FLASHS

Pros

Interview de Jean-René Bernaudeau, manager de Bouygues Telecom

Publié le 01/08/2007 10:14

Interview de Jean-René Bernaudeau : "les limites ont été atteintes, le public a montré qu'on ne peut pas impunément voler."
Interview de Jean-René Bernaudeau : "les limites ont été atteintes, le public a montré qu'on ne peut pas impunément voler."

Jean-René, quel bilan dressez-vous du Tour de France 2007 ?
"Le bilan, je parlerais davantage de celui que doit faire le Tour. Le public a sifflé les meilleurs. Quelque chose va changer. L'indécence a montré ses limites. Aujourd'hui on ne parle plus de sport mais de reconstruction. Donc dans ce contexte, je ne fais pas de bilan. Je veux aider à ce que les gens comprennent que nous sommes garants de quelque chose, que nous sommes l'héritier d'un siècle de Tour de France, que nous ne sommes pas là pour longtemps et que l'on doit tout faire pour que notre sport se développe, ou au minimum garde sa place. Mais il faut que toutes ces histoires cessent, des histoires qui ont toutes un point commun puisqu'il ne s'agit pas de dopés mais de voleurs. Il faut que les lois s'adaptent et aujourd'hui, je refuse de faire un
bilan à cause de tout ça."

Vous pouvez tout de même tirer une analyse du comportement de votre équipe sur ce Tour ?
"Ce n'est pas possible de faire un bilan, et voilà pourquoi je ne veux pas en parler. Si Astana ne fait pas la bordure à Montpellier, Xavier Florencio peut gagner l'étape. Si Pierrick Fédrigo n'est pas rattrapé au kilomètre, on gagne aussi... Je n'ai pas à me plaindre, et je ne me plains pas, mais dans ce contexte je ne souhaite pas faire de bilan."

L'équipe Bouygues Telecom a vécu des moments positifs sur ce Tour ?
"Plein. On a le sourire, on est transparent et on fait du bien aux gens. Le public nous a soutenus, notamment dans les descentes de cols lorsqu'on redescendait à l'hôtel. Certains nous ont demandé parfois avec la larme à l'œil pourquoi abandonner, nous témoignant leur soutien. On leur a répondu qu'il ne fallait pas s'inquiéter, que nous n'abandonnerions jamais. C'est de ce point de vue là que le bilan est intéressant. Le public a montré qu'on ne peut pas impunément voler. Les limites ont été atteintes sur ce Tour. On ne peut pas posséder le Maillot Jaune, la plus belle chose au monde, et se faire siffler. C'est invendable. Dans huit jours, on aura oublié Rasmussen alors qu'il a fait des exploits fabuleux."

Avez-vous noté des surprises au sein de votre équipe ?
"Non, pas de surprise. On a loupé l'étape de Marseille, mais c'est tout. Ce jour-là, on a juste manqué de vigilance. Mais nos résultats ont été conformes avec un Tour, un cyclisme, qui marche sur la tête."

Que vous a-t-il manqué pour obtenir une victoire d'étape sur ce Tour de France ?
"Que le Tour ne marche pas sur la tête ! Que voulez-vous ? On rentre dans un contexte de compétition avec de la pollution de partout. Les résultats n'ont aucune valeur. Quelle est la valeur du classement du Tour aujourd'hui ? La seule valeur qu'on pourra retenir de ce Tour, c'est qu'on va se pencher sur la question pour faire en sorte qu'il n'y ait plus de suspicion dans notre sport et qu'on puisse applaudir tous les vainqueurs, comme Sandy Casar, ce qui a fait du bien. C'est un type qui est courageux, qui est méritant. Sa victoire m'a fait énormément plaisir. J'aurais préféré que Laurent Lefèvre l'emporte, mais à partir du moment où on est battu par un type comme Casar, je ne m'offusque pas."

A qui faut-il finalement en vouloir sur ce Tour de France ?
"A ceux qui viennent manger le gâteau sans penser que derrière nous il y a des bénévoles qui en ont ras-le-bol, des dirigeants qui ne sont pas respectés, des sponsors qui sont bafoués. J'en veux à tous ces gens-là. Quand on parle de Rasmussen, il y a des gens qui se demandent où il était en juin, si c'était au Mexique ou en Italie. Je trouve cela ridicule. Il suffit de lui demander son billet d'avion, puisque a priori on ne va pas en stop au Mexique. Il n'y a pas de discussion à avoir. Mais tout est comme ça. C'est malsain. Qu'il dise où il était, point final."

Que va-t-il falloir changer pour 2008 ?
"C'est un Tour à oublier rapidement sportivement, mais à ne pas oublier parce que le public nous a soutenus, que les audiences sont là. Et c'est ce qui prouve que le Tour est incomparable et imbattable. C'est le Tour qui sera le plus fort. C'est le vélo qui sortira vainqueur."

Propos recueillis à Cognac le 28 juillet 2007.

Fulcrum Speed 40 DB et Zerocarbon_Decembre 2019

Sport 101 Facebook V4

INSCRIPTION EN LIGNE
dimanche 15 décembre 2019
dimanche 02 février 2020
dimanche 01 mars 2020
dimanche 08 mars 2020
dimanche 05 avril 2020
dimanche 12 avril 2020
dimanche 10 mai 2020

VOIR TOUTES LES EPREUVES