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Journal de bord de Julien Guiborel (CA Espoirs)

Publié le 03/06/2004 17:02

Journal de bord de Julien Guiborel sur le Tour de Navarre : "il faut tirer un grand coup de chapeau à l'équipe".
Journal de bord de Julien Guiborel (CA Espoirs) sur le Tour de Navarre : "il faut tirer un grand coup de chapeau à toute l'équipe".

Salut à tous !!! Ca faisait longtemps...

Vous avez eu récemment quelques nouvelles grâce à une interview et... me revoilà ! De nouveau opérationnel pour vous faire vivre mon expérience et celle du Crédit Agricole Espoir. Je voudrais d'abord remercier les personnes qui m'ont soutenues via mon adresse mail. J'ai été surpris de l'intérêt porté par autant de personnes et j'essaie de satisfaire chacun en répondant dès que je le peux.

Je reprenais donc le cours de ma saison au Tour de Navarre après deux semaines sans vélo (suite à une intervention à une artère) et une semaine d'entraînement où j'ai essayé d'alterner du mieux possible foncier, intensité et récupération (surtout à ne pas oublier !!!) pour arriver en Espagne en ayant quand même monté un peu le coeur. Pour cela, rien de mieux qu'une participation à une cyclosportive, la Chevreuse en Yvelines (dont je remercie l'organisateur, M. Martin, pour son invitation) afin de faire des variations de rythme et ... de se changer les idées dans une ambiance décontractée. Nous nous sommes aussi un peu tirés la bourre avec quelques habitués du circuit de Longchamp, juste à côté de chez moi, histoire de faire des efforts spécifiques à la compétition et surtout utiliser des braquets proches de ceux employés lors de celle-ci. C'est fou comme on peut se prendre au jeu dans ces cas-là et on se retrouve généralement tous « dans le rouge » sur la fin !

Je partais donc en Espagne très motivé avec pour objectif de me relancer après un début de saison plutôt chaotique. J'étais impatient de découvrir ce pays et cette manière si particulière de courir des espagnols (d'après ce que me rapportaient mes équipiers) : aucune organisation sur le plat et attaque à « tout bout de champs » dès que la route s'élève ! La course allait se dérouler autour de Pampelune, la ville de M. Indurain, avec les contreforts des Pyrénées au nord et des parties plus désertiques et venteuses au sud comme menu.

Après une petite sortie de décontraction le lundi après le voyage, nous (Julien Mazet, Hervé Duclos-Lassale, Fabien Fleury, Saul Raisin, Cyril Lemoine et moi) entrions dans le vif du sujet le lendemain avec une étape de 160 km. Jugée la plus facile par les espagnols avec celle du samedi matin, cela promettait pour la suite... vu le profil ! Pour une reprise, cela me suffisait largement...
L'ambiance était plutôt sympa au départ malgré le peu de spectateurs, avec un mini village et un temps magnifique (il va falloir s'habituer à la chaleur, hein le parisien !). De plus, la présence de quelques hôtesses ne favorisait pas trop la baisse de température...
La course partait vent de face (j'étais étonné qu'il y en ait autant dans ce coin) et je n'allais pas tarder à découvrir la façon de courir des « autochtones ». Ce « zef » ne décourageait aucunement ces fougueux espagnols qui attaquaient à tout va. Intenables ces gars-là !!! Eh les gaziers, il y a 70 bornes dans ce sens-là !!! Le pire, c'est qu'ils ne roulent pas avec toi quand tu pars en échappée avec eux et qu'ils te flinguent dès qu'il y a le moindre talus... tout une science de course je vous dis !!!
Pour une reprise je me sentais bien et je suis allé faire 2ème à un sprint spécial (sorte d'intergiro) avant d'aider Hervé à s'emparer du maillot des « meta volante ». Le retour vers l'arrivée fut plus mouvementé encore, avec des bordures et une longue bosse dans les derniers kilomètres. Je sentais que mes forces se dissipaient au fur et à mesure que l'on se rapprochait du final. D'ailleurs, après avoir chuté pendant les bordures, je me retrouvais distancé dans la dernière difficulté avec un « grupetto ». Le principal était fait, Hervé endossait le maillot des sprints intermédiaires et Julien Mazet était placé pour le général.

