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Interview de Nicolas Roche (Cofidis)

Publié le 08/12/2004 15:04

Interview de Nicolas Roche : "mon nom dit quelque chose à beaucoup de gens mais je sais ne pas en faire étalage".
Interview de Nicolas Roche : "mon nom dit quelque chose à beaucoup de gens mais je sais ne pas en faire étalage".

Les habits d'hiver revêtus par Juan-les-Pins et la Côte d'Azur ne semblent pas produire d'effets sur Nicolas Roche, digne fils de Stephen, vainqueur en 1987, excusez du peu, du Tour d'Italie, du Tour de France et du Championnat du Monde. La récente recrue Irlandaise de Cofidis possède déjà l'allure affûtée et la mine réjouie de l'homme en forme. Nicolas Roche s'est ouvert à Vélo 101 des ambitions qui l'animent à quelques jours des trois coups de la saison routière.

Nicolas, quel est le parcours qui a été le vôtre dans les rangs amateurs jusqu'à la date d'aujourd'hui ?
"J'ai commencé à pratiquer le vélo dans un club irlandais à l'âge de 12-13 ans, c'est-à-dire l'année où mes parents sont retournés vivre au pays en 1996-1997.
Je me souviens avoir dû revêtir à mes débuts les vieux maillots Carrera de mon père et le vélo de ma mère ! Avisé par mon père de l'organisation d'une course de ma catégorie dans les jours qui suivaient, je me suis inscrit et fais deuxième ! C'était ma première course ! Un souvenir qu'on garde toute sa vie, quoi ! Je me suis partagé ensuite entre deux sports. Foot le samedi et vélo le dimanche. Ceci jusqu'à l'âge de 16 ans. J'ai ensuite rallié l'équipe Orwell, ancienne équipe de mon père jusqu'à notre retour en France. L'année 1999 commence mal pour moi, je me déchire les ligaments croisés dans un match de foot... Résultat du film, deux mois d'immobilisation. Mon premier club azuréen étant alors l'OCC Antibes. J'y accomplis trois saisons qui m'amènent à être sélectionné dans l'équipe d'Irlande Juniors. Je suis appelé a participer à mes premiers Championnats du Monde Juniors à Lisbonne, pas très heureux j'avouerais, puisque j'ai cassé mon vélo dans une chute.
En 2002 je change de club et rallie le club plus structuré de Draguignan. Neuf victoires à la clef dont le Tour d'Irlande Juniors avec deux étapes sur six, mais aussi le quatrième coureur de l'Histoire de cette épreuve à avoir porté le maillot du premier au dernier jour ! J'accroche ensuite une cinquième place au Championnat du Monde Juniors, remporté par le Français Arnaud Gérard, après avoir été longtemps avec quatorze échappés dans lesquels figuraient deux autres Français, Vincent Jérôme et Mickael Delage.
L'année du bac, c'est-à-dire celle de ma terminale arrive. Je l'attaque au Sprinter Club de Nice, valeureux mais ancien club local cher à Christian Robini et Charly Bérard. Je le quitte en avril 2003 par le peu d'intérêt des épreuves proposées (FSGT essentiellement). Je rejoins alors le VC La Pomme où je ne fais plus que du vélo. J'ai deux victoires cette année à mon actif, un contre-la-montre individuel et un par équipes dans l'épreuve réservée aux équipes dans cette spécialité. J'ai failli trouver l'ouverture ensuite sur Paris-Mantes en faisant les 29 derniers kilomètres seul, avant de me faire reprendre à la flamme rouge. J'ai terminé dans les meilleurs à la Ronde de l'Isard et échoué de peu sur le Tour de l'Oise. Je suis repris à 800 mètres de la ligne sur le Tour du Loir-et-Cher. "

Montrez-vous les gnaques sur un vélo ? Possédez-vous un "killer instinct" ?
"Je suis un attaquant né par le fait de ma relative faiblesse au sprint. Je cherche souvent l'ouverture dans le final des courses. A Paris-Barentin par exemple, nous étions onze coureurs. Je me sentais en mesure de gagner. J'attaque et me fais reprendre à moins de deux kilomètres de l'arrivée. C'est tout moi. Je termine dernier des onze par le fait que j'avais laissé trop de forces dans le final... Je n'ai cependant encore jamais frappé quelqu'un sur une bicyclette pour être taxé de killer ! J'ai reçu néanmoins sept ou huit fois le prix de la combativité sur des épreuves de cette saison. De nature je suis quelqu'un qui n'est pas attentiste, j'aime aller de l'avant."

Un peu comme votre champion de père ?
"Oui, peut-être, mais avec moins de tête cependant. Mon père était certainement plus fort en calcul !"

Est-ce facile de réussir une carrière quand on porte un nom comme le vôtre ?
"C'est à double tranchant. Mon nom dit quelque chose à beaucoup de gens il est vrai. Je sais ne pas en faire étalage dans mes discussions et je suis concentré sur mon sujet."

