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Interview de Stef Clement (Bouygues Telecom)

Publié le 20/05/2006 00:05

Interview de Stef Clement : "j'aborde la haute montagne pour la 1re fois de ma jeune carrière, j'ai une certaine appréhension."
Interview de Stef Clement : "je vais aborder la haute montagne pour la première fois de ma jeune carrière, j'ai une certaine appréhension."

Bien qu'il ait peut-être bénéficié de conditions météorologiques un peu plus favorables que les concurrents partis dans la dernière tranche des départs à Pontedera, la 12ème place obtenue par Stef Clement (Bouygues Telecom) dans le chrono du Giro ne doit rien au hasard. C'est en effet sur les exercices chronométrés que le jeune Hollandais issu des rangs de la Rabobank Espoirs a obtenu, jusqu'alors, ses meilleurs résultats. Christian Guiberteau, directeur sportif de Bouygues Telecom sur le Giro, ne tarit pas d'éloges à l'égard du coureur batave pour le travail réalisé au profit de Laurent Lefèvre sur les rudes pourcentages du Passo Lanciano lors de l'étape qui s'achevait à Maielletta. La nouvelle recrue de l'équipe vendéenne a comme principal objectif de rallier Milan.

Stef, au lendemain de votre contre-la-montre ponctué par une belle 12ème place, comment ont été les jambes sur le parcours d'aujourd'hui ?
"Un peu lourdes il faut en convenir, mais la forme est encore là. La journée s'est bien passée. En fait, j'aurais très bien pu tenir la cadence des meilleurs, mais j'ai préféré en garder vis-à-vis de ce qui nous attend."

Votre temps dans le chrono a-t-il à voir avec les conditions météorologiques favorables, vent en particulier, qu'a connu votre tranche de départ ?
"Absolument pas. Il n'y a qu'à voir le temps d'Ivan Basso, très proche de celui de Jan Ullrich, parti dans mes tranches de départ. Le vent tournant n'a eu aucune espèce de désavantage vis-à-vis d'une série sur une autre."

Vous avez donné l'impression d'être bien en ligne sur tout le parcours. Quel braquet avez-vous emmené sur la plus grande partie du circuit ?
"J'ai pris une bonne cadence dès le départ. J'ai emmené la plupart du temps un 54x13 et parfois 14 au plus haut. Le parcours m'a inspiré. Je l'ai trouvé très roulant, tout à fait dans le style qui me convient."

Aviez-vous reconnu le parcours lors de la journée de repos ?
"Nous avons consacré la journée de repos à la décompression. Nous nous sommes simplement rendus à Pise pour reconnaître une petite partie du parcours. Celle en secteur urbain, qui présentait des portions avec des virages, pour étudier la meilleure façon de les négocier. Les voitures du staff nous suivaient en klaxonant lorsqu'il y avait lieu de bien regarder."

Aviez-vous affronté une telle distance sur le chronomètre dans votre jeune carrière ?
"J'avais déjà approché la distance de 45 kilomètres, c'est-à-dire pas beaucoup moins. J'affectionne, je répète, ce type de parcours, très plat."

On vous a aperçu aider Laurent Lefèvre dans les premières rampes de la Maielletta. De quoi vous attribuer des qualités de grimpeur ?
"Je ne me connais pas sur ce terrain. Je vais aborder la haute montagne la semaine prochaine pour la première fois de ma jeune carrière. C'est vrai que je vis cela avec une certaine appréhension, mais dans la mesure où je suis entouré d'une bonne bande de copains, on va essayer de négocier cela au mieux. La solidarité jouera c'est certain."

Est-il dans vos intentions de chercher à nouveau l'ouverture dans les étapes qui vous séparent encore de la montagne ?
"Bien sûr qu'on essaiera si la possibilité nous est offerte. Aujourd'hui nous avons eu un moment Arnaud Labbe à l'avant. Les consignes de l'équipe ont parfaitement été respectées."

Pensez-vous pouvoir arriver Milan au terme de votre premier grand tour ?
"C'est mon but. J'aurais pu termienr aujourd'hui l'étape de Sestri Levante avec le premier peloton, mais à quoi bon. Il a mieux valu passer la journée dans un second peloton, pour s'économiser afin d'être opérationnel pour l'étape de demain ou celle d'après-demain, suivant la tactique qui sera mise au point par Christian Guiberteau."

Avez-vous conscience d'avoir fait un bon choix en signant chez Bouygues Telecom ?
"Oui. C'est un groupe dans lequel je me sens très bien intégré. L'esprit qui y domine est tout à fait celui qui me convient."

Comment avez-vous réussi à faire d'aussi grands progrès dans la langue française en si peu de temps ?
"Je me suis acheté un ouvrage aussitôt la signature de mon contrat, ainsi que des cassettes. A l'occasion des stages en Vendée, je suis même resté un peu sur place pour parfaire ma connaissance de la langue avec le contact de la population."

Propos recueillis par Jean-François Modery le 19 mai 2006.