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Interview d'Enrico Gasparotto (Liquigas)

Publié le 24/04/2006 00:10

Interview d'Enrico Gasparotto : "j'ai été sur le flanc, il m'a fallu d'abord me soigner avant de reprendre la compétition."
Interview d'Enrico Gasparotto (Liquigas) : "j'ai été sur le flanc un bon moment, il m'a fallu d'abord me soigner avant de reprendre la compétition."

Bien qu'il fut répertorié parmi les amateurs italiens des plus véloces de sa génération, peu d'initiés avaient misé sur les chances d'Enrico Gasparotto, néo-professionnel l'an dernier, avant le Championnat d'Italie. Le blond coureur de la Liquigas étonna donc tout son monde ce jour-là en devançant sur le lungomare Aldo Moro le dernier vainqueur de Milan San-Remo Filippo Pozzato et pas mal d'autres candidats à la succession de Cristian Moreni. Retardé en début de saison par une mononucléose, le coéquipier de Danilo Di Luca, qui a eu 24 ans en mars dernier, vient d'obtenir une belle 6ème place pour sa course de rentrée au Grand Prix de l'Escaut, en Belgique, remporté par le champion du monde Tom Boonen.
Enrico, la santé est-elle au rendez-vous après une mononucléose plutôt tenace ?
"Je me sens en pleine forme. C'est vrai que j'ai été sur le flanc un bon moment, et qu'il m'a fallu d'abord me soigner avant de reprendre la compétition. Je sens que les sensations sont là, les résultats arrivent, tout apparaît au mieux. Mon objectif, mais aussi ceux de mes dirigeants, est d'obtenir des résultats. Pour le moment je soigne ma condition pour arriver au point pour le Tour de France, c'est l'objectif qui m'a été fixé."

Comment avez-vous vécu ces quatre mois de maladie ?
"Très difficilement. Il n'y a pas de remède miracle face à la mononucléose. Un repos absolu est le meilleur traitement. Je suis resté cloisonné à la maison jusqu'aux premiers jours de décembre, et puis seulement quelques petites promenades début janvier, de très petites sorties. Je n'ai repris l'entraînement sérieux qu'en février. J'étais démoralisé lorsqu'on m'a avisé du temps qu'il me faudrait pour retrouver la condition. Tout cela est derrière moi."

Votre retard dans votre préparation vous a-t-il amené à modifier vos objectifs pour cette saison 2006 ?
"C'est évident. Il a fallu complètement revoir le calendrier qui m'avait été tracé. Je n'ai pas pu participer aux classiques de printemps, hormis le Grand Prix de l'Escaut la semaine dernière. C'était ma course de rentrée, mon retour à la compétition. Le Tour de France d'abord, et ensuite on verra pour la fin de saison."

Votre excellente 6ème place au Grand Prix de l'Escaut permet-elle de vous attribuer un avenir sur les épreuves flamandes ?
"J'ai déjà du feeling pour ces épreuves. Beaucoup de mes compatriotes y ont brillé par le passé. Je verrai bien si cela me réussit. Pour le moment, l'approche que j'ai eu m'a rassuré. Ce sont des belles courses avec un nombreux public. Très chaud pour un coureur."

Le fait de vous aligner au départ d'une épreuve sélective comme le Tour des Apennins laisse-t-il supposer que vous disposez de qualités de grimpeur ?
"Non, pas vraiment. Je suis ici pour aider mes co-équipiers qui sortent du Tour du Trentin. D'un autre côté il est bien de marquer sa présence dans une épreuve nationale comme celle-ci, pour le public et pour l'organisateur. Je porte le maillot de champion d'Italie et il faut l'honorer. Je dois participer la semaine prochaine au Tour de Romandie, on verra comment sera la forme.

Eprouvez-vous un sentiment particulier à l'idée d'être prévu pour une participation au Tour de France ?
"C'est géant pour moi. C'est la plus importante épreuve cycliste par étapes du calendrier. Je suis particulièrement heureux d'être prévu, et de le découvrir."

Quels pourraient être vos objectifs sur cette épreuve ?
"Donner le meilleur de moi-même. Apporter ma pierre d'achoppement à l'équipe et qui sait essayer de remporter une étape."

Avant cela, il y aura le Championnat d'Italie, organisé sur vos terres à Gorizia. Avec des ambitions ?
"Sur un circuit très sélectif comme celui de Gorizia, je devrais être pas trop mal. On va essayer d'être à la hauteur. Si j'ai des bonnes jambes et que ça veut rigoler, pourquoi pas ?"

En somme tenter de remporter un second Championnat d'Italie qui vous ferait rejoindre plusieurs grands du cyclisme italien ?
"J'espère. Je le dis sans forfanterie. Il faut toujours y croire et tout donner. C'est ma détermination."

Avez-vous déjà reconnu le circuit ?
"Oui, mais je le connais fort bien. J'ai remporté sur ce circuit une étape du Tour du Frioul amateur. Il faudra cependant avaler plus du double de fois la côte que nous avions au programme en amateurs. Le Championnat d'Italie devrait sacrer un coureur complet."

Le fait d'avoir été sacré champion d'Italie a-t-il modifié votre vie ?
"A Casarsa, la localité où je demeure, les gens m'arrêtent dans la rue, me parlent. C'est incroyable le nombre de gens qui s'intéressent au cyclisme dans ma petite ville depuis que je porte le maillot. Cela me donne des responsabilités. Je dois assumer."

Propos recueillis par Jean-François Modery à Novi Ligure le 23 avril 2006.
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