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Interview de Kilian Patour (Slipstream Chipotle-H30)

Publié le 28/02/2008 00:02

Interview de Kilian Patour : "je suis convaincu dans l'action que Slipstream mène contre le dopage, une action plus régulière."
Interview de Kilian Patour : "je suis convaincu dans l'action que Slipstream Chipotle-H30 mène contre le dopage, une action plus régulière."

Quelle belle image que le visage affiché par Kilian Patour, ancien du Crédit Agricole, passé, avec armes et bagages, à l'aube de la saison 2007, au service de Jonathan Vaughters, manager de l'équipe américaine Slipstream Chipotle. Quelle belle récompense aussi pour ce garçon bosseur, convaincu du bien-fondé de la théorie du cyclisme propre mise en place par ses nouveaux dirigeants. Dans l'année de ses 26 ans, l'Orléanais d'adoption a comme premier objectif de mettre les bouchées doubles pour prendre rang dans le groupe qui pourrait être retenu pour être au départ du Tour le 5 juillet prochain.
Kilian, votre début de saison est apparu assez laborieux, tant sur le Tour du Qatar que sur l'Etoile de Bessèges. Pourquoi ?
"J'ai attrapé un virus sur le Tour du Qatar, ainsi que certains autres coureurs présents là-bas. Ca a été assez violent lors de l'Etoile de Bessèges. Par exemple, pendant la troisième journée, j'ai vomi au sommet du premier col. Je n'arrivais pas à suivre. Il a donc fallu arrêter. Pendant trois jours, j'ai été vraiment vidé. Il m'a fallu une semaine pour revenir petit à petit sur le vélo. Je n'ai aujourd'hui que cinq jours de course dans les jambes après mes ennuis de santé. Je vais essayer de reprendre un peu le rythme. Je n'ai pas encore de programme de tracé véritablement."

Avez-vous trouvé votre équilibre aux côtés de Jonathan Vaughters, vis-à-vis des années passées sous les couleurs du Crédit Agricole ?
"C'est une équipe que je qualifierai tout de go comme très intéressante. Et cela à tous les points de vue. Une technologie et un état d'esprit très différents du Crédit Agricole, où j'étais auparavant, et des autres équipes, de ce que j'entends. C'est plus une bande de copains que des coéquipiers en fait. C'est quelque chose d'exceptionnel."

Quels sont les objectifs majeurs que vous vous êtes fixés pour cette saison ?
"Reprendre mes marques sur les courses, car j'ai beaucoup perdu d'automatismes. Je n'ai pas beaucoup couru les années précédentes. J'avais beaucoup d'ennuis de santé. Essayer de passer à travers ça et puis reprendre goût au vélo."

Avez-vous l'assurance d'être dans la sélection qui sera retenue pour le Tour si l'équipe était invitée à y participer ?
"Bien sûr que oui. Ce sera même le grand objectif de ma saison. On espère y être dans la mesure où Slipstream répond totalement aux critères requis par Amaury Sport Organisation, sans vouloir bien sûr vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ! Nous avons une équipe qui tient la route, à côté des critères demandés par le Tour de France."

La perspective d'être au départ du Tour agit-elle comme un stimulant dans les épreuves où vous êtes alignés ?
"C'est un élément moteur évidemment. Des garçons comme David Millar, David Zabriskie, Christian Vandevelde et Magnus Backstedt sont des gars sensationnels à vivre. Je connaissais déjà Magnus, pour avoir vécu à ses côtés au Crédit Agricole. On avait des bons rapports, bien que nous n'étions pas dans les mêmes groupes. Je suis vraiment heureux de pouvoir courir avec les grands champions précités. Ca m'apporte beaucoup."

Quelle appréciation portez-vous sur la valeur de l'équipe Slipstream après le recrutement de coureurs comme David Millar ou Christophe Laurent ?
"Une belle équipe. Très complète dans toutes les disciplines. Jonathan a composé un puzzle capable de jouer sur plusieurs tableaux. Les contre-la-montre, la montagne, et même les sprints aux arrivées."

Etes-vous convaincu de l'efficacité de la mise en place du passeport biologique ?
"Pour le moment, cela n'a pas été mis en place au sein de l'équipe. Je suis par contre convaincu dans l'action que Slipstream mène contre le dopage. Une action plus régulière de ce qui était fait auparavant, bien que c'était déjà bien. Mais je pense qu'il y avait encore des mecs qui passaient au travers, parce que cela n'était pas assez régulier. Les moyens de contrôle mis en place, toutes les deux semaines l'année dernière, et toutes les semaines cette année, sont extrêmement onéreux pour le budget d'une équipe. Mais je ne veux pas dire que cela soit difficile désormais pour les tricheurs de passer au travers. On se rend compte que certains jouent encore à cela."

Y a-t-il beaucoup d'écart entre la politique antidopage appliquée par certaines équipes comme la vôtre et certaines équipes que vous côtoyez dans le peloton ?
"Bien sûr que oui. Il y aura toujours des tricheurs. C'est certain qu'entre une action menée par une équipe comme la nôtre et certains autres groupes, l'écart est encore énorme. Il y aura toujours une marge entre les intentions affichées par certains et la réalité appliquée. Quand on voit que certains noms figurant dans l'affaire Puerto sont encore sur le vélo, et que certains qui ont été pris, une fois, deux fois, font encore de la compétition à nos côtés, on se dit qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas et qu'il faut réformer. Faut arrêter de se foutre de la gueule du monde. Plus que les équipes qui n'hésitent pas à offrir un contrat à des chaudières comme ça, c'est l'UCI qu'il faut montrer du doigt pour offrir des licences à des mecs comme ceux-là. Alors il faut arrêter de croire le disque servi par certains qui chantent qu'ils vont faire quelque chose, et qui ne font rien au bout du compte. Les tricheurs mangent notre pain, nous piquent les courses, nous font du tord et on continue à les embaucher ! Faut arrêter."

Quelle réaction avez-vous eu en apprenant la mise à l'écart de l'équipe Astana sur deux grands Tours et des Puertistes au départ du Tour de Californie ?
"Les organisateurs qui prennent de telles mesures sont à classer dans la catégorie de ceux qui en ont ! Ca c'est bon. On a besoin de cela. Des mecs qui bougent le vélo. On n'a pas besoin de mecs qui disent on va faire, et qui ne font rien en définitive. Des responsables qui prennent des décisions, et bonnes bien sûr. ASO prend les choses dans le bon sens. Et ça on apprécie. Il faut avoir le courage de le faire."

Avez-vous résolu vis-à-vis de l'UCI votre tendance à afficher un taux d'hématocrite élevé ?
"C'est un problème résolu. J'ai désormais un certificat qui m'autorise à courir. Mon problème est plus vis-à-vis de ma santé. Ce n'est pas bon en fait de courir avec des taux élevés. Cela fait peiner mon cœur et mes artères. Ce n'est pas forcément un avantage."

Propos recueillis à Laigueglia par Jean-François Modery le 23 février 2008.

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