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Paris-Nice # 3 : la plus longue minute de silence

Publié le 12/03/2003 18:35

Une longue procession silencieuse a marqué la 3ème étape de Paris-Nice, en hommage au regretté Andreï Kivilev.
Une longue procession silencieuse a marqué la 3ème étape de Paris-Nice, en hommage au regretté Andreï Kivilev.

Les larmes roulent sur les joues. Les yeux sont rougis et les coeurs fendus. Au Puy-en-Velay (Haute-Loire), le peloton a perdu le sourire. Il a perdu un sourire : celui d'Andreï Kivilev. Le grimpeur Kazakh était discret et humble. Devenu papa le 12 septembre dernier, Andreï attendait avec impatience l'arrivée à Saint-Etienne hier, où le guettaient son épouse Natalia et son fils Léonard, ainsi que ses amis de la région stéphanoise. Mais une chute a tout brisé. Une chute banale, comme on en voit tous les jours dans le peloton. Malheureusement, Andreï Kivilev s'est mal réceptionné et a heurté le macadam avec la tête, alors qu'il venait tout juste de retirer son casque. Les secours n'ont rien pu faire pour réanimer Andreï, qui est décédé tôt ce matin, à l'hôpital Bellevue de Saint-Etienne.

Très vite, la terrible nouvelle s'est propagée jusqu'aux hôtels des coureurs et des organisateurs, qui se sont retrouvés au départ du Puy-en-Velay. Après un vibrant hommage rendu par la Société du Tour de France à Andreï Kivilev, il a été décidé que la 3ème étape serait disputée en souvenir du coureur. Les Cofidis, bouleversés, ont choisi de poursuivre la route, et c'est après une émouvante minute de silence que les 150 coureurs se sont élancés vers le Pont du Gard (Gard), le visage fermé. Andreï était un garçon attachant, gentil et fidèle. Son absence n'a jamais été autant ressentie qu'en ce jour de mars.

Cet accident tragique a ravivé le débat sur le port du casque. Cela ne servirait à rien de refaire l'Histoire, mais tout de même, le drame aurait-il pu être évité si Andreï avait conservé son casque ? Car le cyclisme, ne l'oublions pas, reste un sport dangereux. Plusieurs dizaines de coureurs ont trouvé la mort sur les routes. Comment se fait-il alors que le port du casque ne soit pas devenu un automatisme au même titre que boucler sa ceinture en voiture ? D'ailleurs, l'un comme l'autre restent marginalisés dans le peloton. Demandez donc aux suiveurs s'ils s'attachent en voiture... Oui, le cyclisme est un sport dangereux. Dans le peloton, derrière le peloton. Mais tant d'accidents pourraient être évités rien que par le port du casque. Combien faudra-t-il donc de Kivilev et de Casartelli pour que l'on comprenne enfin cela ?

Hier, Andreï avait retiré son casque et c'est aujourd'hui un peloton en pleurs qui a regretté ce geste. Plus jamais nous ne voulons revoir cette image d'un peloton abattu, roulant pour honorer la mémoire d'un des coureurs les plus talentueux du moment. Plus jamais nous ne tenons à diffuser un portrait en noir et blanc. Plus jamais. Aujourd'hui, le peloton a perdu un petit frère. Orphelin, il a laissé sa plus proche famille, la Cofidis, réaliser les dix derniers kilomètres à l'avant. La minute de silence aura duré plus de cinq heures.

Classement général :

1. Davide Rebellin (ITA, Gerolsteiner) en 10h20'25"
2. Alexandre Vinokourov (KAZ, Telekom) à 3 sec.
3. Dario Frigo (ITA, Fassa Bortolo) à 13 sec.
4. Mikel Zarrabeitia (ESP, ONCE-Eroski) à 22 sec.
5. Alexandre Botcharov (RUS, Ag2r Prévoyance) m.t.
6. Volodomir Gustov (UKR, Fassa Bortolo) à 26 sec.
7. Jörg Jaksche (ALL, ONCE-Eroski) à 37 sec.
8. Joaquim Rodriguez (ESP, ONCE-Eroski) à 45 sec.
9. David Latasa (ESP, Kelme-Costa Blanca) à 46 sec.
10. Axel Merckx (BEL, Lotto-Domo) à 54 sec.