre éducation ?
"Disons que c'est quelque chose de personnel. J'évolue dans l'équipe Cofidis depuis dix ans. On se connaît, ils savent qu'ils peuvent compter sur moi en me laissant des libertés. Jusqu'à présent, je leur ai apporté des satisfactions. C'est un bon compromis, les résultats sont là pour valider cette liberté dont je jouis."

Comment vous voyez-vous dans votre après-carrière ?
"Je ne sais pas trop. Au début, je me voyais ne pas rester dans le milieu du vélo. Là, ça a évolué mais rien n'est programmé. Toutes les opportunités seront étudiées. Je suis plutôt atypique, donc c'est plus difficile de faire partager mon expérience à des jeunes par exemple."

Jusqu'à quel âge pensez-vous prolonger votre carrière ?
"Là, j'ai un contrat de deux ans, et après, je me vois bien continuer un ou deux ans de plus. 34 ans maximum. C'est l'envie personnelle qui déterminera."

Votre vie personnelle va changer puisque vous allez être papa, comment l'anticipez-vous ?
"C'est prévu pour début mars. Ca va être un événement, mais il y a ma vie privée d'un côté et le vélo de l'autre. Le vélo, c'est une période de ma vie, le bébé c'est pour toute la vie. Ce sera au moment de Paris-Nice, mais la priorité sera plus la naissance du bébé que la course, même si je sais qu'il y a une arrivée à Dignes."

Propos recueillis aux Isambres le 16 janvier 2006.
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