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Interview de Thomas Voeckler (Bouygues Telecom)

Publié le 01/07/2006 19:51

Interview de Thomas Voeckler : "on a la conscience tranquille. On nous enlève des tricheurs, on ne peut être que satisfaits."
Interview de Thomas Voeckler : "on a la conscience tranquille, quand on nous enlève des tricheurs, on ne peut être que plus satisfaits."

Thomas, à entendre l'ovation du public, son attachement ne change pas...
"Oui, c'est assez sympathique. Et ce qui ne change pas non plus c'est que les prologues font toujours aussi mal aux jambes. Je n'ai pas fait dans les meilleurs temps ni dans les plus nuls. Je suis dans la moyenne, comme d'habitude sur les chronos. Le public, c'est difficile de ne pas l'entendre. Tout le monde criait tellement fort que ça motive vraiment. Moi qui courait à domicile parce que je suis Alsacien d'origine, je l'ai vraiment senti même si je pense que tous les coureurs ont été encouragés. Mais je pense qu'à l'applaudimètre j'ai eu pas mal de succès et je suis content."

Etes-vous déçu de votre performance ?
Non, pas du tout. Je ne suis pas déçu parce que je ne fais pas partie des spécialistes capables de viser la gagne sur ce genre d'épreuve. Je l'ai quand même fait à fond pour voir où est-ce que je me situais mais je pense que je suis assez loin. Je n'ai pas à rougir, c'est normal."

L'ambiance était-elle pesante sur la route du Tour ?
"A vrai dire, je n'ai pas eu trop l'occasion de vérifier. Depuis trois jours que nous sommes à Strasbourg, nous ne sommes qu'entre nous, qu'entre les coureurs de l'équipe Bouygues Telecom. On assiste à tout ça avec le sourire parce qu'on a la conscience tranquille. Nous sommes là en spectateurs. Quand on nous enlève des tricheurs avérés et prouvés par la justice, nous ne pouvons être que plus satisfaits que l'inverse."

L'équipe va-t-elle revoir ses objectifs à la hausse après l'exclusion des treize coureurs ?
"Non, pas vraiment. Il faut avouer que les coureurs qui ont été exclus au départ étaient toujours devant nous, les Bouygues Telecom, ces dernières années. Ca en fera quelques-uns de moins devant nous, c'est sûr, mais des coureurs comme Ullrich et Basso n'étaient pas sur des courses comme Paris-Nice, le Tour de Catalogne ou le Critérium du Dauphiné-Libéré. Et ce n'est pas pour ça qu'on a fait dans les trois premiers au classement général donc il ne faut pas s'enflammer. On va essayer de faire notre course et on verra bien au jour le jour."

D'un point de vue tactique, l'absence de Basso et Ullrich devrait peser sur le déroulement de la course ?
"Oui. Deux équipes étaient supposées assumer le poids de la course. Les premiers jours, les sprinters feront sans doute rouler leurs équipiers de manière un peu systématique. Par contre après, on peut penser que la course sera plus ouverte et que ça pourra permettre à des outsiders d'en profiter. A nous aussi d'essayer de profiter de ces ouvertures. C'est certain que sur le papier, il peut y avoir objectivement davantage d'ouvertures que ce qu'on pouvait l'imaginer il y a encore quelques jours."

On parle une fois de plus d'un nouveau départ. Est-ce l'expression à utiliser ?
"Nouveau départ, je ne sais pas si c'est le mot. Ce n'est pas trop comme ça que je vois les choses. C'est quand même une grosse affaire donc j'espère simplement que les tricheurs seront punis et pas seulement montrés du doigt. Pour des coureurs qui font le vélo dans des conditions honnêtes, moins il y a de tricheurs, mieux c'est pour nous."

Que vous a apporté le fait de courir à domicile ?
"Beaucoup d'encouragements déjà. Ca fait une petite pression supplémentaire, même si on est toujours motivé lorsqu'on est Français sur le Tour de France. Ca met aussi un petit coup de boost en plus."

Allez-vous voir la famille ?
"C'est déjà fait. Mes grands-parents paternels et maternels sont déjà là, plus des oncles et des tantes. Ma mère et mon petit frère ont fait le déplacement de Martinique. J'ai vu tout ce monde là et ça fait du bien avant de partir pour trois semaines d'efforts."

Ce soir, l'équipe de France de football affronte l'équipe du Brésil. Allez-vous suivre le match ?
"Oui. Comme tous les Français, je vais être derrière l'équipe de France. Derrière la télé surtout ! En espérant qu'ils passent un tour supplémentaire pour accéder en demi-finale. Je pronostique 1 à 0 pour la France. S'ils gagnent, ce ne sera pas de beaucoup à mon avis."

La première étape se dispute sur vos routes d'entraînement. Quel va être le programme ?
"Je ne vais pas dire que je roule davantage en Alsace qu'en Vendée mais c'est vrai que je reviens de temps en temps voir la famille et vu que quand on est coureur cycliste il n'y a pas trop de jours de vacances, j'emmène toujours le vélo. Je connais bien la première partie de l'étape. Il n'y a pas trop de pièges. Une première étape classique avec pas mal de petits villages, ce qui signifie beaucoup d'ilôts directionnels et de rond-points. Il faudra être attentif à cela."

Propos recueillis à Strasbourg le 1er juillet 2006.