La deuxième étape s'annonçait largement plus dure avec trois cols à escalader avant une arrivée au sommet (14 km). Plutôt rude comme programme ! Mais j'étais content de découvrir les cols en compétition (même si ce n'est que de la moyenne montagne !). La tactique du coach, Lionel Marie, était simple : rouler au moments opportuns en début d'étape afin d'aider Hervé à accumuler le plus de points et ainsi conserver son maillot ; puis essayer de suivre et accumuler de l'expérience dans ce genre de course. De son côté, Julien Mazet était désigné pour suivre les meilleurs et jouer le général.
En fin de compte, cette journée apporta son lot de joies mais aussi de déconvenues. Personnellement, je chutais de nouveau (la poisse ! et encore du boulot pour notre mécano Guillaume – désolé !) et arrivais loin des meilleurs alors que Fabien Fleury était forcé d'abandonner par manque de condition suite à une opération.
Heureusement, la bonne prestation de Julien et la conservation du maillot d'Hervé redonnaient le moral. Seulement moi, j'étais pas sûr d'être capable de repartir... j'allais tout faire pour en tout cas ! Après un petit tour par l'hôpital (galère quand on « baragouine » qu'un ou deux mots d'espagnol, j'aurais dû plus ouvrir mon bouquin au lycée plutôt que lire vélomag !!!), la confirmation d'aucune fracture et... une petite nuit, je me retrouvais au départ de la troisième étape.
Les consignes étaient les mêmes que la veille et j'étais motivé à l'idée d'aider encore l'équipe. Seulement voilà ! La tête avait beau dire de continuer, le corps n'en pouvait plus. J'avais mal partout. Après la première difficulté passée à l'arracher, je me faisais lâcher par le peloton dans la deuxième après avoir fait tout le début de l'étape en queue. Je me sentais inutile pour l'équipe alors qu'ils avaient besoin de moi. Largué seul loin de l'arrivée, j'allais être hors délai mais je continuais pour faire des bornes afin de préparer les prochaines courses. La bonne nouvelle du jour vient une nouvelle fois d'Hervé qui arrive à passer les difficultés pour finir 3ème au sprint. Par contre, il perd sa tunique à cause d'une échappée au long cours.

Les jours d'après m'ont permis de récupérer de ma chute tout en continuant à m'entraîner dans les bonnes conditions climatiques de l'Espagne en compagnie de Fabien Fleury.

L'étape suivante, la quatrième, ne permettait pas à Hervé de récupérer le maillot des sprints intermédiaires et pour la suite, il décida de ne se concentrer que sur une victoire d'étape. Il n'attendit pas bien longtemps, car après un formidable travail de l'équipe pour l'emmener dans les meilleures conditions, il s'adjugea la 5ème étape, celle du samedi matin. J'étais vraiment content pour lui, car il la méritait après un très bon début de saison, et pour l'encadrement qui met tout en œuvre pour nous mettre dans de bonnes conditions et aboutir à ce genre de satisfactions.
Cette victoire boostait toute l'équipe et tout le monde espérait une place de notre leader (Julien Mazet) dans le contre la montre qui suivait. C'est vraiment un gros moteur qui affectionne ces courses à étapes en Espagne et plus particulièrement cet exercice spécifique et si difficile.Il faisait chaud, ce qui augmentait la difficulté de ce clm déjà exigeant. Nous étions tous derrière lui (je vous rassure nous n'avons pas suivi avec un car... c'est juste façon de parler !) afin qu'il puisse réussir la perf' qu'il convoitait. Ce qu'il accomplissait parfaitement en terminant 3ème du chrono et se replaçait du même coup 4ème au général. Congratulation ! Aurait pu dire notre américain préféré (Saul) qui commençait à fatiguer sérieusement après avoir enchaîné Ronde de l'Isard et Tour de Navarre (un seul jour de repos entre les deux !). L'euphorie aurait pu encore continuer le lendemain avec la victoire de Cyril Lemoine, qui a fait un énorme boulot tout au long de la semaine, mais il échoue de peu au sprint à la 4ème place. Il ne faut pas être trop gourmand quand même Cyril ! C'est déjà super ...

En tout cas, il faut tirer un grand coup de chapeau à toute l'équipe qui a fait une très belle course avec la victoire d'Hervé, la place de 4ème au général de Julien et un gros boulot des autres. J'aurais aimé participer sur le vélo à cette énergie collective. Je remercie également tout l'encadrement (Lionel, Tony, Geoffrey et Guillaume) pour leur soutien et l'aide qu'ils nous apportent pour nous mettre dans les meilleures conditions possibles.

Cette expérience espagnole fut tout de même très enrichissante pour moi (et je ne parle pas que de la bouffe !) et j'ai hâte de retrouver la compétition le 12 juin au Tour du Tarn et Garonne afin de me montrer autre part que étalé sur le bitume !!!
Je ne cours donc pas le week-end prochain (j'encouragerai le frérot à la place, ça changera !) et vous donne donc rendez-vous mi-juin.