Votre père a-t-il été pour beaucoup dans votre intention d'effectuer une carrière de cycliste professionnel ?
"Pas vraiment, car il ne faut pas oublier qu'il m'a d'abord engagé à poursuivre et réussir mes études. Il a sans doute eu raison, car si cela n'avait tenu qu'à moi j'aurais déjà voulu signer pro a 19 ans. Où en serais-je aujourd'hui ?"

Seconderez-vous toujours votre père sur les stages FVE qu'il organise de février a mai sur l'île de Majorque, aux Baléares ?
"Oui, j'y compte bien. J'essaierai de trouver une semaine à lui consacrer lors de la prochaine saison. L'ambiance y est sensationnelle et les contacts supers."

A quel âge la passion du sport cycliste vous a-t-elle gagné ?
"Elle m'a pris dès mon plus jeune âge, au contact de mon père. Mon excellent résultat de Zolder où je fais 70 kilomètres d'échappée et où je ne suis repris qu'à dix bornes de la ligne d'arrivée, conjugué aux sensations que j'ai ressenties ce jour là ont été pour beaucoup dans mon intention de tenter une carrière pro. Ma neuvième place aux Championnats du Monde Espoirs à Hamilton, l'an dernier au Canada, n'a fait qu'accentuer ma détermination."

Quelles sensations retirez-vous des premières épreuves professionnelles auxquelles vous avez participé et en particulier du Grand Prix d'Isbergues, que vous avez terminé en bonne place ?
"J'avais coupé trois semaines en août lorsque j'ai abordé ma période de stage chez Cofidis. J'ai commencé avec le Duo Normand avec Marc Scanlon. J'ai participé ensuite au Grand Prix Van Steenbergen, à Paris-Bruxelles (où je suis pris dans une chute de cinquante coureurs à 15 bornes de l'arrivée). Ma plus grande sensation restant toutefois le Grand Prix d'Isbergues où je suis dans la bonne, et je tente la belle en solo. Je suis repris a 5 kilomètres de la ligne. "J'ai tenté", me suis-je dit pour ne rien avoir à me reprocher. J'ai participé aussi à Fourmies et Grand Prix de Wallonnie."

Quelle appréciation portez-vous sur votre jeune compatriote Tim Cassidy, qui continuera à porter les couleurs du VC La Pomme en 2005 ?
"Tim Cassidy est l'un des quatre mousquetaires Irlandais en quelque sorte avec Philipp Deignan, Paidi O'Brien et moi. Je ne peux dire que du bien de mon coéquipier, qui m'a suivi depuis plusieurs années dans les mêmes clubs et la même sélection. Tim est le seul, il est vrai, à ne pas s'être vu proposer un contrat pro par le fait d'une guigne tenace. Pensez ! Il a été renversé par un automobiliste il y a un an d'abord, a dû repasser deux fois sur le billard par le fait d'une première opération du genoux ratée. C'est un tout bon qui va devoir tout donner sur la prochaine saison, à laquelle il participera sous les couleurs du VC La Pomme Marseille en compagnie de mon cousin Daniel Martins, de nationalité britannique. Tim Cassidy est très motivé. Il a un très bon fond."

Quelles sont vos impressions sur votre nouvelle formation à l'issue du premier stage à Amiens ?
"J'ai trouvé l'ambiance très sympathique. Je n'ai senti aucune barrière entre les anciens et les nouveaux. Le programme a été très chargé."

Quel était le programme type de vos journées lors de ce premier rassemblement ?
"Entrainements sur route. Contacts avec la Médecine du Travail. Visite d'un podologue. Suivi psychologique imposé désormais par la fédération. Examens capillaires : voyez le prélèvement que l'on m'a fait (NDLR : Nicolas présente une véritable tonsure). On a vraiment l'impression de sérieux quand on voit la structure et les moyens déployés par une équipe comme Cofidis. Quelque chose de tout à fait différent des équipes amateurs. Nous avons été aussi confrontés au matériel qui sera le nôtre. Prise de dimensions. Nous avons été soumis à la séance de photos individuelles et collectives. Nous avons aussi reçu la visite du sportswear Nalini."

Etes-vous maniaque de votre matériel ?
"C'est un sujet de discussion âpre parfois avec mon père. Je suis amoureux par exemple en ce qui me concerne d'une certaine harmonie entre ma guidoline, ma couleur de selle et celle de mes chaussettes. J'aime bien que mon vélo soit propre et que tout marche bien."

Serez-vous de l'expédition australienne en janvier sur le Tour Down Under ?
"Non. Je ne serai pas intégré à cette équipe qui devrait compter selon toute logique sur nos deux coureurs Australiens absents lors du stage Stuart O'Grady et Matthew White."

Peut-on vous classer comme un routier passant bien la montagne après vos performances somme toute excellentes lors de la dernière Ronde de l'Isard ?
"Je suis disons routier-grimpeur. Je n'ai pas le gabarit du grimpeur, mais je passe correctement la moyenne montagne."

Avez-vous augmenté la longueur kilométrique de vos entraînements en prévision de la prochaine saison ?
"Oui, sensiblement. J'ai repris les entrainements depuis la mi-novembre et effectue en moyenne des sorties de trois heures à trois heures et demie."

Propos recueillis le 7 décembre 2004 par Jean-François Modery.

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