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Interview de José-Enrique Gutierrez (Phonak Hearing Systems)

Publié le 16/05/2006 08:50

Interview de José-Enrique Gutierrez : "jouer la gagne au Giro, il ne faut pas rêver. Ivan Basso s'est déjà bien positionné."
Interview de José-Enrique Gutierrez (Phonak Hearing Systems) : "jouer la gagne au Giro, il ne faut pas rêver. Ivan Basso s'est déjà bien positionné."

La scène était irréelle. Devant un parterre journalistique réunissant la fine fleur des plumes présentes sur le Giro, mais aussi des invités du jour au passé qui parle comme l'ancien vainqueur du Tour d'Italie 1966 Gianni Motta, l'immense coureur de la Phonak, José-Enrique Gutierrez était presque à voler la vedette à Ivan Basso. Outre le fait qu'ils aient été impressionnés par le travail de déménagement effectué par l'ex-Maillot Rose d'un jour du Tour d'Italie 2000, nombre de questions restaient sans réponse pour les observateurs, sur la capacité du coureur Espagnol à s'ériger comme un des principaux adversaires de Basso sur l'épreuve. Une première réponse à cette inconnue sera livrée, sans nul doute, à l'issue du contre-la-montre individuel de 50 kilomètres jeudi.
José-Enrique, le fait d'avoir la liberté de jouer enfin votre carte personnelle sur une grande course par étapes comme le Giro, explique-t-elle vos prestations depuis le départ ?
"J'ai été longtemps dans l'ombre, et au service de leaders comme Fernando Escartin à la Kelme, ou Tyler Hamilton il n'y a pas si longtemps. J'apprécie le fait de me voir attribuer une telle confiance de la part de mes dirigeants actuels. Je veux saisir la chance qui m'est donnée et leur donner raison. Je vis pleinement ces moments, car ils sont rares dans une carrière."

Vous sentez-vous capable de jouer la gagne au classement général final du Giro ?
"Non. Il ne faut pas rêver. Ivan Basso s'est déjà bien positionné. Je vais, c'est vrai, jouer ma carte à fond, et on verra bien. Les jambes tournent bien et la tête aussi."

Vous n'avez pas disputé la seconde place à Damiano Cunego au sommet du Passo Lanciano. Un choix délibéré ou un certain manque de vélocité ?
"Je n'ai pas vu l'utilité de me vider pour aller cueillir la deuxième place. Damiano Cunego l'a fait, c'est bien."

L'absence de Floyd Landis sur l'épreuve et votre quatrième place sur le récent de Tour de Géorgie sont-elles à l'origine de ce changement de statut au sein de la Phonak ?
"Oui, cela est rentré en ligne de compte. J'avais déjà capté la confiance du staff après des résultats sur les grandes épreuves. C'est sûr que Floyd possède la casquette de leader du groupe sur une épreuve comme le Tour de France, personne ne le conteste et pour commencer pas moi."

Le contre-la-montre de Pontedera sur 50 kilomètres peut-il vous permettre de prendre du temps à Ivan Basso, voire de vous emparer du Maillot Rose six ans après Prato ?
"On verra. Le fait de bien marcher donne confiance, c'est un fait. Ivan est dans la même dynamique. C'est un grand champion. La réponse ne va pas tarder à tomber. Je ne me prends pas la tête. Il faut classer quand même Ivan Basso comme le favori de ce Giro."

Comment se fait-il qu'il vous ait fallu attendre votre neuvième année de professionnalisme pour vous voir libre de jouer votre carte sur un grand tour ?
"Il m'a fallu composer avec les objectifs des équipes et avec les consignes des directeurs sportifs qui ont été les miens."

Etes-vous prévu sur le Tour de France aux côtés de Floyd Landis ou allez-vous vous réserver pour la Vuelta ?
"Pour le moment, rien n'est encore défini. Cela sera étudié à la fin du présent Giro."

Alejandro Valverde sera-t-il votre favori face à Jan Ullrich et Ivan Basso pour la prochaine édition du Tour ?
"Il aura certainement son mot à dire. Je pense qu'il se prépare déjà pour ce rendez-vous. Cela aurait du retentissement en Espagne c'est sûr."

Propos recueillis par Jean-François Modery le 15 mai 2006.