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Interview de Dimitri Fofonov (Crédit Agricole)

Publié le 19/01/2006 14:02

Interview de Dimitri Fofonov (Crédit Agricole) : "changer d'équipe donne un coup de fouet, ça apporte une nouvelle motivation."
Interview de Dimitri Fofonov (Crédit Agricole) : "changer d'équipe donne un coup de fouet, ça apporte une nouvelle motivation."

Nul ne prendrait de risques à répertorier Dimitri Fofonov parmi les valeurs sûres du bataillon de mercenaires engagés dans les équipes professionnelles de l'Hexagone. A l'aube de sa huitième année chez les pros, le coureur Kazakh n'a jamais failli à la tâche qui lui a toujours été assignée : un sacrifice jamais démenti en faveur de son leader. D'un naturel disponible teinté de serviabilité, l'Auvergnat d'adoption loue désormais ses services à la cour de Roger Legeay au sein du Crédit Agricole.

Dimitri, avez-vous l'impression de donner une autre direction à votre carrière en rejoignant le Crédit Agricole ?
"C'est un fait qu'en changeant d'équipe cela donne un coup
de fouet. L'avenir me dira si j'ai choisi la bonne voie. Il n'est pas mauvais de se remettre en question, il me semble. C'est vrai que ça apporte une nouvelle motivation. J'ai connu cela de par le passé en rejoignant Besson de Collstrop et après en arrivant chez Cofidis."

Andrey Kashechkin, ancien de l'équipe, est-il pour quelque chose dans votre arrivée au sein du groupe ?
"Non, pas vraiment. Mon arrivée dans les rangs de cette équipe n'a pas été motivée par une quelconque recommandation d'Andrey. Je sais qu'il était très apprécié au sein d'entre eux. Je vais essayer de ne pas les décevoir."

Vous êtes répertorié parmi les bons sprinters du peloton et pourtant ça ne rigole pas plus que cela pour vous aux arrivées. Pourquoi ?
"Il faut relativiser quand même ma pointe de vitesse. Je suis capable de tirer seulement mon épingle du jeu dans une arrivée d'une quinzaine ou vingtaine d'éléments. Je ne suis pas vraiment capable de rivaliser avec les purs sprinters du circuit, c'est une évidence. En plus, quelle utilité pour l'équipe d'aller chercher une onzième ou douzième place lors d'une arrivée, je pose la question. Il était plus positif d'après moi d'aider les hommes forts, tel Stuart O'Grady, que nous avions dans nos rangs, que d'aller chercher un accessit qui n'apportait rien de plus à l'équipe. "

Aurez-vous néanmoins l'étiquette de sprinter numéro deux derrière Thor Hushovd ?
"D'abord, ce sera tout au service de Thor. C'est vrai que si j'ai quelques cartes personnelles à jouer, on verra. L'équipe est construite d'abord autour de Thor. Tout le monde en a bien conscience. Tout le monde chez nous a bien compris où se situe notre intérêt."

Est-il difficile de réussir une brillante carrière à l'étranger lorsque l'on ne s'appelle pas Alexandre Vinokourov ?
"Non. Un directeur sportif et un sponsor voient avant tout la publicité de la victoire. Ivan Basso leader désigné de la CSC est Italien alors que son groupe est scandinave. On va dire qu'il n'est pas toujours facile de rejoindre l'équipe professionnelle que l'on souhaiterait lorsque l'on quitte les rangs amateurs. Alexandre, qui est Kazakh comme moi, aura ce rôle dans une équipe à dominante espagnole."

Comptez-vous parmi les amis les plus intimes d'Alexandre Vinokourov ?
"Oui. Nous avons des liens d'amitiés. Chaque occasion de se retrouver est une joie. "

Regrettez-vous d'avoir lâché prise dans le final de l'étape de Lons-le-Saunier, lors du Tour 2004, où vous aviez une belle chance face à vos quatre autres adversaires ?
"C'est vrai que cela me laisse des regrets. J'avais les jambes pour gagner. Disons que j'ai fait ce jour-là une grande erreur de tactique. Le groupe s'est disloqué à l'approche de l'arrivée. On s'est regardé pour aller chercher les fuyards. Personne n'a voulu faire l'effort."

Avez-vous encore un souvenir vivant de l'épisode Armstrong-Simeoni alors que vous étiez témoin direct d'une scène qui continue de faire jaser ?
"Cela ne laisse pas beaucoup de souvenirs. Nous étions à bloc pour essayer de basculer en tête avant de franchir un col. Armstrong a fait un très court mouvement vers nous pour tancer Simeoni. Mais notre attention était surtout dirigée vers la réussite de l'échappée. La télévision était au-dessus de nos têtes..."

Comment expliquez-vous votre absence dans la sélection de votre pays lors du dernier Mondial ?
"C'est à la suite d'une fracture de la clavicule lors du Tour de Poitou-Charente que j'ai été soustrait de la sélection. J'étais présélectionné pour le Mondial. C'est pour cela qu'on a fait appel à Maxim Gurov, encore amateur, pour me remplacer."

Quel programme vous a été fixé par Serge Beucherie et Roger Legeay pour 2006 ?
"Tour Méditerranéen, Tour du Haut-Var, Trophée Laigueglia, Paris-Nice, Liège-Bastogne-Liège et, j'espère, Tour de France."

Une victoire à Fourmies il y a deux ans aurait-elle modifié votre parcours ?
"Peut-être, mais je ne me suis pas pris la tête pour cela. Nous avions bien collaboré avec Andrey Kashechkin dans l'échappée et cela a été chacun pour soi sur la ligne. Nous avions compris tous deux l'intérêt à ce que l'échappée aille au bout. Cela m'a par contre été assez désagréable de m'entendre dire par un directeur sportif de Cofidis que j'avais vendu la victoire à mon compatriote. Il oubliait que j'avais participé la veille à Paris-Bruxelles avec 80 kilomètres d'échappée au départ, assorti d'une chute collective dans le final. Pas le mieux pour préparer Fourmies, il faut avouer."

Rêvez-vous d'une victoire en particulier ?
"Je ne rentre pas dans la catégorie des rêveurs. Je prends les courses comme elles viennent en donnant le meilleur de moi-même. Il n'y a pas de course particulière qui hante mes esprits. Le principal étant toujours d'après moi de bien accomplir son travail et de sentir son employeur satisfait."

Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez adopté une carrière de coureur cycliste ?
"Cela s'est passé bizarrement, alors que j'avais neuf ans, et que c'était mon anniversaire. Mes parents m'ont emmené en promenade dans un parc d'Alma Aty, la capitale de mon pays, où je résidais. Parc il faut préciser où se trouve un vélodrome. J'ai aperçu un groupe qui roulait et un d'entre eux m'a convié à m'essayer sur un vélo. Cela a été pour moi le déclic qui m'a orienté vers la carrière cycliste. De fil en aiguille, j'ai été membre plus tard de la sélection Kazakh, en déplacement sur des épreuves européennes. C'est bien après que j'ai reçu une proposition de Collstrop pour signer un premier contrat professionnel."

Appréciez-vous l'Auvergne, où vous avez choisi de résider ?
"Enormément. J'apprécie la région de Clermont-Ferrand. Des routes d'entrainement comme j'aime."

Propos recueillis par Jean-François Modery le 16 janvier 2006.

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